• Ma Bio
Le Monde sous la plume de Salma
04. nov.
2014
politique
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Lettre à Mon amie Traoré

 

Kpénahi, bloggeuse pour Mondoblog
Kpénahi, bloggeuse pour Mondoblog

J’avoue ma chère Kpénahi que je n’aurais jamais imaginé faire de toi l’objet d’un billet surtout après tout ce que nous avons vécu à Dakar.

Depuis quelques jours, les médias parlent tellement de ton pays, le Burkina Faso que, il est difficile pour moi de fermer mes oreilles.

Très souriante comme je te connais, depuis quelques jours tu as sans doute perdu cette habitude.

Loin de ton pays natal physiquement, je suis sûre que tu y es moralement.

Tu reçois sans doute les nouvelles de Ouagadougou minute by minute par les médias et ce que te disent tes proches.

Ne t’inquiète pas ma chère amie. Il est vrai que l’on sait quand commence un mouvement d’humeur, mais on ne sait jamais quand il finira et comment.

Tu es certainement la seule source que j’ai pour me dire pourquoi de telles choses arrivent maintenant, pour me dire ce que tu y as vécu et ce que tes proches y vivent.

Après Johnny et Baba en Centrafrique, c’est désormais vers toi que mes eux et mes pensées sont tournées.

Je sais que ces derniers jours, tu dors sans dormir, tu souris pour ne pas pâlir.

Que si tu le pouvais, tu te téléporterais juste une minute au Burkina pour échanger avec tes proches.

Tu sais je ne connaissais Blaise Compaoré que par sa présence lors du conflit en Côte d’ivoire. Désormais, je le connais parce que tu es de ce pays.

Il est parti, il a trouvé refuge dans ce pays, mais le pays n’est toujours pas calme.

Toutes ces disputes pour désigner qui dirigera la transition ne font que faire durer ton inquiétude j’imagine.

Sais-tu qu’en voyant le chef d’état-major Nabéré Honoré Traoré, j’ai pensé au fond de moi « il pourrais faire parti de la famille de Kpénahi » rires.

Tout ceci pour te dire que ça ira ma chère amie, gardes espoir et ne cesse prier. Où que tu sois, je suis avec toi.

Et quoiqu’il arrive, gardes ton sourire.

 

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03. nov.
2014
société
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Pourquoi l’eau de Bamenda était noire

Eau noire du robinet de Bamenda
Eau noire du robinet de Bamenda

 

Il n’y a pas très longtemps j’ai cru me retrouver à Yaoundé et Douala. Je parle de ces deux villes car j’ai des amis de ces deux villes qui publient constamment sur leur profil des photos d’eau noire en se plaignant du fait qu’on ne les laisse plus choisir la façon dont ils vont mourir.

Dans des seaux ou des bassines, quand ce ne sont pas des coupures, vous recevez une eau noire pas agréable à voir n’imaginez même pas quand vous pensez à la boire. Et bien j’ai vécu la même situation à Bamenda. Non seulement les coupures d’eau étaient devenues courantes, mais quand l’eau est revenue dans nos robinets, elle était noire et accompagnée de vers de terre qui se croyaient dans une piscine olympique vu comment elles gigotent à l’intérieur.

Alors vous avez plusieurs solutions qui s’offrent à vous dans ce genre de situation. Soit vous ne faites plus rien (prendre un bain, préparer, boire, faire la lessive et le ménage), soit vous achetez de l’eau minérale et même là va falloir revoir votre consommation d’eau journalière et faire en sorte d ene pas trop salir vos habits, ou alors ce que j’ai fait, aller au puits ou recueillir de l’eau de pluie. Pour ce qui est de l’eau de pluie j’avoue qu’elle était la meilleure solution question propreté même si sur le plan sanitaire c’est le contraire. Dieu merci il pleuvait et je pouvais, comme durant mon enfance, me laisser mouiller tout en recueillant de l’eau ou en faisant ma lessive.

Une situation qui a duré près d’un mois et demi sans explications de la part de la société distributrice de ce précieux liquide. Alors j’ai voulu savoir ce qui se passait et j’ai dû arborer ma casquette de Journaliste pour recueillir des informations officielles. Je me rends à la Camerounaise Des Eaux branche de Bamenda, je rencontre le chef d’équipe technique et nous parlons.

Il me dit qu’il a fait diffuser des communiquer il y a deux semaines sur trois chaines radio de la ville. Trois  radios seulement avec la dizaine ou la quinzaine que compte Bamenda, j’avoue que c’est peu et je comprenais pourquoi je n’avais pas été au courant. Vu mon entêtement, il s’est empressé de photocopier le communiqué en question et de me donner une copie. Que disait le communiqué?

Hé bien que la qualité de l’eau qui nous était distribué était ainsi du fait qu’un cylindre de distribution d’eau c’était cassé et que leurs techniciens tentaient depuis plusieurs jours de résoudre ce problème. A la fin du communiqué ils nous rassuraient que « la situation reviendrait à la normale d’ici peu ». Toujours la phrase et le mot qui rassure, mais il était évident que nous devrions payer les factures de cette eau noire  qui ne nous servait à rien mais devait s’écouler de nos robinets au maximum pour qu’au fur et à mesure, la couleur change. Et cette facture est venue élevée ce mois-là, et il fallait payer sinon « Coupure ».

Heureusement deux semaines plus tard, tout est revenu à la normale et il a fallu s’habituer comme les autres villes, aux coupures intempestives et régulières qui ont fait leur apparition à Bamenda, mon îlot jadis calme et sans problème.

Eau normale Bamenda
Eau normale Bamenda
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15. oct.
2014
Environnement
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Les gadgets du « m’as-tu vu »

source :Google
source :Google

Xperia, Nokia Lumina, samsung Galaxy et que sais-je encore, une multitude de nouvelles technologies pas vraiment adaptées pour l’Afrique mais qui ne nous laissent pas indifférents.

De nos jours, il vous suffit d’acheter le tout dernier écran plasma, la dernière tablette ou encore le tout dernier appareil électroménager , pour vous rendre compte demain qu’une nouvelle version est désormais disponible. Pas facile de nos jours de vraiment être à la mode et pour cause, tous ces inventeurs et chercheurs nous embrouillent de plus en plus avec leur version améliorée de ci ou ça. Bref on ne peut plus suivre. Des  connaissances à moi qui ont volues se prêter à ce jeu de « dernier cri » se sont ruinées et ne sont toujours pas « in »technologiquement parlant.

Je ne vais pas recenser toutes les dernières sorties en la matière, mais juste parler de ceux que je connais et qui sont à ma portée. Je veux bien que l’on soit à la mode, je veux bien que la technologie nous soit accessible. J’ai constaté dernièrement qu’une marque a créé des téléphones « for Africa ». Je me demande si les créateurs ont tenu compte du manque de connexion ou de mauvaise connexion à laquelle nous faisons face, mais bon je me demande pourquoi la mention « for Africa », dans ce cas « pour Europa » est comment ?

Parmi les utilisateurs des nouveaux smartphone, tablettes et ordinateurs démontables, les femmes sont celles qui m’énervent le plus, mais aussi les plus incultes en matière de technologies mais, hélas sont celles qui ont ces dernières versions. Normal si  leur compagnon ne s’époumone pas pour les leur offrir, il ne trouvera pas le sommeil pendant de nombreuses nuits. Je disais que les femmes sont celles qui ont le plus ces derniers gadgets, mais qui ignorent vraiment à quoi ils servent. Combien de femmes peuvent vous donner toutes les fonctions des applications qu’elles ont dans leur smartphone ? leur tablette ?

Mais question vantardise, les hommes ont rejoint le cercle. Regardez, un homme ou une femme entre dans un taxi, reste immobile pendant 10 à 15 minutes, le temps que le taxi se remette à rouler, puis ouvre son sac ou fouille sa poche pour sortir l’arme fatale. Etape 1 : Une tablette ou un smartphone sortent de leur cachette, le propriétaire guette furtivement si les occupants du taxi ont vu son joli bijou. Etape2 : il l’allume car il était en veille et se met à faire défiler le menu avec son index en prenant soin de visiter chaque application, une façon de faire durer ce moment où il se veut être l’attraction du taxi. Etape 3 : il s’exclame à haute voix du genre « ça c’est encore quoi héé » comme si c’était nouveau alors que cela fait plusieurs jours qu’il a ce joujou. Etape 4 : il fait jouer un hitparade de quelques sonneries, clips, jeux ou vidéos qui pourraient intéresser son « taxipublic ». Etape 5 : il faut qu’il vous montre qu’il a le net et il s’exclame « weh la connexion dérange » et voici la porte de sortie « la batterie est faible » et il remet l’appareil d’où il la retirer ; paie le taximan et descend : fin du show ou de la scène si vous voulez. Avec tant de vantardise, comment ne pas se faire dépouiller dans les taxis ?

Je parle en fait du « m’as-tu vu » parce que ces gadgets servent plus à se faire voir qu’à ce à quoi ils sont destinés. D’abord avec toutes ces applications qu’il faut mettre à jour et la connexion Internet et par wifi qui est rare chez nous comment faire ?de plus, beaucoup d’applications nous sont inconnues et nécessitent des formations, un autre combat. L’autonomie de ces appareils est très souvent de courte durée et pour les mettre à la charge plusieurs fois par jour, nous confronterait encore plus avec notre société d’électrification qui a du mal à satisfaire la couverture minimale en électricité.

Alors smartphones, tablettes et accessoires divers adaptés à l’Afrique je veux bien et s’ils marchent à la fourniture solaire et avec des basses connexions Internet c’est encore mieux. Si l’on choisit d’avoir le  dernier gadget, faudrait aussi que l’on se demande si cela va nous servir ou si nous voulons juste « faire comme tout le monde ».

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29. sept.
2014
société
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La lutte contre les « wowo » pasteurs est lancée.

Source: Google
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Les églises dites « réveillées » sont désormais dans la ligne de mire du gouvernement pour barrer la route au Vih/sida dans les régions du Nord-ouest et du Sud- ouest.

J’ai assisté à une conférence sur le sujet à l’hôpital régional de Bamenda dernièrement. Les responsables du ministère de la santé en compagnie de nombreuses Ong impliquées dans cette lutte ont invité les chefs religieux et traditionnels des deux régions pour les impliquer désormais dans la lutte contre le Vih/sida. Selon les spécialistes de la santé, il apparait que pour faire reculer la pandémie, il faut désormais compter avec ces chefs qui ont une grande influence dans la vie de leur population et par ricochet une influence sur leur santé. C’était le lancement de l’initiative de capacité locale mais aussi une occasion de remettre des distinctions aux personnels qui ont reçu des distinctions pour leur travail sur le terrain en matière d’amélioration du bien-être de la population.

Il fallait justement penser à créer cette plate-forme de dialogue pour que les différents leaders prennent conscience du risque et deviennent des véritables sources d’informations pour leur population en recevant eux-mêmes la formation adéquate pour faire face au Vih/sida. J’ai été bien contente de voir des Iman, car je sais d’expérience que chez les musulmans, le dialogue pour la femme est un luxe qu’elle ne peut pas s’offrir. Surtout lorsqu’il s’agit de négocier le port du préservatif ou alors de choisir un moyen de contraception, la plupart du temps, ce droit ne lui revient pas. Avec cette position de faiblesse, les femmes musulmanes contractent très souvent le Vih, même si elles savent leurs maris « coureurs de jupons ou de jupettes », elles ne peuvent pas imposer qu’ils se chaussent encore moins qu’il fasse un test de dépistage.

Les leaders qui étaient présents dans la salle ont été choisis par ce que leur région justement avait du mal à faire reculer la maladie. Ils ont adhérer à l’idée de servir désormais d’informateurs à ce sujet, mais aussi de premiers secours.

Le second aspect de cet échange qui a reçu l’approbation de la foule présente était aussi que désormais le gouvernement camerounais s’est lancé dans une lutte acharnée contre les pasteurs des églises réveillées. Ils sont devenus une véritable gangrène pour la société. Ce nouveau genre de pasteurs qui sont désormais plus commerçants que prêcheurs est désormais la raison de plusieurs dégâts dans notre société. Les « wowo » pasteurs comme on les appelle ici à Bamenda sont ceux qui ont des derniers modèles de voitures, de tablettes, de téléphones, des maisons climatisés. Ce sont eux qui vous donnent le montant vos dons, ils vendent des mouchoirs, de l’eau, des gadgets « bénis » à des prix exorbitants. Ils détruisent les familles en prétendant que les époux sont la plupart du temps « des sorciers qui veulent tuer leurs femmes ». Ces femmes dans la détresse et prêtent à tout avaler tant que cela présente une lueur d’espoir, abandonnent leur foyer et trouvent refuge chez ces pasteurs et de fil en aiguilles deviennent leurs concubines.

Ces pasteurs de l’élégance avec des églises « du bon réveil », « de la vraie délivrance », « du vrai chemin vers dieu » et que sais-je encore. Ces pasteurs qui se sont lancés dans une concurrence pour voir qui aura le plus beau lieu de célébration, le plus grand équipement de musique. Mais encore plus, ces pasteurs qui désormais peuvent vous démontrer que votre test positif du Vih/sida effectué à l’hôpital n’avait en fait qu’une origine spirituelle, œuvre d’un « esprit malin, dont seule la prière peut vous guérir ».

Hé oui voilà pourquoi il faut les combattre. Quand un malade du Sida préfère se rendre à des séances de prière plutôt qu’à l’hôpital pour prendre ses médicaments. Quand les séances d’exorcisme apparaissent comme le remède miracle ou encore qu’un mélange quelconque de ce pasteur devienne la solution à ce problème de Sida que vous aviez. Alors là il faut vraiment faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard.

S’adonner à la prière sans cesse et abandonner les hôpitaux et espérez ainsi recouvrer la santé, est-ce bien là le désir de Dieu ? Non je ne pense pas « aides-toi et le ciel t’aidera » dit-on très souvent. Cela veut dire que si tu es malade pries mais n’oublies pas de te donner les moyens de guérir en te rendant là où tu recouvras la santé. Et cela s’applique à tous les domaines de la vie. Tu ne saurais en tant de personne vivant avec le vih/sida te passer des antirétroviraux pour juste t’agenouiller, transpirer, prier à haute voix dans une langue bizarre et attendre la guérison. Pour toutes ces illusions que les « wowo » pasteurs vendent, il n’est que normal que leur soit déclarer la guerre.

La phase d’évaluation de ce nouveau combat contre le mal du siècle aura lieu en 2016 et d’ici là je pense que l’on assistera à la fermeture de nombreuses églises dans nos villes.

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09. sept.
2014
société
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Chers boulangers, arrêtez !

source: google
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Je suis une fan des publicités de Mc Do, Kfc avec leurs hamburgers taille XXl et des variétés au beacon, à la sauce barbecue, à la pomme de terre et autres. Même si ce n’est pas pareil chez nous, cela nous fait au moins rêver d’entrer dans une boulangerie quelconque et de s’entendre dire « je veux un Hamburger ». Une spécialité importée qui est entrée dans nos habitudes de consommation mais bien sur toujours avec une réalisation approximative.

Je salive devant ces hamburgers que l’on montre à la télé. Deux bonnes tranches de pain qui ne se touchent jamais tellement les éléments qui les séparent sont nombreux et bien volumineux. Deux grosses boulettes de viande hachée accompagnées  de salade, de tomate, de ketchup, de moutarde mais aussi de mayonnaise. Miam miam c’est appétissant n’est-ce pas, je ne vous le fait pas dire.

Au Cameroun, nous avons notre façon de faire les hamburgers. Si ce n’est pas les feuilles de salades, les tomates et les oignions qui remplissent votre hamburger, ce sera la sauce qu’on y incorpore, mais jamais la viande. D’abord, parlant de la viande c’est ce qui est rare dans nos hamburgers camerounais. Au fil des années, vous vous rendrez compte que le goût, la grosseur de votre hamburger, la viande aussi diminuent, mais le prix, lui, augmente toujours.

Les boulangeries qualifiées de modernes sont rares à Bamenda et même quand elles existent, vous ne retrouverez qu’une petite variété de pâtisserie et dont le goût laisse à désirer. Les pains sont légers avec moins de mie et quant à la croûte, il n’y a que sa couleur qui vous fait ne pas la confondre à la mie tellement elle est légère. Pas étonnant que les parents traitent leurs enfants de gourmands quand ces derniers finissent une baguette et en redemandent. Les boulangers utilisent désormais plus de levure que toute autre chose pour faire le pain. Au fait quel est le poids normal d’une baguette de pain ?

Sur un tout autre plan, les boulangeries artisanales ont vu le jour et de manière anarchique. Un petit tour dans l’une d’entre elles m’a retourné les intestins. Les pains préparés dans un four tout noir et mal entretenu sont disposés sur du papier installé à même le sol le temps qu’ils refroidissent. Non seulement le boulanger qui fait les tours entre la pièce où ils les stockent et le four, soulève son lot de poussière au passage, mais aussi les autres insectes (cafards, fourmis, charançons, etc.) ne sont pas loin.  C’est à se demander si ces insectes ne sont pas les premiers goûteurs de ces pâtisseries. Quand un gâteau tombe, c’est la rapidité avec laquelle l’employer le ramasse et l’épaisseur de poussière qu’il prendra qui déterminera s’il doit le jeter ou alors juste le nettoyer et le remettre avec les autres pâtisseries. Pour les classer, c’est encore une équation, les vendeurs classent les nouveaux gâteaux en bas et les invendus au-dessus. D’après mon constat, dans ces caisses à pâtisseries ambulantes, seuls les beignets au sucre sont écoulés chaque jour, quant aux autres c’est une question d’horoscope et de loterie.

Oui vous direz qu’il faut se méfier des boulangeries artisanales mais laissez-moi vous dire qu’il n’y a pas qu’elles. On m’a déjà vendu du pain rassis aussi dans une boulangerie moderne. Dans de nombreuses boulangeries modernes on nous vend des hamburgers qui ont déjà passés plusieurs jours exposés.  Il vous suffit d’ouvrir le hamburger pour constater que la viande a un aspect bizarre, les feuilles de salades sont passées du vert au marron puis au noir, que les tomates et les oignons sont pourris. Ne vous plaignez surtout pas, on ne va pas vous rembourser. Pour ce qui est des Cake, gâteaux Madeleine, beignets soufflés et autres, non seulement ils sont durs, mais quand vous les diviser, vous vous rendrez compte qu’il y a comme une toile d’araignée qui relie vos parts de gâteaux. Les pains au lait et pain-mi jadis si moelleux sont devenus durs comme des baguettes, ils ne sont désormais « au lait » que de nom, parce qu’on y a mis une pincée de lait en poudre, mais pas parce qu’on a respecté les dosages en quantité de lait.

Nous sommes désormais condamnés à consommer de la pâtisserie approximative et surtout de s’en contenter en attendant les jours meilleurs. Les services sanitaires sont absents. Les hamburgers devraient se faire sur place, à la demande et non passés des jours étalés dans les boulangeries. De nombreuses maladies gastriques apparaissent aujourd’hui sans que l’on ne sache leur origine. Les boulangeries en sont en partie responsables vu le manque d’hygiène et de contrôle dans ce secteur. Ah oui !une dernière chose, pour les hamburgers si vous ne savez pas les faire, de grâce messieurs les boulangers, laissez-nous nous contenter de ceux que l’on présente à la télévision et en avalant nos salives devant nos écrans, notre santé ne sera pas menacer.

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28. août
2014
société
5

Au nom de la beauté

Pose d'ongle
Pose d’ongle

Hum les femmes hein, oui encore elles, j’en suis une, mais faut dire que je ne suis sûrement pas comme les autres. Normal, moi c’est moi et elles c’est elles.

Je suis d’accord que le monde actuel impose un rythme de vie infernal où la vitesse est au menu et surtout où le paraitre compte. Oui la croyance populaire veut que l’on donne tous les honneurs à celui qui est sapé et que celui qui adopte le style simple ou décontracté ne reçoit pas les mêmes honneurs et services. Tenez, c’est parce que les escrocs s’en sont rendu compte qu’ils portent des smokings de classe, des montres et des parfums de marque pour tromper leurs victimes, ne dit-on pas que « c’est le paraitre qui compte » ?

Depuis quelques années, le paraitre est la préoccupation majeure de nos dames. Et oui ! Je m’en suis rendu compte l’autre jour en me rendant au marché de Mobil Nkwen ici à Bamenda. Les « Bayam sellam » qui me servaient avaient un make up, une coiffure et une manucure et pédicure impeccables. Il faut cependant signaler que côté bling bling et paraitre, les populations de la partie anglophones dament le point aux francophones. Je pense qu’une femme anglophone se maquille avant de se coucher ou alors elle a toujours ses accessoires au chevet de son lit. Peu importe l’heure à laquelle vous arrivez chez une femme anglophone, son make up sera toujours au rendez-vous quand elle vous ouvrira la porte.

Bon je m’écarte de mon sujet. Je disais que loin des idées du paraitre ou alors de la tendance des femmes d’un certain âge, qui ne « veulent pas se laisser faire par le temps », ou encore des femmes mariées qui paniquent à la vue des jeunes vacancières ou étudiantes qui inondent la ville de Bamenda et deviennent un danger pour la tranquillité de leur foyer tellement elles sont sexy, belles et extravagantes (de vraies croqueuses d’hommes), les femmes se font une véritable fixation sur leur beauté. Elles sont devenues de véritables accros du prix de la beauté.

Un petit tour dans divers coins que fréquentent les femmes pour prendre soin d’elles m’a fait confirmer l’idée selon laquelle « la beauté à un prix » et même celui de la mort, je vous dis pourquoi.

Les faux cils

On retrouve les spécialistes en la matière dans tous les coins de rue de la ville surtout dans les marchés de Nkwen, Commercial Avenue, Food Market et autres qui ont de grands hangars emménagés à cet effet. Quand vous vous y rendez, elles vous interpellent de manière flatteuse. Une fois assise, on vous flatte encore là c’est la mise en condition pour faire passer la pilule souvent amère du montant que vous allez devoir débourser pour avoir vos faux cils. Il faut débourser de 2 000 f à 3 500 f pour une pose, le prix dépend de la longueur des cils. Pour celles qui aimeraient s’identifier à Niki Minaj question longueur et extravagance dans les couleurs, cela a aussi un prix bien différent. Une fois que vous vous êtes décidé, elle s’arme d’un paquet de cils qu’elle ouvre, retire quelques touffes qu’elle dispose sur la main gauche, un peu plus loin elle verse un peu de colle, se rapproche et prend votre œil en main. Le risque ici est que cette colle noire pour faire adhérer le faux cil, n’est en fait qu’une colle destinée à la pose des extensions capillaires. En plus, quand elle rate, elle se voit obligée de rajouter de la colle et là, bienvenue les tracas : les yeux de la cliente deviennent rouges car ils ont pris une quantité de cette colle, les larmes ne sont pas loin, en plus faut qu’elle prenne une pince, maltraite vos cils pour qu’ils paraissent droits et enfin fait assécher votre cornée en maintenant votre paupière grande ouverte le temps que cela sèche. C’est quoi ça ?

Les faux ongles

C’est le must de la tendance chez les femmes aussi. Ce n’est pas les innovations qui manquent de ce côté. Pose américaine, française, la « Niki Minaj », etc. C’est un vrai dictionnaire. Toujours dans le même sillage des flatteries, faut savoir que la pose d’ongles artificiels coûte de 1 000 f à 10 000 F Cfa. Quand vous vous asseyez, vous choisissez la coupe, les couleurs, la longueur des ongles et l’esthéticienne peut commencer. D’abord le matériel n’est pas souvent stérilisé donc vous devez compter sur votre chance pour espérer que la cliente qui vous a précédée n’avait pas des mycoses ou le VIH. Elle a parfois tout le matériel nécessaire mais manque la dextérité qui va avec et il n’est pas rare qu’elle vous blesse. Pas de panique, elle pourra rattraper le coup en traitant votre plaie oui mais avec de l’acétone qui désormais a le même rôle que l’alcool dans ces lieux. En plus, parait qu’ici à Bamenda la « bonne colle pour les ongles » se fait rare, mais ce n’est pas grave elles ont trouvé autre chose : les colles pour autres matériaux telles que le Super Glue ou encore l’Altéca 110. Résultat, il n’est pas rare de vous retrouver avec des ongles abîmés et devenus des cibles pour les mycoses et diverses infections de l’ongle.

Le défrisage

Ma dernière découverte en la matière est qu’une grande partie des femmes a rejoint le mouvement du moins cher dans les marchés de Bamenda. Bon nombre d’entre elles se plaignent des nombreux désagréments qu’elles ont eu avec les crèmes défrisantes de marque et même celles jugées miracles que l’on conseille dans diverses parfumeries. « J’ai déjà essayé tous les défrisants et cela ne donnait rien, il arrivait que je me brûle sans que mes cheveux ne cuisent. J’ai trouvé la nouvelle méthode ça marche et c’est moins cher ». Moins cher oui mais à quel prix ? Je me demande. Les femmes qui ne trouvent plus satisfaction auprès des défrisants modernes ont trouvé une solution. Désormais des marchands se promènent avec des seaux qui contiennent des défrisants de fabrication locale. A 500 f le défrisage, quelle que soit la résistance de vos cheveux, ils succomberont sous l’effet de ce défrisant. Composé d’un mélange de détergent en poudre et de produits chimiques dont seuls les fabricants connaissent le nom et les quantités, le défrisant local cuit votre cheveu et parfois votre peau, mais ce n’est pas grave, l’essentiel c’est le résultat.

Avec ça, il n’est pas rare de se retrouver avec une perte de cheveux aiguë, le mal de nerf, etc. Peu importe les effets secondaires, les femmes adhèrent et ce n’est pas cher. Des teintures de cheveux fabriquées à l’aide de pâtes dentifrices ou  de feuilles, de sel gemme et des produits chimiques dont les dosages sont approximatifs. Des tatouages que l’on fait n’importe où, avec n’importe quel matériel et n’importe comment font des victimes tous les jours qui se retrouvent aux urgences dans  les hôpitaux. Des vendeurs de produits cosmétiques devenus de vrais chimistes qui conseillent et mélangent des laits corporels avec tout ce qui leur passe sous la main. Résultat à peine 20 % des femmes ici à Bamenda ont encore un teint naturel. Pour les autres, il faut compter celles qui, à elles seules sont un drapeau à la vue de la couleur de leur peau, celles qui ne sont pas musulmanes ou nées en en Russie, mais sont obligées de se couvrir tout le corps. Tel des vampires, elles fuient désormais le soleil. Et la liste est bien longue. De telles pratiques restent encore favorables à la propagation du VIH et diverses infections qui pourtant, pourraient être évitées avec juste un peu d’hygiène et de contrôle. Parlant de contrôle, je me demande qui devrait contrôler de tels domaines ?

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Article : Ma Miss Cameroun à moi
elections
7
16 août 2014

Ma Miss Cameroun à moi

Ankara & GeleC’est devenu un rendez-vous annuel pour nous d’attendre devant nos petits écrans qui sera élu « la fille la plus belle du Cameroun ». Mais depuis deux ou trois ans, c’est devenu un vrai sujet de débat pour les Camerounais qui, pour la plupart ne sont pas d’accord.

Oui j’aimerais bien être patriote, mais pas quand cela va en dehors de la morale. Je ne pense pas qu’il faut supporter une « femen », une prostituée, un assassin seulement parce qu’il est camerounais et que c’est le « patriotisme ». Non ! Je refuse. Bon je disais que chaque année nous assistons à la transmission en direct du Palais des Congrès de Yaoundé pour élire la Miss Cameroun. Bien avant, une sélection a lieu dans les dix régions du pays et les votes du public servent d’unité de mesure pour choisir celles qui défileront pour la sélection finale devant un jury.

Non pas que je dise que celles qui deviennent Miss ne sont pas belles, mais pour une« Miss du Cameroun » je pense que l’on s’éloigne de nos réalités. Je vous assure qu’il y a de la nourriture dans mon pays, si vous pensez que je mens, demandez aux touristes et à tous ces pays qui vivent aux dépens de nos cultures. Il y a de la nourriture et par conséquent nous ne connaissons pas, sinon très peu les régimes alimentaires. Ces jeunes filles doivent vraiment être fortes pour résister à tous ces mets délicieux que présentent nos régions. Des jeunes filles sveltes, d’un poids contrôlé, d’une silhouette sélectionnée représentent alors une minorité de Camerounaises.

Je ne sais pas quel est le critère de sélection pour les élues, mais je pense que chaque pays devrait avoir une Miss avec des particularités qui renvoie à son pays d’origine. Dans ce cas une Miss chinoise par exemple, serait de courte taille et forte en arts martiaux. Ce genre de critères de beauté que l’on sait propres à un pays. Je me demande si les organisateurs de ces élections veulent que toutes les filles se ressemblent ou c’est juste par souci d’économie de tissu qu’ils veulent qu’elles aient la même corpulence. On devrait revoir ce concept.

Il ne faut pas chercher trop longtemps pour savoir qu’un miss Cameroun doit être à l’image de notre carte géographique. Avez-vous déjà bien observé cette carte ? Je ne pense pas, sinon vous saurez que la majorité des Camerounaises, sont à l’image de leur carte géographique. Si je parle d’une femme et bien la description de la carte de mon pays le Cameroun présente une femme avec une forte poitrine et cambrée, c’est-à-dire une femme bien en chair surtout pas mince (cela n’est le propre que des femmes issues de certaines régions du pays). Hé oui, une Miss Cameroun devrait avoir comme on le dit chez nous « le devant et le derrière » entendez par là une forte poitrine ou alors le postérieur rebondi. Si elle n’a pas tous ces critères, elle devrait au moins avoir l’un deux. C’est ainsi que devrait être ma Miss Cameroun. Sinon qu’est ce qui la rend différente de Miss Gabon, Congo, RCA ? Surtout ne me dites pas qu’elles ne sont pas belles, car il m’en faudra très peu pour vous prouver le contraire.

Mais hélas c’est bien le contraire que je vois chaque année lors de l’élection.Pourquoi organiser un concours de Miss si elle ne reflète pas son pays. Il est vrai le concept de nous vient de l’Occident . Toujours est-il que nous ne devons pas copier sans y apporter notre touche personnelle. Les femmes africaines et les femmes camerounaises en particulier ne sont pas des adeptes des régimes, d’ailleurs combien sont à l’image de ces « représentantes ». Nous sommes des Africaines avec nos rondeurs, nos  cheveux crépus, nos pagnes et boubous, nos foulards noués avec la dextérité que nous seules nous avons.

Alors, élection Miss je veux bien, mais va falloir revoir les critères l’année prochaine !

 

Source: Google

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11. août
2014
Environnement
2

Alerte au virus Ebola : les bouchers de Bamenda paniquent

viande de porc
viande de porc

Bamenda comme les autres régions du Cameroun n’a plus le sommeil tranquille. Depuis l’annonce il y a une semaine d’une personne infectée au Nigeria, les Camerounais paniquent, les bouchers surtout.

Info ou intox, on  signale un cas à l’hôpital la Quintinie de Douala. Nous n’avons pas encore fini avec la secte Boko Haram et le choléra dans le Septentrion que voici le virus Ebola. Loin de l’image que je me fais de ce film qui traitait du sujet et mettait en scène Morgan Freeman impliqué dans la lutte acharnée contre ce virus,  je me rends compte que le film reste le film et qu’il va désormais falloir faire face à la réalité.

Les moyens d’y faire face sont maigres. Quand je me rends compte que parmi les mesures de prévention l’hygiène reste la pièce maîtresse, je me demande s’il est possible de se laver les mains autant de fois qu’il est recommandé quand les coupures d’eau sont devenues courantes chez nous. Quand on parle de se rendre dans les différents centres de santé les plus proches une fois que l’on suspecte un cas, c’est encore un autre combat. Les formations sanitaires et le personnel qualifié dans les villages ne sont pas si proches que ça et le chemin pour y parvenir est long, cahoteux, les moyens de transport sont rares dans certaines régions et avec le nouveau prix du carburant, c’est cher.

Dans la croyance populaire ici à Bamenda, un message massivement distribué, a fait du « Mbita Kola » un moyen de prévenir l’infection. Sur le net, c’est l’oignon qui l’est. Alors les vendeurs de Mbita Kola se réjouissent. « C’est devenu rare et cher » disent-ils pour vendre cette potion magique à notre portée à un prix élevé. Il y a ceux qui se frottent les mains et ceux qui à contrario vont devoir songer à changer d’activité ou à casser les prix.

Les bouchers sont de ceux-là. Tout comme l’épidémie de grippe aviaire avait rendu le poulet et tous les produits dérivés moins chers, le virus Ebola va mettre bon nombre de bouchers au chômage. Le même message qui a été distribué massivement sur les précautions à prendre parle aussi d’éviter de consommer les viandes de brousse, de chauve-souris (je ne savais pas qu’on en consommait), de singe, de chimpanzé, de porcs, bref d’éviter de consommer toutes les viandes et surtout d’aspect suspect. En particulier du gibier trouvé mort dans la brousse ou ailleurs.

Le prix de la viande de porc en baisse

Pour ce qui est de la viande de brousse, de chauve-souris, de singe, de chimpanzé, ce sont les restaurants spécialisés en la matière qui auront des soucis. Ce week-end, j’ai pu constater que le prix de la viande porc est passé de 2 700 F Cfa à 2 500 voire 2 400 F. Déjà 300 F de moins, je ne pense pas que la descente d’une équipe de contrôle du prix du ministère du Commerce aurait réussi à leur faire baisser les prix de cette viande. Les clients sont au courant et ils boudent. Les bouchers vendent à peine 5 kg de viande de porc par jour. Résultat ils sont obligés de faire de petites commandes pour être sûrs d’écouler tout le gigot. Ils ne le font pas sans plainte « si cela continue faudra rentrer au village parce qu’on ne s’en sort plus, je suis obligé de rapporter de la viande chaque jour dans la chambre froide. Je ne vends pas, mais je dois payer la conservation et si la viande dure, elle perd sa fraîcheur et il faudra jeter ». Je ne suis pas sûre qu’il peut jeter cette viande et c’est là tout le problème avec les bouchers, quand ils se rendent compte que la viande n’est plus fraîche, il la fume ou la sèche pour la vendre sous une nouvelle forme. Pour eux, pas question de perdre cet investissement même si cela est devenu un poison pour le client. S’il y a une autre chose qui plaît avec cette période, c’est que les clients reçoivent des morceaux de viande porc en guise de cadeau de la part des bouchers qui, ainsi, les invitent de manière masquée à revenir.

Une autre inquiétude avec la viande de porc est que si c’est par elle que doit passer le virus Ebola, et bien je pense qu’il y aura beaucoup de victimes. Le porc est l’une des viandes les plus consommées au Cameroun. Qu’il soit braisé, bouilli ou fumé, dans la plupart de nos manifestations (mariage, cérémonie de Dote, baptême, deuil, funérailles, etc.) on mange cette viande. Certes, il y a des précautions à prendre oui, mais va-t-il falloir songer à trouver un palliatif ? « Parce qu’une cérémonie de dot par exemple sans porc n’est pas une cérémonie » dixit un ressortissant de la tribu beti.

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24. juil.
2014
culture
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Une histoire de « Para »

Paracétamol
Paracétamol

 

C’est bizarre comme l’on peut se rendre compte qu’il n’y a pas beaucoup de choses qui changent. Cela concerne surtout les tares dans notre société.

Une discussion entamée avec des lycéens me je replonge dans mes années passées au lycée et surtout une situation répétitive qui était devenue pénible à la fin. Il n’était pas rare de voir les établissements se vanter d’avoir les meilleurs équipements. A l’approche de la rentrée scolaire, les dirigeants et promoteurs des établissements faisaient un véritable défilé sur nos petits écrans. On connaissait les arguments de leurs discours pour attirer le maximum d’élèves dans leur enceinte. « Nous avons le meilleur établissement de la capitale, du pays, du continent. Nous sommes internationaux, nos élèves ont les meilleurs résultats aux différents examens » . Propos mensongers parfois ! ils les tiennent en oubliant que c’est la première cuvée qu’ils sont en train de recruter ! Ils poursuivent « nous avons les meilleurs professeurs, des salles de classe aérées qui accueillent un maximum de 50 élèves par classe (un autre mensonge l’établissement scolaire public au Cameroun qui n’a pas trop d’élèves en compte 80 par classe, et même là je ne suis pas capable de vous donner un nom). Pour les classes d’examens, c’est le poulailler.

Bien sûr je vous épargne des frais de scolarité accessibles à tous pour tant de confort ? C’est un rêve.  Maintenant la tendance veut que l’on ait une salle d’informatique munie de vieux ordinateurs dont à peine 2 sur 20 installés dans la salle fonctionnent. De vieilles machines devenues des ornements pour appâter les parents, il vous suffit de vous rapprocher pour voir l’inscription « Pentium –4 ». Oui vous avez bien lu je préfère ajouter le signe – par ce que ces machines ne sont plus d’actualité et en plus elles sont plus utiles à l’hébergement des virus qu’à la connexion Internet.

Mais ce qui devrait attirer l’attention des parents, et je le dis en connaissance de cause, devrait être l’infirmerie. Nos établissements et leurs infirmeries c’est une autre histoire. Elles sont équipées très rarement de lits sinon de matelas installés à même le sol et dont l’état vous donne des sensations de démangeaisons. Autres éléments classiques une table et deux chaises dont l’une, installée derrière la table, appartient à la maîtresse des lieux. Très souvent, c’est une infirmière d’âge mûr, qui une fois qu’elle est assise est plus motivée à causer qu’à recevoir un élève malade. Dans les tiroirs de cette table quelques médicaments incontournables, très souvent périmés ou mal conservés, qui sont devenus des remèdes miracles qui peuvent guérir tout. Le plus célèbre le paracétamol, communément appelé « Para », celui que tous les élèves détestent. Vous avez les maux de tête ? Une solution le Paracétamol.  Vous souffrez d’hémorroïdes, de diarrhée, de mal de ventre, de fracture ? Pas de souci le  « Para »  est là, le médicament miracle qui soigne tous vos bobos.

En cas de blessure, si vous êtes chanceux, on pourra nettoyer votre plaie avec de l’alcool, du coton ou un bout de compresse. Ne comptez surtout pas sur l’infirmière pour toujours vous faire un bandage avec du sparadrap, parfois elle se débrouille avec du scotch et réjouissez-vous, car elle aurait pu laisser votre blessure à la merci des mouches.

Sérieusement cette histoire d’infirmerie dans les établissements c’est tout sauf une infirmerie. On vous donne tellement de paracétamol que votre corps devient résistant et vous vous retrouvez avec des allergies.  Votre organisme consomme tellement ces comprimés blancs que rien qu’à sa vue, votre gorge s’assèche et en imaginant que vous allez encore boire ça, Non merci vous êtes guéri. D’ailleurs en demandant, vous vous rendrez compte que seuls les élèves du primaire et des classes de 6e et 5e le prennent comme un médicament. Ceux des autres classes, pour qui désormais c’est une corvée,  se contentent de boire le verre d’eau qu’on leur sert accompagné de deux ou trois comprimés de paracétamol . Si c’est du « Para », « non merci »,  ils le prennent mais ne l’avalent pas. Si vous vérifiez bien, ces médicaments finissent cachés sous les matelas, dans les poches de leurs uniformes et sacs ou encore dans les toilettes et sous les fenêtres des infirmeries.

Les infirmeries, je pense que cela devrait être le  critère primordial pour choisir un établissement, car comment penser que votre enfant, s’il lui arrivait quelque chose à l’école, ne pourrait pas avoir aux premiers soins.  C’est un suicide ! Alors, Oui aux infirmeries, Non au paracétamol comme seul traitement au sein des établissements.

 

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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