• Ma Bio
Le Monde sous la plume de Salma
17. oct.
2013
culture
13

Je suis une star

Un mot simple mais qui pèse énormément. Être une star, je me demande bien ce que c’est car entre ce que je vois dans mon pays et ce qui se passe ailleurs je pense qu’il faut être dans chacun des pays pour comprendre les différentes stars.

Les Etats-Unis en ont fait un vrai business. Je veux dire même si vous ne sortez pas d’album, dans ce pays on trouve le moyen de parler de vous. Le sein d’une star qui est dehors fait un buzz, l’enfant d’une star ce sont des milliers de dollars qui entrent en jeu pour avoir sa première photo, la première échographie, une gifle, une bagarre, une rupture, tout donne de l’argent chez les stars aux Etats-Unis.

Une fois que je reviens au Cameroun, c’est tout autre chose. Nous n’avons pas encore cette culture de paparazzi qui épient sans relâche nos « stars ». Chez nous pour voir les stars faut une audience, il ne faut pas la filmer n’importe comment. Il faut qu’elle soit « fraiche »(bien mise),qu’elle montre son salon, sa voiture, sa nouvelle fausse montre Rolex, ses photos à Paris, Londres, etc. c’est une star parce qu’elle va désormais à Mbeng (Europe) et ne fait plus les petits spectacles de village à 100f l’entrée, les kermesses.

Nos stars au Cameroun sont celles qui peuvent recevoir toutes les éloges mais qui, le lendemain se retouvent mêlées à une histoire d’une nuit dans une auberge de 1000F qui n’a pas été payée.  Chez nous les stars sont celles qui, quand elles n’étaient pas connues étaient prêtes à faire le ménage chez vous pour que vous jouez sa maquette. Une fois que vous l’avez fait et qu’elle trouve un producteur, elle ne vous connait plus quand vous l’appelez, elle vous demande de voir son « manager », elle ne peut plus traiter avec vous parce que « sa vie a changé», elle est passée au niveau supérieur.

Au Cameroun, les stars mangent ensemble mais ne sont forcément pas des amis. Chacun a une histoire sur l’autre star qui a volé, détourné de l’argent, fait des courbettes à un tel pour qu’on joue sa musique, sort avec X pour qu’on parle d’elle, a prêté la voiture d’un tel pour faire son clip etc. Nos stars sont nos stars, elles ne prennent pas soin d’elles, les ventres poussent, la prise de poids est signe de richesse, elles arrivent dans une émission saoules, elles parlent n’importent comment des fois en mêlant le dialecte « zambe wam », « yémalé » à leurs phrases. Nous acceptons ce sont nos stars.

Des stars qui nous font rêver mais pour qui faut cotiser pour  les guérir de telle ou telle maladie, elles se promènent habillées n’importe comment et peuvent chanter vos louanges pour une bouteille de whisky. Les droits d’auteurs sont là pourquoi ? Vous me poserez la question. Je n’ai pas de réponse et à vrai dire c’est une histoire compliquée où intervient un bras de fer interminable entre le ministère en charge de cette activité et des sociétés dites de droits d’auteurs, « la vraie magie ».

Depuis quelques temps je suis fière de constater qu’il  y en a qui sortent du lot et pensent peu à peu à l’innovation. Des clips de plus en plus beaux avec des effets spéciaux et façon film que l’on ne voyait que chez Michael Jackson. Des décors et chorégraphies impeccables (quoi que je trouve que les femmes sont toujours plus nues que les hommes et sont obligées de bouger leurs bassins comme des folles alors que les garçons sont au repos).

Qui est star au fait ? Celui qui a une maquette, un single, un album ? Est-ce celui qu’on entend à longueur de journée dans les radios et télévisions et qui a donné une ou deux bières aux animateurs pour occuper la tête des Hit Parade ? Ou alors est-ce celui qui a vendu le plus d’albums ? Je ne peux répondre car au Cameroun il n’y a pas de « staromètre » pour mesurer tout cela, mais il y a des stars à la pèle.

source: google
source: google

Nous en sommes à des mouvements  « High père », « Abélé », « je ne donne pas le lait », il est vrai que je n’y comprends rien mais j’espère que tous ces mouvements ont une finalité et ne sont pas juste des idées qui resteront sur des T-shirt et autres gadgets. Nos stars créent le Buzz, et dans ce couloir  Dany scorpio est le maître. Il a laissé planer une rumeur sur sa mort. Les médias ont diffusés des photos de lui mort, dans un cercueil et pourtant ce n’était que des extraits de son clip Hommage, innovant non ?

Tout comme Katie Armstrong en Amérique, Irma, et Grégroire en France, trois exemples d’artistes qui ont été financés par les internautes, l’artiste Belka Tobis sur son site, invite les internautes à devenir des producteurs de son prochain album « gigolo » qui sortira en automne 2013 (je dois avouer que sur ce coup il devrait savoir qu’en Afrique et au Cameroun surtout nous n’avons pas cette saison). En échange, la possibilité d’être cité dans une chanson, d’avoir son nom sur la pochette de l’album et bien plus encore.

Nos stars ont de plus en plus besoin du net pour savoir si elles ont de la côte, si telle musique nous plait, donner notre avis pour qu’elles s’améliorent. C’est le cas de Chantal Ayissi pour son clip « Avue dzam » qui a d’abord été découvert sur facebook avant de passer sur diverses chaines de télévision. Dans la même lancé je peux citer aussi les artistes tel Habib du Bled, Mango, Richard Amougou, Dimi 3, etc  qui diffusent plusieurs musiques de leur album à écouter en priorité sur le net.

Les stars camerounaises ont compris qu’il faut faire avec la nouveauté et innover. Dans ce couloir personne ne contestera que le groupe Xmaleya sort du lot avec ce concept d’affiche géante en plein centre-ville. La plupart d’entre elles ont des pages facebook et ce qui nous console encore est que nous pouvons être surs que ce sont elles qui nous répondent sur les réseaux sociaux. Bientôt elles ne pourront plus le faire hélas.

Je suis soulagée car les choses décollent peu à peu, nous aurons bientôt des stars à l’américaine. Bientôt nous aurons aussi des photographes postés sur des arbres à longueur de journée et qui seront à l’affut du moindre scoop, pour des journaux de people. On verra des stars avec et sans maquillage, des stars en vacances qui flirtent les uns avec les autres. Des stars qui font l’apologie de la drogue ? Non !

Bientôt nous serons quel est le poids du mot « star ». Le groupe » 2ki tu » me faisait part un jour du fait qu’ils ne peuvent plus fréquenter des « beignetariats », mais c’est aussi là le revers de la médaille, on ne peut plus passer inaperçu.  À toutes ces stars prenez soin de votre public, car c’est lui qui fait de vous « des stars ». Le public est une vraie unité de mesure pour ce qui est de la notoriété. Sur le net, ses avis comptent et méritent d’être considérés quand vous travaillez et pas seulement quand il faut aller voter pour vous.

 

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07. oct.
2013
culture
24

Le rêve américain des populations de Bamenda

Le rêve fait vivre et c’est une citation qui sied bien à chacune de nos vies. C’est parce qu’on a un rêve que l’on se lève chaque jour et on sort pour atteindre notre objectif tôt ou tard.

Les Camerounais sont des rêveurs, mais chaque partie du pays a ses rêves. Les populations francophones de mon pays rêvent de l’Occident et surtout de ces pays francophones où « on vit bien et où il n’y a pas la galère ». Je parle bien sûr des pays comme la France, la Suisse, la Belgique, etc. Je vous épargne des conditions dans lesquelles nous nous y rendons.

Bref chaque francophone a sa « personne en Mbeng », chaque francophone ira un jour en Mbeng(France) parce que « sa tante, son gars, son ami, le neveu de son oncle sont là-bas », il est évident que son tour arrivera.  Bamenda fait partie des régions anglophones du pays tout comme Buéa. À mon arrivée et de nos jours, je me rends peu à peu compte que si les francophones ont un rêve français, les anglophones ont un rêve américain.

Il faut voir le tableau qui s’offre à vous quand vous les regardez. Ils sont assis au bar, dans les cyber, dans une cour, une boutique ou un lieu quelconque. Un seul sujet « l’Amérique », ensuite viennent des pays comme l’Angleterre, l’Allemagne, le Canada, etc. Ils accrochent les drapeaux de ces pays dans les taxis, les maisons, les bars, les écrans de téléphones, de tablettes, partout, y en a même qui font des tatouages (et le pauvre drapeau camerounais alors ?).

Ils ne fonctionnent qu’en dollars, livres sterling et pour faire la conversion d’avec nos F Cfa, ils ont déjà le convertisseur en tête. Ils ne correspondent qu’avec des personnes résidant dans ces pays, ils font des cours et ne visitent que des sites web des établissements scolaires de ces pays. Un rêve qui fait d’eux des paresseux qui se lèvent le matin, rêvent, parlent, discutent et respirent l’Amérique sans savoir ce qui se passe à Foncha street (un quartier non loin d’eux). Leur président c’est Barack Obama et l’un des membres de son gouvernement est sans doute notre président de la République.

drapeau USA à commercial avenue Bamenda

À Bamenda on connaît Adèle, Alicia Key, Beyonce ou Elton John mieux que Stanley Enow. Cet engouement se justifie, car nombreux sont ceux qui gagnent à la loterie américaine « green card ». Ce sont les tenanciers de cybercafés et les photographes qui se frottent les mains quand arrive la période où les candidats doivent participer. Ils connaissent tous les documents à fournir, les conditions pour être éligible et donnent des conseils aux postulants.

Ici à Bamenda, paraît qu’en décembre, c’est la période où ces gens qui vivent chez les Blancs en Amérique, les « Bush faller » comme ils les appellent ici (en hommage à Bush qui en était le président à une époque), viennent rendre visite à leur famille et faire la fête avec les amis qu’ils ont « laissés au pays ».

Une quête permanente pour traverser et se rendre de l’autre côté que se soit à la nage, à pied, ou par les airs, peu importe ! Cela est devenu un vrai business pour les cybers-café où l’on retrouve des bons et des mauvais comme toujours. Des familles entières en compagnie des enfants postulent chaque année d’octobre à novembre. Les gérants de cyber disent être des pros mais on n’est jamais loin de l’escroquerie. Vous le laissez vous filmer en payant pour la photo et l’heure de connexion pour vous inscrire et vous attendez les résultats en guettant votre boîte email de temps en temps. Avez-vous la garantie qu’il l’a vraiment fait ? Non je ne pense pas.

Faut juste espérer et prier pour que votre nom soit tiré au sort pour voyager.Après commence une suite de rêves ou de cauchemars à propos tellement vous êtes angoissé.  D’un autre côté on essaye d’y aller par les réseaux. Pour partir, mes frères deviennent des chrétiens, des homosexuels (dont le Cameroun ne veut pas et qu’il faut protéger), des danseurs, chanteurs, refugiés politiques et que sais-je encore ? C’est bizarre de voir à quel point les familles sont prêtes  à s’endetter pour qu’un membre de leur famille s’y rende, mais de constater que quand il faut sauver la vie de quelqu’un ou encore l’aider à faire un petit commerce pour s’en sortir il n’y a jamais d’argent au Cameroun.

À force de les côtoyer, je pense que je ne vais pas tarder à attraper ce virus. Je vais tenter ma chance à la loterie américaine, devenir une « Bush Faller » pourquoi pas ? Ne vous étonnez pas de me voir rédiger désormais mon article en anglais, porter un blouson de cuir aux couleurs de l’Amérique. Je sais que cela sera un parcours du combattant vu mon nom musulman, mais je garde espoir, l’espoir fait vivre, vous ne croyez pas ?

 

 

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27. sept.
2013
Environnement
6

S.O.S. un toit décent

Il me faut un lopin de terre, j’y songe de plus en plus ces derniers temps quand je vois ce que les propriétaires de terrain nous fabriquent comme maisons, on dirait que je me retrouve dans un épisode d’Alice aux pays des sinistrés ou des sans-abris ou toute chose pareille.

Je comprends mieux pourquoi mes grands-parents de la région de l’Ouest disent toujours « le premier bien d’un homme doit être une maison ». Ils ont tout compris bien avant tout le monde, car ils se sont rendus compte que si vous achetez une voiture avec ses différentes pannes, vous n’êtes pas sur d’économiser assez pour construire une maison. Si c’est un business qui vous permis d’avoir de l’argent, avant de l’agrandir, achetez un terrain et faites-vous un toit, vous vous épargnez ainsi des risques d’AVC dû à la fin du mois qui arrive et vous qui n’avez pas d’argent pour payer le loyer.

Je me suis lancée dans la recherche d’une maison à Bamenda et des maisons, j’en ai vu. Des maisons dont le prix de location vaut mille fois leur standing. Maisons sans plafond ou en toit de passoire (quand il y’en a, car le bailleur compte sur l’argent que vous allez lui donne en guise d’avance, pour tout arranger), maison avec un sol fait en goudron, maison sans toilettes (on vous envoie dans la nature pour vous soulager), maison sans cuisine, etc.

crédit photo;Salma
Crédit photo; Salma

Bamenda se développe et comme toutes les villes qui embrassent le développement, la vie devient chère et la qualité est rare. Mêmes si elles ne sont pas confortables, les propriétaires de ces maisons en location savent que la demande est forte, résultat on vous offre n’importe quoi. Des maisons avec des salons qui ont des superficies de chambres et les chambres des superficies de niche de chiens. Prêtez bien l’oreille pour entendre le prix du loyer, hum vous allez vous évanouir.

Je ne sais si le ministère de l’urbanisme ou celui de la ville ont des services qui ont pour responsabilité de veiller à ce genre de chose : le standing. Quand votre salon vous fait devenir un acteur du Titanic lorsqu’il coule. Quand votre salle de bain vous interdit de prendre du poids ou d’être grand de taille au risque de vous laver dans la cour. Quand votre toilette vous laisse à la guise des serpents, des chiens, chats et qu’il n’est pas rare de recevoir la caresse d’un cafard qui vous a confondu à l’entrée du trou des toilettes, car vous êtes accroupi dessus. Quand vos toilettes ont deux planches vous servant de support pour vous soulager et qui menacent de vous organiser une rencontre inattendue avec vos excréments bientôt.

Des maisons où, à la seule vue de votre porte, un bandit sait qu’il n’a pas besoin d’être robuste pour se servir chez vous. Des anciens poulaillers et porcheries (d’ailleurs ces animaux mourraient tous d’une grippe étrange) transformés en chambres ou en maisons d’habitation parce que les propriétaires ont compris qu’investir dans le logement est un gain.

Les bailleurs des véritables brigands qui augmentent le prix du loyer selon leurs prévisions astrales. Un compteur d’eau ou d’électricité général ou personnel, installé chez lui et que l’on ne vous montre que le jour où vous entrez dans sa maison. Le reste du temps c’est lui qui détient les clés du cadenas de ses compteurs et qui calcule les factures « généreusement » pour vous. Si vous voulez vous plaindre soit vous prenez votre propre abonnement et il vous rappelle qu’il n’a pris un abonnement que pour un compteur, soit vous pouvez chercher un autre fournisseur dans le coin et vous vous rendez compte qu’en fait c’est lui qui distribue l’eau et l’électricité à l’entourage, bref à tout le quartier vous vous êtes fait piéger.

Ne me parlez pas de logement sociaux ou de quelque chose de semblable, car ce n’est pas mieux à l’université ou dans d’autres logements du gouvernement. À  l’université, vous avez des personnes qui ont pris une chambre quand elles fréquentaient ces universités et qui continuent d’occuper la même chambre une fois devenus fonctionnaires. En ce qui concerne les logements sociaux, c’est une autre paire de manches. Des familles, que dire ?des générations se succèdent dans la même maison car elles comptent bien bénéficier éternellement des remises de l’Etat.

crédit photos: salma
Crédit photos : Salma

J’aimerais bien acquérir un terrain, mais avec les tracasseries foncières que vivent certains de mes proches ce ne sera pas facile. Entre des vendeurs de terrains qui vendent le même terrain à 1000personnes, les banques qui vous demandent votre tête pour un prêt foncier et l’Etat qui parfois entre dans la danse en vous promettant des indemnités qui n’arriveront jamais ou le jour de votre mort et serviront pour vos obsèques, il y a encore du chemin à faire dans le domaine foncier au Cameroun.

 

 

 

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21. sept.
2013
politique
4

Double scrutin électoral au Cameroun, place à la guerre.

crédit photos: Salma
Crédit photo : Salma

Quand il y a les élections au Cameroun, c’est une période animée. Il y a d’abord le bal des candidats avant l’échéance qui vont ça et là dans des villages pour faire des dons et invitent les médias pour être filmés (cette période de rentrée scolaire était favorable pour toucher le cœur des électeurs en les aidant avec quelques cahiers et nécessaires scolaires). Ensuite, il y a ceux qui se chargent d’être sur la plupart des débats citoyens pour défendre les droits « du peuple » (il leur a fallu attendre d’être candidats pour savoir que nous avons des droits, droit au meilleur). Enfin, il y a ceux qui veulent faire différemment des autres et optent pour la drague par les discours le jour-J.

Le contexte électoral actuel au Cameroun présente un tableau particulier.

Dimanche 15 septembre 2013, Bamenda a été envahie par des motos taximen qui portaient de T-shirt des partis politiques et qui faisaient le tour de la ville dans un vacarme assourdissant. Armés de sifflets pour certains, et saouls pour d’autres, ils étaient au volant de leur moto et distribuaient des tracts.

Le mardi 17, les premières arrestations sont apparues. Le candidat Anicet et ses camarades ont été interpellés puis relâchés. À l’origine de cette arrestation, le candidat et sa suite se seraient livrés à la destruction des affiches d’un candidat du « parti des flammes ».  D’après lui, Albert Dooh Collins n’a pas le droit d’occuper les panneaux publicitaires avec ses affiches car la loi le leur interdit. Anicet accuse Elecam, la  commission électorale camerounaise, de jouer à un double jeu et de supporter le parti au pouvoir et dit avoir été refoulé chaque fois qu’il a voulu se plaindre de cas de fraude. Il aurait même croisé sur son chemin des autorités qui ont déclaré, « tu me vois aller déchirer une affiche du RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) ?

 

crédit photos: Salma
Crédit photo : Salma

Alors même qu’il existe encore des électeurs qui ne sont pas entrés en possession de leur carte d’électeur, Elecam s’est lancée dans une enquête pour élucider un mystère. Un candidat aurait adopté comme outil de campagne, des SMS. Il envoie des SMS aux populations en les invitant à voter pour lui. Les membres d’Elecam en charge de ce volet sont en train de suivre une piste capable de les aider à savoir comment il est entré en possession des numéros de téléphone de ces personnes.

Si les yeux tuaient, je serais morte hier. En me rendant à Commercial Avenue, je suis surprise de constater que la route est barrée. Je paie le taximan et je décide de faire le reste du trajet à pied. Quelques mètres plus loin, je me trouve face à une foule qui entoure un podium habillé aux couleurs du SDF (Social Democratic Front). Ils chantaient en chœur l’hymne du parti, ils distribuaient des tracts, riaient, mais ce qui a attiré mon attention est le fait que, parvenu jusqu’à moi, ils ne me donnaient pas le tract et me fusillaient du regard. J’ai voulu savoir de quoi il était question, et c’est une femme qui m’a fait savoir ce qui se passait, elle me dit : « Si tu veux que je réponde va d’abord enlever ton habit là ».

Je jette un coup d’œil furtif sur mon habit et voilà le traître ! Je portais un vieux  « kaba » fait avec un pagne imprimé de l’image du président. J’étais étonnée. Je veux dire ce vêtement n’avait rien à voir avec l’actualité politique actuelle, mais il ma fait perdre une information. À quelques mètres plus loin, des candidats du RDPC me font l’accolade en me félicitant de choisir « le vrai parti ». Je me tire de là très vite, foutue campagne, et moi qui ne gagne rien là dedans. C’est un vêtement, c’est tout.

Je fais un tour à la maison et je reviens. Les candidats du SDF m’invitent à aller voter, à aller retirer ma carte d’électeur et ils me disent aussi que si je rencontre des difficultés pour la retirer, je peux compter sur leur aide. Bref j’ai eu mes informations. Ils seront là tous les jours jusqu’au 30 septembre 2013 pour battre campagne.

Les électeurs et les motos taximen qui sont dans cette campagne électorale n’ont qu’un seul objectif « gagner ma vie », ils sont unanimes en ce qui concerne les candidats : « Je suis là pour mon intérêt, ils me payent pour ce service que je leur rends » déclare un mototaximan. « Je veux boire, manger et avoir quelque chose dans ma poche qui pourra m’aider à survivre pendant quelques jours de campagne. C’est le seul moment où ces candidats sont un peu généreux, après les élections ils n’ont plus rien à foutre de nos vies. Donc à chacun son intérêt, ce sont des malhonnêtes ».

 

crédit photos: Salma
Crédit photo : Salma

Des électeurs du SDF qui, après un meeting organisé à Foncha Street se discutent l’argent qu’il leur a été donné pour leur participation en tant que groupe de danse. Des électeurs du parti des flammes qui pendant le meeting l’interrompent pour s’arracher des morceaux de pagnes, des morceaux de tissus, des morceaux de pain, morceaux de poulet, de la boisson. C’est quoi ?vous n’avez jamais mangé de poulet ? non, vous n’avez pas de vêtement ? non. Mangez des morceaux de pain, du poulet, boire, prendre un T-shirt, gagner 5000F pour voter et passer 5ans de plus dans la misère, c’est triste.

Bien triste réalité hélas. Déjà un nouveau mouvement est né. Au sein de ce mouvement, des jeunes qui se sont mis ensemble et ont donné une conférence de presse pour sensibiliser la population et lui dire qu’elle doit être présente au vote et même pendant le dépouillement pour que tout se passe dans la légalité, désormais il n’est plus question d’influencer les électeurs qui veulent assister au dépouillement. Vivement qu’arrive ce 30 septembre 2013 et nous saurons ce qui a marché.

 

crédit photos: Salma
Crédit photo : Salma

 

 

 

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19. sept.
2013
société
9

Au Cameroun, il y a aussi Kmerpad

Source: kamerpad
Source: kamerpad

En trouvant un lien qui parlait de cette découverte, j’ai immédiatement été plongée dans mes années au lycée. Je me rappelle quand l’une de nous était la première à avoir ses règles, nous la considérions comme une « vieille fille ». Elle ne pouvait plus jouer comme elle voulait, avec qui elle voulait et même que nous disions que si un garçon la touche, elle tomberait enceinte. Bon il y a toucher et toucher hein, mais bon c’est un autre débat.

Je me souviens la démarche que j’avais le jour où j’ai utilisé ma première serviette hygiénique, hum je vous épargne du spectacle. Il ne fallait pas bouger, il ne fallait pas jouer, sinon « ca va te salir »me disait ma tante. Quoi de plus humiliant que d’obtenir un gros cachet rouge au milieu de sa tenue ? Les garçons nous taquinaient bien en nous demandant « pourquoi les filles aiment attacher le pull autour des reins, etc » et ils éclataient de rire sans même entendre la réponse.

J’avais aussi appris à cette époque qu’il y avait des serviettes lavables et réutilisables, mais vu que je n’aime pas voir ce sang, ni encore moins le toucher, je n’ai pas cherché à savoir  à quoi ressemblait des serviettes lavables.

Ma rencontre avec la responsable du projet Kmerpad se fait de manière fortuite. Ce qui m’a plu ce sont les couleurs gaies de leurs serviettes. J’apprends par son blog que des filles ne vont pas à l’école pendant leur période de menstrues parce qu’elles manquent de moyen pour se procurer un paquet de serviettes hygiéniques jetables. Ces absences répétées ont un impact négatif sur leur scolarité et même sur leur futur car ils arrivent que certaines décrochent totalement de l’école. Bizarre bizarre, car les garçons n’ont pas ce genre de problèmes. Alors le projet Kmerpad est né. Ce sont des serviettes hygiéniques lavables made in Cameroon, tout ceci m’a inspiré des questions pour une interview.

Stock FAM

Combien coûte un Kit de Kmerpad?

Un kit FAM est distribué à 3500fcfa. Il comprend 3 serviettes hygiéniques lavables, 3 inserts, 1 sachet de transport et un guide d’utilisation.

Combien de Kit pensez-vous qu’une jeune peut utiliser durant une année?

Pour un cycle complet et en fonction du flux de l’utilisatrice, nous recommandons d’avoir 2 kits FAM.

En quelle matière sont faites les serviettes et quels sont les tests que vous avez effectués pour savoir qu’il n’y aura aucune réaction d’allergie chez certaines filles?

Toutes les matières utilisées sont en coton.

Il ya une membrane imperméable qui permet d’éviter les fuites mais elle n’est pas en contact avec la peau et un renfort absorbant en coton.

 

Nous avons testés les serviettes entre Février 2012 et Mars 2013 sur 50 jeunes filles et femmes ; l’objectif était d’évaluer la fiabilité, le niveau de confiance et la capacité d’absorption de leur serviette. En règle générale, elles ont toutes appréciées la serviette,  certaines ont ajouté entre 1 et 2 inserts en raison de leur flux.  Aucune des testeuses jusqu’à présent ne s’est plainte d’une irritation rencontrée après l’utilisation d’une serviette FAM

Quelle est la quantité d’absorption des Kmerpad?

La serviette FAM a une épaisseur de 3 mm. Selon le flux journalier de l’utilisatrice, nous conseillons de changer de serviettes toutes les 3 heures ou dès que le besoin s’en ressent.

Y a-t-il différentes serviettes pour différents flux ?

Les serviettes sont standards et  sont modulables en fonction l’intensité du flux en ajoutant 1 ou 2 inserts. Elle se fixe autour de  la culotte grâce à un bouton pression.

Sont-elles faites en différentes matières?

Toute serviette FAM se compose de matière en coton  et de matière imperméable.

Tout insert se compose de matière exclusivement en coton.

Le Cameroun fait face à des problèmes d’eau et il faut les laver pouvez-vous indiquer de manière pratique quelle quantité d’eau faut utiliser pour laver une serviette?

Le Cameroun ne fait pas face à des problèmes d’eau mais à des problèmes de distribution de l’eau. Les pouvoirs publiques font beaucoup des efforts pour résorber ce problème avec des projets comme  un village un point d’eau potable, des forages pour les zones rurales et le centre d’épuration et de distribution d’eau en zone urbaine. Ex: les usines des eaux de NKOLBISSON et de BIYEMASSI pour Yaoundé ; le centre d’épuration d’eau de BATCHENGA… Par ailleurs, l’un des nos membre y a participé. Et même dans les zones les plus arides du pays comme l’extrême-nord où l’eau est accessible.

On recommande d’utiliser un peu d’eau froide pour dégorger le flux imprégné dans la serviette et frotter jusqu’à totale disparition de l’auréole puis de prendre un peu d’eau propre pour finir le lavage avec du savon ou de la lessive et rincer. La quantité d’eau nécessaire au lavage d’un slip sera suffisante. Le fait que l’on puisse la laver avec des détergents, n’avez-vous pas peur des réactions allergiques diverses avec ces détergents si, par manque d’eau, une fille ne la rince pas bien et se retrouve avec des désagréments?

Nous déconseillons totalement l’utilisation de détergents agressifs du type eau de javel pour le lavage des serviettes. Une serviette FAM se lave très bien avec du savon de macabo ou tous types de lessives.

Vous dites qu’il faut la sécher au  soleil, comment faire en tant de pluie avec l’humidité (combien d’heures faut-il pour qu’elle sèche?)

La serviette FAM sèche aussi en période pluvieuse, il faut la suspendre dans une pièce aérée pendant au moins 4h. Et une fois sèche, on peut la repasser à une température de 30°c maximum.

Qu’en est-il du confort, du fait que de nos jours, les spécialistes s’attèlent à fabriquer des serviettes de plus en plus confortables et qui passent inaperçues ?

La serviette FAM est confortable, difficilement détectable et absorbante pour laisser la peau de l’utilisatrice à son aise. Dans notre démarche, nous avons plutôt mis l’accent sur des résultats mesurables auxquels la serviette hygiénique lavable FAM contribue comme de permettre aux jeunes filles scolarisées d’aller à l’école sans pression pendant leur cycle menstruel ou de réduire les déchets causés par l’utilisation de serviettes hygiéniques jetables (soit environ 11000 par femmes dans une vie).

Pourrais-je mettre un Kmerpad avec un pantalon moulant sans que l’on sache que j’ai mes règles?

La serviette FAM est fine, légère et discrète, sous vos vêtements, c’est avec allégresse que vous porterez vos robes, jupes ou legging.

L’interview a été réalisée grâce à la collaboration de Mme Olivia Mvondo, chargé du projet Kmerpad.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

 

 

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12. sept.
2013
elections
15

Le top 10 du dictionnaire politique au Cameroun.

1-« Comme l’a dit »

Une expression qui ne peut manquer dans les discours de nos chères personnalités politiques. C’est à se demander si elles ne peuvent réfléchir par elles-mêmes, sans faire référence à telle ou telle personne. Cette expression est  utilisée soit en début de phrase, soit dans le dernier paragraphe de ce que ces dernières ont à dire. Je pense que ces personnalités sont sans doute notées et évaluées par le nombre de fois où elles utiliseront cette expression durant leur mandat. Après cette expression, vient ce nom inévitable.

2 -« Le chef de l’Etat »

Voilà nous y sommes, il est le seul qui dit tout ce qui est bon, tout ce qui mérite d’être répété comme nous le faisions à l’école maternelle et primaire quand on disait « récitation, le laboureur et ses enfants, etc. » . Ce qu’il dit est vrai un peu quand, durant notre enfance on disait « la maitresse a dit que… »Et c’était la vérité, est ce qu’on discute ce que la maitresse a dit ? Quand une personnalité le dit  à la télévision, j’ai souvent envie de lui demander « d’accord il a dit, mais toi-même tu dis quoi ? ».

3-« Dans son discours de… »

C’est la suite des expressions précédentes, le candidat politique passe en revue les discours du président, les mémorise ainsi que la date et cela lui sert de boussole. En donnant la date de ce discours, il sait qu’il a reçu l’onction de son patron, vu qu’il est assidu, la preuve, il vous donne toutes les références : la date du discours, le prétexte de ce discours, le lieu de prononciation, l’habillement, le parfum et même le décor du jour de ce discours. Il a les preuves de ce qu’il avance, allez dire !

4-« Notre Pays »

Faut bien qu’il nous montre qu’il est patriote, que ce qu’il fait c’est pour le bien du pays. Où ira-t-il vivre, n’est ce pas ce pays qui lui a donné ce poste qu’il occupe aujourd’hui ? Il pille « notre pays », n’investi pas dans « notre pays », ses enfants ne fréquentent pas dans les écoles de « notre pays », ses comptes bancaires se trouvent hors de « notre pays » (on vous connait les camerounais avec vos micro-finances qui ferment tous les jours là) et tout ça c’est pour servir « notre pays ».

5-« Le Cameroun »

Mon cher et beau pays est cité quand on veut vanter ses richesses et justifier la signature de tel ou tel partenariat. Quand on veut le flatter « le Cameroun est un beau pays, hospitalier ». Quand on veut le descendre « le Cameroun est une destination à risque, la preuve on y a enlevé le couple Tangui » (j’en veux encore à Boko Harram pour cette mauvaise pub). « Le Cameroun a avalé sa queue, les Lions indomptables ont perdu face aux Chats malades, etc. ».

6- « Emergent en 2035 »

C’est le dernier né du dictionnaire politique. C’est comme si « émergent » était un nouveau mot dans le dictionnaire. Les personnalités politiques, publiques aussi ne vivent que pour 2035. Parait que cette année là il y aura assez d’eau, assez d’électricité, assez d’air, assez de routes, assez de ponts, assez de nourriture et moins chère. 2035 celui qui n’y sera pas aura tout raté, si la mort veut vous prendre, demander lui d’attendre 2036, le temps pour vous de profiter de ce paradis Emergent.

7- « La jeunesse, le fer de lance de la nation, bla bla bla »

Fatiguée d’entendre ça. Le fer de lance là doit déjà être rouillé et donc la nation mourra car la rouille ronge tout. Toutes les personnalités politiques ont toujours une pensée pour la jeunesse, cette jeunesse qui ne travaille pas alors que la vieillesse occupe les mêmes postes depuis 100ans. Cette jeunesse qui choisit la boisson et les églises comme thérapie pour avoir encore de l’espoir. Vous savez les églises et la boisson ont ceci en commun qu’ils nous font perdre la tête. À  l’église on a des messages d’espoir « mon frère, mon petit, dieu a un plan pour toi crois seulement ». Au Bar, après quelques bouteilles, il est difficile de se demander « pourquoi je ne travaille pas alors que je suis qualifié ? »Vos soucis se noient avec le liquide que vous buvez. Narcisse Nkouokam l’a dit « vos soucis ont appris à nager », comprenez le ou ignore le, mais c’est vrai car après avoir bu, les soucis reviennent au galop et en plus, il faut trouver de l’argent pour soigner les maux de tête.

8-« La feuille de route »

Je me demande si elles en ont vraiment une en politique. Parce qu’avec tout ce qui se passe une fois qu’elles prennent les commandes, il y a de quoi se poser ce genre de question. La seule feuille de route que l’on connait est celle du Président, qu’il donne lors des différents discours. La feuille de route de la jeunesse c’est le 10 février à 20h, celle du pays c’est le 19mai à 20 heures sur notre petit écran. Les autres personnalités politiques trient le volet qui les concerne dans cette feuille de route présidentielle et nous  saoulent avec pendant leur mandat.

9-« volet social »

Avec les élections municipales et législatives qui approchent c’est grave. Chaque candidat a un « volet social »pour les populations. Il veut aider le chef de l’état et les populations (qui sont les potentiels votants bien sur) à améliorer leur quotidien. Dommage que ce « volet social » ne soit abordé que lorsqu’il y a des élections et que c’est toujours « social » d’inviter les populations à aller voter pour tel ou tel candidat.

10-« Dans sa vision »

La plupart des personnalités tentent bien que mal d’interpréter et d’avoir la même vision que le président de la république. S’il voit mal, toutes verront mal. Mais puisqu’il a toujours de bonnes intentions pour le Cameroun, sa vision compte et il ne vous est pas permis de voir autre chose. Compris ?

Politiquement votre !

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10. sept.
2013
société
10

Au Cameroun, on choisit l’argent

Une chose étrange à laquelle j’assiste depuis plusieurs mois. On dirait que je suis encore à Dakar avec mes pièces de monnaies avec lesquelles je ne peux  rien acheter.

Cette scène je l’ai vécue quelques fois en étant à Yaoundé. Une commerçante à qui vous tendez d l’argent et qui refuse de le prendre. Et oui, avec cela je me dis qu’il y a un genre d’argent que l’on privilégie au détriment d’un autre.

Quand la BEAC avait sorti les nouvelles pièces de monnaie, fallait voir comment les camerounais étaient contents. Cela nous changeait un peu des anciennes pièces de monnaie. Désormais on avait des pièces qui allaient de 1f, 2f, 5f, 10f, 25f, 50f, 100f et 500F. De nombreuses personnes se sont alignées aux portes de cette institution bancaire pour avoir ces nouvelles pièces et bien sur « crâner au quartier ».

Les agents des banques les distribuaient à souhait au départ, puis elles étaient devenues rares. Il est vrai que quand vous avez besoin de petite monnaie, des pièces de 500F pour un montant de 10000F ça vous aide, mais c’est très lourd et pénible. Les pompistes se font une joie de vous infliger cette punition lorsque vous sollicitez leur aide.

Crédit photos: Salma
Crédit photos: Salma

J’ai cru me trouver dans un rêve quand, à Bamenda, voulant faire des achats au marché, les commerçantes refusent les pièces de monnaie de 1, 2, 5 et 10Fcfa. Elles vous disent « on ne prend pas l’argent là », et je demande « pourquoi ? » et elles répondent « on ne prend pas ce n’est pas l’argent il faut chercher 25, 50 ou 100fcfa ». J’ai failli piquer une crise cardiaque et me demander si « les gens de la BEAC nous ont trompé avec ces pièces de monnaie et si elles sont devenues un ornement ? ».

L’argent se gagne durement et je me rappelle comment 5f, 10f ou 25 faisait notre joie à l’école primaire et aujourd’hui, ils ne valent plus rien. Avoir de l’argent et ne pas pouvoir acheter quelque chose avec ? J’ai bien envie de demander à ces commerçants « est ce que c’est moi qui fabrique l’argent et à quoi voulez-vous que cela serve si ce n’est pour faire les achats ? ».

Que vais-je faire de toutes ses pièces que j’ai collectionné en pensant qu’elles me dépanneraient un jour ?faut qu’ils revoient cette loi dans les marchés parce qu’en vous rendant dans les banques ou des agences de transfert d’argent, quand vous avez un montant de 2700 par exemple, il n’est pas rare de recevoir  2500F en billet et 200F en 20 pièces de 10F. Comment dire à la caissière qui vous les donne, est derrière une vitre et à l’air très fâchée que, dehors on ne prend pas les 10F ?

J’ai reçu quelques conseils comme quoi les pièces de 1f et 2f sont très prisées chez les bijoutiers, parait que cela fait de beaux bijoux, c’est aussi une bonne forme sous laquelle on peut garder son argent, en tout cas je verrais. Mais pour les pièces de 5 et 10F avez-vous une idée ?

crédit photos: Salma
crédit photos: Salma

 

 

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03. sept.
2013
société
3

Paris à 6000F

Une destination si lointaine avec un prix aussi abordable c’est bizarre non ?en tout cas j’ai découvert qu’il était possible d’aller dans cette capitale, à ce prix dans les écoles primaires.

crédit photos: salma amadore
crédit photos: salma amadore

Nous sommes en pleine période de rentrée scolaire et c’est bien sur le rituel des inscriptions et achats dans les marchés et différentes librairies. Bien avant septembre, le calvaire commence moralement pour les parents une fois le départ pour les vacances prononcé. C’est dans le but de joindre les deux bouts que la plupart des parents ont recourt à l’aide de leurs enfants dans le commerce (vous direz non au travail des enfants mais la réalité est toute autre). L’année scolaire au Cameroun soulève de nombreux problèmes :

La recherche du meilleur établissement

Chaque parent, du moins, la majorité des parents est à la recherche du  meilleur établissement pour leur progéniture. Un établissement qui dispose de tout le confort nécessaire au bien –être de leur enfant et ce quelque soit le prix. Il existe aussi des parents pour qui le critère de qualité d’éducation est le dernier souci. Pour eux, ce qui compte c’est que l’enfant fréquente et que ce soit moins cher, peu importe ce qui s’y passe.

Les établissements qui sont à la recherche de nouveaux élèves l’ont compris et mettent les moyens en jeu pour attirer le maximum de parents. On assiste alors à une avalanche de publicités qui brandissent haut et fort le taux de réussite aux derniers examens. Moi j’appelle cela « l’opération 100% de réussite ». Je me rends compte que bon nombre d’établissements ont 100 ou 90% de taux de réussite et on se demande pourquoi avec ça, on trouve des redoublants dans ces classes s’il y a eu 100% de réussite ?

Des établissements construis en matériaux provisoires, parfois non peints, situés dans une zone enclavée, difficile d’accès (si bien qu’en s’y rendant votre enfant joue tous les jour avec la mort)et des enseignants qui sont des membres d’une même famille et dont les diplômes sont douteux. Bon je m’arrête là.

crédit photo:Salma Amadore
crédit photo:Salma Amadore

L’APE (association des parents d’élèves)

La grande escroquerie des établissements de nos jours. Quand j’étais sur les bancs, et aujourd’hui encore, je n’arrive toujours pas à savoir quelle est son utilité. Non seulement, les présidents de ces associations ne sont présents que lorsqu’il faut collecter de l’argent, mais aussi on ne comprend pas pourquoi le prix varie d’un établissement à un autre. 10000F dans un établissement quelconque et 5000F ailleurs. De 1000F à 5000F dans les écoles primaires. Je me souviens que les réunions de parents d’élèves qui étaient organisées dans mon établissement, par cette association portait la majeure partie du temps, sur une demande de contribution pour telle ou telle cause et dieu seul sait si les fonds collectés arrivaient à bon port et servaient réellement les intérêts de l’établissement. L’APE a crée plus de désaccord que d’entente.

Les déplacements et fêtes imprévues et forcées.

Pourquoi les établissements n’arrivent pas à donner un prix global et définitif pour tous les besoins des élèves durant l’année scolaire ? Vous êtes un parent et vous vous dites libéré des surprises en cours d’année après avoir payer totalement la pension de votre enfant ? Détrompez-vous car vous mettrez toujours la main dans la poche pour payer ceci ou cela. Une école promet à ces élèves qu’ils iront à Paris s’ils contribuent 6000F chacun et vous n’avez plus la paix à la maison. L’enfant vous harcèle, faut payer « je veux aller à Paris », « la maitresse a dit qu’on ira à Paris ». Et vous vous dites intérieurement « si cela était possible mon enfant, je ne serais plus ici et de nombreux camerounais ne braveraient pas tant de difficultés pour y aller ». Pour retrouvez votre sommeil et la paix vous payer les 6000f et du retour de «  Paris », vous apprenez que votre enfant est allé à l’aéroport, a visité un vieil  avion cloué au sol tellement il menaçait de nombreuses vies, a bu, mangé et cela a couté 6000F. À cela s’ajoutent les fêtes (arbre de noël, sortie d’école, etc.), les excursions au Parc de ceci, au théâtre du chocolat par là, et on est obligé de coopérer sinon vous n’aller plus respirer c’est le perroquet que vous voulez voir chez vous ?essayez cela une fois et votre enfant deviendra cet oiseau.

crédit photo: salma amadore
crédit photo: salma amadore

Des restaurants pour les enseignants.

Les enseignants de la maternelle sont devenus des personnes que les parents craignent. Quand un enfant est à la maternelle, il n’est pas rare de constater que l’enseignant mange ou partage son goûter avec lui. Pour résoudre ce problème, des parents s’arrangent à mettre deux goûters dans le sac de leur enfant en lui indiquant lequel appartient à l’enseignant. Une sorte de contrat qui permet à votre enfant d’avoir droit à un peu d’attention et ne pas se faire brimer.

Au primaire et au secondaire lors des cours de science naturelle sur la reproduction des poules, les enseignants peuvent exiger de chaque élève un œuf, à la fin du cours, il rapporte les œufs chez lui (environ quatre avéoles). Un autre cas flagrant est celui des professeurs d’économie sociale et familiale qui, lors des cours de cuisine, invitent leur amis pour la dégustation, exigent des entrées, desserts et des boissons, ainsi que d’autres portions qui seront rapportées chez eux.

À  cela faudra ajouter le fait qu’il faut négocier avec les chefs d’établissement pour faire admettre votre enfant s’il a été renvoyé pour divers motif ou s’il ne peut tripler. Faudra acheter des bancs, des sacs de ciment, fabriquer de faux bulletins de notes, tout ceci pour que votre enfant puisse fréquenter. Même s’il prend les cours debout ce n’est pas grave, si les professeurs sont absents ce n’est pas grave, s’il faut offrir des rames de papiers pour faire des épreuves en cours d’année scolaire, ce n’est pas grave. S’il n’y a pas des toilettes, pas d’eau, pas de craie, ni d’ordinateur (même si un cours d’informatique est prévu), si les effectifs sont pléthorique ce n’est pas grave, pourvu qu’il fréquente.

Bonne rentrée à tous

 

 

 

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26. août
2013
culture
2

Bollywood : 100ans de stars inoubliables, de films cultes et d’histoires d’amour

Comment faire pour laisser une histoire pareille passée inaperçue. Le cinéma Hindou a 100 ans. Un siècle de production pour cette usine de stars.

naguin
naguin

Le déclic avec le film « Raja »

C’est le  3 mai 1913 que « Raja Harishchandra », un long-métrage muet en noir et blanc a marqué les débuts du 7e art sur  ce continent. 50minutes qui ont permis d’écrire de belles pages dans l’art cinématographique.par la suite, une série d’inspirations ont été mises en scène en améliorant chaque fois les technologies et les prestations.

L’Inde au Cameroun : la colonisation par le cinéma.

Dans mon pays, ce sont les trois régions de l’Extrême-nord, le Nord et de l’Adamoua qui en font la promotion. Les populations qui en sont issues et qui doivent se déplacer pour les capitales que sont Douala et Yaoundé, trainent leur CD avec eux. Une véritable richesse pour les vendeurs de Cd qui proposent ces films aux « Aladjis » à des sommes faramineuses.

Les populations du septentrion s’identifient à ce peuple à cause de la manière dont ils sont vêtus avec des pagnes. Les pagnes des acteurs et des personnages présents dans les films Hindous sont dignes des contes  de fées avec leurs couleurs affriolantes et des bijoux étincelants. De  nos jours, quand on écoute les sketches de Safaria où il imite de façon comique les chansons à succès de ces films, cela évoque de la nostalgie.

Sur la plupart des chaines de télévision, l’inde est belle et bien présente par les films, mais surtout par les séries. Des séries telle que Shree diffusée sur la télévision nationale a fait grimper le nombre de téléspectateurs, si bien que d’autres chaines ont été touchées par la beauté Hindoue.

Mithun_Chakraborty
Mithun_Chakraborty

Des films cultes inoubliables

Dans cette catégorie apparait en bonne place le film « NAGIN », hé oui le couple de serpents qu’y incarnent Jeetandra et Reena Roy est le film qui a le plus marqué les camerounais fans de films Hindous. Naguin relate l’histoire de deux amoureux issus d’une tribu qui a la capacité de se transformer en serpent. Son bien-aimé est tué et Naguin décide de se venger. Un film qui, en mêlant à cette histoire d’amour hors du commun, un espace de vengeance, vous scotche dans votre fauteuil. Le serpent cet animal bien choisi pour incarner à la fois la beauté de l’actrice et le danger qu’encourent ses victimes. Je ne me rappelle plus combien de fois j’ai du payer 50F dans les ciné-clubs pour voir et revoir ce film.

Ensuite place à «Disco Dancer »  l’acteur Mithun Chakraborty, plus  connu sous le nom de « Jimmy » est l’acteur principal et relate l’histoire d’un jeune garçon musicien devenu superstar. Il va être victime de jalousie et perdre sa maman, en perte d’inspiration, il trouvera le moyen de remettre de l’ordre dans sa vie. La chanson  mythique « i am a disco dancer » est bien présente chez les cinéphiles. D’autres films suivront et connaitront aussi du succès.

amitabh Bachchan
amitabh Bachchan

Des stars très adulées.

Celui qui continue à réunir l’ancienne et la nouvelle génération sur son talent et le favori des stars Hindoues est plus connu sous le nom d’Antony, Amitab Bachchan, puisqu’il s’agit de lui n’est plus à présenter il a joué plus de 200 films à succès, d’ailleurs il est tellement bon qu’il joue encore malgré son âge. « Amar, Akbar, Antony, Khabi Khabi, Baghban, Trishul, Laawaris, Naseeb, etc » sont tant de films à succès où il avait le rôle principal. Il est comme un petit dieu car après un malaise lors d’un tournage, les autorités ont décrété 3 jours de prières pour le recouvrement de sa santé. Son investissement dans les causes sociales fait de lui une figure emblématique de l’Inde au même titre que Nelson Mandela en Afrique du Sud.

Chez les Femmes, c’est la star Sridevi qui a occupé le box office pendant plus d’une décennie avec une interprétation d’une autre version du film « Naguina » où elle incarne la femme serpent. Elle a fait un comeback au petit écran pour le film « English-Vinglish » qui lui a valu de nombreux trophées dans la catégorie « meilleur comeback ».

sharuk khan
sharuk khan

De l’amour au menu de la plupart des films

Les films hindous ont du succès pour leur histoire d’amour. À l’opposé du cinéma américain et européen, le cinéma Hindou prône l’amour. Les films hindous sont faits à 60% d’émotion, de pardon, de joie, de bonheur. Les hommes n’ont pas peur de chanter leur amour, les relations entre les deux sexes restent implicites, respectueuses, jamais de nudité et de scène de sexe comme à Hollywood. Bien loin des idées reçues, les films d’amour de Bollywood prouvent que la pudeur paye, pas besoin de l’interdire aux enfants. La majorité des gestes sont subtiles et vous tiennent en haleine.

Des films qui présentent une société encore très encrée dans ses traditions mettant la famille et le respect au centre de toute réussite.

Abhishek-Bachchan-Aishwarya-Rai-Bachchan-Kuch-Naa-Kaho
Abhishek-Bachchan-Aishwarya-Rai-Bachchan-Kuch-Naa-Kaho

Une nouvelle génération qui écrit le cinéma à « sa manière ».

Les films « Kuch na kaho », «  Kal ho naa Hoo », « Kuch to hua hai » font partis des nouvelles productions en matière de cinéma Hindou. Avec ça, de nouveaux acteurs ont fait leur apparition, Sha Ruk Khan, Abishek Bachchan, Kareena Kapoor, kajol, Aishwarya rai font partis de ceux là. Modernisation oblige, dans les nouveaux films, les femmes se dénudent un peu plus, ont des tenues plus extravagantes, ont peu même remarqué des acteurs d’autres continents dans les films Hindous. Les acteurs Hindous se sont déportés vers d’autres pays qui font dans le 7ème art et désormais il est devenu habituel de voir  des villes comme Londres, Los Angeles dans ces films. De l’action il y en a aussi et à une bonne dose j’ai pu regarder Don2, Bluf master,Krrish, My name is Khan et côté action on est bien servi. Une nouvelle génération faite d’enfants de star (Abishek, Kareena Kapoor, etc) et de ceux qui ont brillé par leur talent (Sha Ruk Khan, Aishwarya, etc.)

De nouvelles histoires d’amour qui ne s’écrivent plus seulement au cinéma, mais aussi dans la vie réelle. Voici quelques couples d’acteurs connus en inde: Kareena Kapoor et Saif Ali Khan, Aishwarya Rai et Abhishek Bachchan, Kajol et Ajay Devgan, Sharuk Khan et Gauri Khan, etc.

Le cinéma Hindou est bel et bien présent au-delà du cinéma, c’est toute une école car auparavant nous étions vraiment comme des chiens devant la télé avec ces films. Nous ne comprenions rien à ce que les acteurs se disaient mais en suivant le film du début à la fin on savait de quoi il s’agissait. Vous ne pouvez pas sortir d’un film Hindou sans retenir les mots « Zindégui, Djayégua, Bol’oh, etc ». Tenez  j’ai quelques mots Hindi dans mon langage : Kia ou wa ?veut dire Que se passe t-il ?, Namasté c’est la salutation et Batchaho c’est pour dire demander du secours, c’est bien non !

L’inde reste l’une des industries les plus puissantes en matière de cinéma, elle produit plus de 1000 films par an et en 2012 elle en a produit près de 1500. Des films à revoir encore et encore sans modération, vous ne serez pas déçus et en plus ces films sont sous-titrés de nos jours, c’est Bombay à portée de mains.

Sridevi
Sridevi

 

 

 

 

 

 

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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