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Le Monde sous la plume de Salma
Article : «Qui détient les clés ? »
culture
8
7 avril 2013

«Qui détient les clés ? »

C’est une histoire qui commence par la réception d’un mail qui avait pour titre « Formation à Dakar ». Tu cliques dessus avec précipitation. Tu lis et tu ne retiens que deux phrases : « vous avez été retenu » et « Dakar, du 4 au 15 avril 2013.Puis une série d’emails suit où tu dois confirmer des dates, donner ton nom complet, imprimer des documents, te faire vacciner, confirmer ceci, te présenter là bas, bref un vrai tourbillon. Et puis tu ne te rends pas compte de ce qui t’arrives jusqu’à ce que tu prennes l’avion à l’aéroport internationale de Nsimalen, à destination de Douala.

À l’aéroport tu rencontre deux gars  dont l’un aimant « les lianes » comme il n’est pas permis et l’autre est « un journaliste presqu’engagé » et là tu sens que ta journée sera surprenante. Tu n’as pas fini d’y penser que déjà ils te font marrer avec une histoire de « vol organisé avec cette histoire de timbre pour se déplacer à l’intérieur de mon pays ».

A: Salma

Direction Douala avec un atterrissage secoué de ce pilote de la Camair-co. On le ressent tout de suite : nous sommes à Douala. La chaleur nous accueille et adieu le maquillage qui fond sous la sueur. Après avoir récupéré les valises, il faut retrouver le Panda et ne connaissant rien à cette ville, je m’appuie sur Florian pour me servir de guide. Il nous a fallu dix minutes pour voir enfin arriver ce célèbre « Jackson ». Heureusement après nous avoir fait attendre, une fois chez lui, nous avons pu sourire. Sa maman, une mondoblogueuse aussi par la lecture, nous a accueilli. Regardez ce que je veux dire.

repas de la maman de Jackson

Puis vient le moment de se rendre à l’aéroport et là viennent nous rejoindre « une passionnée de journalisme » et une fille qui revendique ses « 1m50 » avec rage. Avec ce beau monde l’attente n’a pas été longue pour prendre l’avion qui nous emmène chez Youssou N’dour. Et là je repense à ses titres « 7 seconds » et le fait qu’il soit devenu ministre et inaccessible maintenant qu’il occupe ces fonctions.Bref j’ai du attendre 7 heures dans l’avion pour voir ce pays et j’ai eu le froid pour comité d’accueil. Fini les puces Mtn, mon téléphone affiche « aucun service » et je n’ai qu’une envie : rejoindre l’Auberge espace Thialy. Là nous attendent « les papas » des « grands frères » que nous sommes devenus avec l’arrivée de la saison 2, Ziad Maalouf et Simon Decreuze. À leurs côtés d’autres Mondoblogueurs  dont je ne peux retenir tous les noms tellement ils sont nombreux. Ambiance conviviale et on se taquine surtout avec le nouveaux look de Ziad. Bref les Mondoblogueurs ont quitté Madagascar, la Mauritanie, la Guinée, la Côte d’ivoire, la Mali, Berlin, Paris, etc. Tous pour rejoindre une seule et même île : Mondoblog.

A: Salma

A: Salma

Il a fallu se coucher vers deux heures du matin et se réveiller très tôt et déjà une question est à la mode durant ce séjour. Vu que nous partageons des chambres, il ne se passe pas une heure sans que l’on entende « qui détient les clés? » ou « tu sais qui détient les clés? ». Bienvenue la cohabitation et tout ce que cela comporte comme surprise.  Une idée géniale car avec cela, on sera bien obligé d’être toujours ensemble, en trio ou en duo, et de savoir toujours où se trouve l’autre et du coup personne ne peut se perdre.

Déjà je fais face aux tracasseries que la conversion des monnaies impose quand on change de pays. Mais déjà j’ai passé une interview sur l’utilisation du viagra, sucer des glaces et saluer en Wolof « Nangadef ». L’aventure ne fait que commencer.

Bisou de Dakar!

 

 

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Article : Les taximen sont des prisonniers
culture
3
1 avril 2013

Les taximen sont des prisonniers

A: Salma

Être taximan ce n’est pas facile de nos jours au Cameroun comme tous les autres métiers d’ailleurs. Vu ce qui se passe en une journée si vous êtes auprès d’un taximan, vous serez traumatisés. Les mange-mil* à tous les carrefours qui vous inventent des motifs pour vous soutirer de l’argent, un mécanicien qui enlève une pièce sur votre véhicule et vous le revend le double du prix, des feux de signalisation qui ne marchent  et qui vous imposent de jouer avec vos nerfs pour choisir le bon moment de se frayer un chemin, et sous un soleil ardent, les klaxons et les embouteillages.

S’il est vrai que ce métier est difficile, il est aussi vrai qu’il ne l’est pas plus que les autres métiers. Je veux dire que chacun selon sa profession a son degré de stress. Hé bien les chers taximen en ce qui concerne la majorité ne sont pas des gens très gentils. Parfois, vous entrez dans son véhicule en le saluant, non seulement il ne répond pas mais quelques fois il démarre alors que vous avez encore un pied dehors et il vous lance « fais vite non, tu fais quoi comme une femme comme ça » (quand c’est un homme), lorsque c’est une femme il vous lance « pardon laisse-moi tes bonjours là et ferme ma portière les mbérés (policiers) peuvent me prendre ici là».

Une fois  assis vous avez droit à plusieurs scenarii. Toutes les portières n’ont pas de remontoir ( et même si la voiture est automatique, les boutons pour le faire sont gâtés) et il vous faut demander cela au taximan qui vous répondra selon ses humeurs « c’est gâté » ou encore « on a enlevé cela car les clients dérangent surtout les femmes l’une monte dans la voiture et veut baisser la vitre, la suivante monte et veut la monter pour protéger sa coiffure ». S’il est gentil, il baisse un peu la vitre, sinon vous devrez mourir de chaleur « est ce qu’il vous a envoyé vous habiller comme ça ? ».

Des fois quand vous monter dans un taxi très tôt le matin, vous êtes surs à 90% de sortir de là avec un vêtement tâché car il vous dira « je viens de sortir j’étais à la laverie et ça n’a pas bien séché ». Sans s’excuser et même s’il le fait votre habit est déjà coloré. Certains quand vous êtes dans leur taxi vous mettent de la musique et les baffles sont installés sous vos oreilles, quand vous lui demander de baisser le volume il le fait à son temps voulu et juste un peu « si tu n’es pas content tu me paye et tu descends ou alors tu paye ta voiture ». Même si vous recevez un appel, c’est à peine s’ils pensent à réduire ce volume.

Les uns sont des champions de la surcharge et pas n’importe laquelle. Imaginez-vous un taximan qui a une voiture de marque Starlet et ne prend que des clients qui sont très gros, même si vous êtes assis derrière, cette voiture ne conviendra plus à trois personnes (et les  africaines sont cambrées). Aussi, s’il ne choisit pas de vous imposer le poids de ses clients, il vous fera ne plus aimer le siège avant. Une fois que vous entrez il vous signale « je vais surcharger hein ». S’il voit que vous vous entêtez, il choisit un passager très sale (un mécanicien, couvert d’huile de moteur, un basketteur qui rentre du sport et est couvert de sueur, ou une bayam-sellam avec sa tenue de combat), ce dernier entre en vous bousculant d’abord, vous regardez vos habits et vous avez pitié. Il se frotte à vous et les salit avec joie. Il peut aussi être propre hein mais une fois auprès de vous, il passe son bras sur vos épaules et à vous les odeurs que dégagent ses aisselles et leur sueur (le taximan sifflote et conduit, il n’a pas de problème, est ce que c’est lui qu’on serre ?). Quand ce n’est pas ça vous vous faites caresser par un cafard qui s’est infiltré sous vos vêtements.

A: Salma

A Bamenda la plupart des taximen n’ont pas de badge d’identification, et quand bien même ils l’ont, soit ils tournent la partie où figure les informations sur lui du côté du pare-brise, soit il y a du scotch et à vous de deviner la fin de son nom. J’en ai connu qui étaient des champions de fausses pièces de 500fcfa. Ils collectionnaient ces pièces et quand il fallait rembourser de l’argent à un client, il glissait une ou deux fausse pièces dans la somme à rembourser et s’en allait. La plupart ne garent jamais les véhicules à l’heure convenue avec les propriétaires. Ils excellent dans l’invention des pannes et des raisons pour ne pas verser toute la recette « il faut quand même que je prenne Une après le boulot ».

Ne lui dites jamais que vous êtes pressés, si vous avez proposé 100F il dira « si tu étais pressé tu n’avais qu’à payer une course », si vous avez bien payé, il vous dira toujours « est ce que c’est moi qui fait les routes ou qui crée les embouteillages ? ». Et quand ce ne sont pas les embouteillages, vous avez un bonhomme qui s’arrête brusquement et se met à causer avec une de ses connaissances pendant des minutes sans se gêner de votre présence. Quand il finit sa causerie, il est à nouveau disposé à vous mener à votre destination (qu’il vous demandera à coup sur de répéter tellement ses causeries l’ont emporté). Avec ça, que pensez-vous qu’il faut faire d’eux ?

*policiers

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Article : Les camerounais sont enceintes et fiers de l’être
culture
13
24 mars 2013

Les camerounais sont enceintes et fiers de l’être

C’est quand même bizarre de voir comment les hommes sont devenus de nos jours. Durant mon adolescence et même de nos jours, je suis toujours séduite (et plusieurs femmes d’ailleurs) par des plaquettes de chocolat bien fermes que les mannequins ou les acteurs nous présentent. Je ne peux compter le nombre de parution auxquelles je me suis abonnée seulement pour avoir ce genre de poster dans ma chambre, mon cahier.

Aujourd’hui avec les téléphones c’est aussi facile de regarder ce genre de chose en toute discrétion (un peu comme le font les hommes avec les revues classées X). Habituée à cela et aussi au fait que j’ai grandi avec un oncle qui aimait prendre soin de lui et surtout fréquenter les salles de fitness, c’était mon profile type d’hommes. Oh quel bonheur un mec grand, costaud qui me laisserait me coucher sur son torse et caresser ses plaquettes, si ça ce n’est pas le paradis alors c’est quoi ?

En grandissant je suis parvenue à une autre réalité, les camerounais adorent avoir les plaquettes, mais seulement celles qui sont fondues. Ah oui parce qu’on a beau augmenter le prix de l’alcool, ils auront toujours de l’argent pour la consommer. La société  camerounaise attribue aux minces personnes, une connotation négative, c’est un synonyme de souffrance, de maladie (et vous savez laquelle), de malnutrition, de faiblesse. Par exemple on s’attend à ce que quand un camerounais se marie et qu’il était mince avant, qu’il ait des joues quelques mois plus tard. Certains camerounais pensent que le respect s’acquiert avec une forte corpulence.

A: Salma

Ceci a poussé certains à devenir obèse. Il n’y a  qu’à regarder certains artistes c’est grave.Vous verrez que quand vous dites à un camerounais « tu es bien nourri » il est content. Vous lui dites «  tu es gros » il vous répond « pas plus que… ». Vous lui dites « ton ventre sort hein » il dit « c’est le ventre des responsables ». Ce qui est bizarre est qu’ils ne prennent le poids qu’à un endroit : le ventre. Le camerounais ne se rendra compte de son obésité que s’il n’arrive plus à nouer ses lacets sans s’incliner, ou encore lorsque cela a un effet néfaste sur sa libido. Là les jours qui suivront vous l’entendrez demander « il n’y a pas un club de sport ici ? ».

Et là encore c’est la catastrophe car il rejoint le groupe du quartier et dans ce club qu’on appelle «  2 zéro », on boit plus qu’on ne pratique le sport. Les membres de ce club peuvent se retrouver le samedi et dimanche. Après 1 ou deux heures d’exercice, ils vont récupérer au bar et là ils font une compétition de plus de 6h : boire. Avec ça vous comprendrez pourquoi ni les publicités sur les machines de sport ou les crèmes amincissantes miracles, ni les clubs de fitness n’ont la côte chez nous. ici, on aime les hommes avec leurs rondeurs parait-il.

C’est à se demander à quoi servent ces séances de sport ? Il ne voudra pas aussi perdre beaucoup de poids, sinon il sera soupçonné d’être malade. En tout cas comme la levure chimique nous sert à lever nos pâtisseries, la levure de bière elle, leur sert à lever leur ventre.  Une sorte de grossesse qui n’arrive jamais à terme.

L’autre chose est la nourriture. Chez les populations de l’Ouest du pays, les nourritures sont faites avec beaucoup d’huile. Ce sont le Koki, le Pilé, la Banane malaxée. Bref les  camerounais sont aussi gourmands, par exemple au marché ou dans les restaurants, vous les verrez insister lorsqu’il s’agit du Eru ou du Haricot « ajoute l’huile c’est quoi ? tu économises ça ? ». Au petit déjeuner,  il est facile de voir un gars se servir le menu suivant : du pain accompagné du beurre, du haricot, du lait, l’avocat et des pattes dans le même plat.

Et après de tels repas, il ne fourni aucun effort, il ne veut pas monter les escaliers car il y a l’ascenseur, il ne marche pas il prend le taxi même pour  50m de distance à parcourir. Et puis il lui faut changer sa garde robe, il ne porte que des hauts amples et n’aime plus les vêtements prêts du corps parce qu’avec un bouton sur la veste, son ventre sera encore bien mis en exergue. Donc du coup il déteste.

Il parait que les camerounaises aiment ça la plupart me disent que « quand ils sont gros comme  ça, ils ont une peau douce comme celle d’un bébé et puis pour les satisfaire, il ne faut pas beaucoup d’effort. Suffit de caresser leur ventre le tour est joué  et ils s’endorment ». Alors je voudrais savoir si pour vous le poids représente le respect ?pouvez vous respecter quelqu’un ou avoir peur de lui juste parce qu’il est corpulent ?

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Article : Mes jours en enfer
société
12
15 mars 2013

Mes jours en enfer

A: Salma

Les africains refusent la modernité hein, y a qu’à voir comment ils refusent de payer leur facture par le téléphone et préfèrent s’aligner durant des heures. Bref ce n’est pas cela qui m’intéresse.

Bon je vous explique ! Après avoir accouché je me suis retrouvée face à un dilemme, la modernité ou la tradition ? Et j’avoue qu’après ce que j’ai vécu, l’enfer ne m’effraie plus. Le jour de mon accouchement je me retrouve en compagnie de ma famille, vous savez les naissances ont ceci qu’elles rassemblent un peu tout le monde pour voir le nouveau-né.

Nous alignons commentaire sur commentaires jusqu’à ce qu’une personne sorte la question qui tue : « qui vas te masser le ventre ? » Ce genre de question vos parvient comme si vous étiez dans un sommeil et que vous vous réveillés brusquement. Je demande « pardon ! ». Et on me pose à nouveau la même question. Et là ils m’ont sorti les plus belles argumentations de ma vie. « Tu pense que c’est la blague hein, si on ne te masse pas tu auras un gros ventre », « tu seras malade, tu sais qu’il y a un palu là qui menace quand une femme vient d’accoucher et peut même la tuer,c’est pour éviter cela », « c’est pour faire sortir tout le mauvais sang car ça peut te rendre stérile », « les femmes font ça depuis dons c’est une bonne chose, il ne faut pas blaguer avec ».

Je suis restée bouche-bée, j’ai voulu leur expliquer que parmi les médicaments que le docteur m’avait prescrit, il y avait certains pour cela. Ils n’ont rien voulu entendre. Quand mon père est entré dans les arguments, j’ai cédé. J’ai posé la question « on va me masser combien de jours ? ». Ma tante me répond « un mois, avec de l’eau chaude » et là mes intestins se sont serrée car ce n’est pas de l’eau chaude dont on se sert, mais plutôt bouillante et une serviette (parait qu’avant c’était avec un balaie).

Je ne peux décrire la douleur de ce massage car non seulement la personne qui doit vous masser n’arrive pas à tenir la serviette tellement elle est chaude, mais vous imaginez l’effet sur un ventre fragile qui vient d’être étirer pendant neuf mois par un bébé ? Il fallait le faire deux fois matin et soir et puis boire des boissons chaudes toujours pour faire sortir le sang. Heureusement le deuxième jour, Dieu a exaucé mes prières. En me réveillant ce matin là je me rends compte une fois devant le miroir que des boutons ont envahis mon ventre. Ils sont blancs et sont partout. Je le montre à ma masseuse qui se décourage de me masser ce jour là.

À l’hôpital, c’est en conversation privée avec mon docteur que je lui ai expliqué la situation. Pour m’aider il a appelé ma tante et lui a demandé de ne rien me donner de chaud et surtout de ne pas me laver avec de l’eau chaude. À la maison, c’est elle qui s’est chargée d’annoncer la nouvelle à mes bourreaux et ce n’est que comme ça que j’y ai échappé.

Un jour sur le net je me suis rendue compte que tout comme le repassage des seins, cette pratique est dangereuse et interdite. Elle est à l’origine des cancers et des complications intestines chez la femme et parfois même des décès. Et je me suis dis « donc j’ai failli mourir à cause de la tradition ? ». Plus  de massage après les accouchements ça c’est ma ferme résolution et je sais qu’un grand combat m’attend.

Est-ce que chez vous après l’accouchement on fait aussi des massages et que vous dit-on de leurs vertus sur vous ?

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Article : Une histoire de pagne et de femme
société
6
5 mars 2013

Une histoire de pagne et de femme

Et c’est reparti ! Il va encore falloir assister à toutes les tracasseries que nous cause la célébration  de cette journée internationale de la Femme ce 8 mars au Cameroun. Tout d’abord, la marche à pied qui sera à la mode ce jour là quand on va nous barrer les routes, ensuite tous les services et administrations qui seront vides parce qu’elles iront défiler. Vu que la plupart sont des secrétaires, faudra pas compter trouver l’une d’elles si vous avez un dossier à déposer ou à retirer:  il n’y aura personne.

Je me rappelle de ce 13 février où, ayant décidé de porter ce pagne un autre jour que le 8, je me suis rendue au marché avec mon Kaba. À mon passage devant un vendeur à la criée celui-ci me dit: « ma chérie, donc depuis le 8 mars là tu n’es pas arrivée  à la maison pour te changer ? ». Et là vous imaginez la suite : bye bye le pagne du 8 mars, le divorce a été prononcé.

Déjà à la fin du mois de janvier de chaque année faut que la Cicam nous annonce que « les pagnes sont déjà disponibles dans toutes ces agences du pays ». C’est quand même bizarre que l’on ne donne jamais le prix. Et puis les semaines qui suivent ce message nous fait vivre un vrai calvaire.

Au marché, les bayam-sellam ne parlent que de cela. Chaque midi, elles se réunissent et par associations, collectent de l’argent pour envoyer une délégation acheter le pagne pour les autres. Elles arrêtent le modèle de leurs habits ensemble et aussi le programme de cette journée. Dans les maisons on serre les ceintures car certaines femmes préfèrent réduire la ration et même affamer les enfants jusqu’à ce qu’elles obtiennent l’argent nécessaire pour l’acquisition du pagne.
Chez certains couples hé bien les histoires de femmes qui tournent le dos au lit, ne parlent plus à leur mari ou mettent la colle sur leur partie génitale pour refuser l’accès à leur mari qu’elles estiment « chiche », est bien vrai, ne riez pas.
Mes sœurs sachez que si vous ne donnez pas le 8, vous le ferez le 9, le 10,je ne sais à quelle date mais vous céderez un jour donc ce genre de pression ne vaut pas la peine. Si vous tenez tant à avoir ce pagne, vous prouverez vraiment votre indépendance et votre participation à ces hommes en les achetant vous mêmes. j’ai fais un calcul et bien si le pagne coûte 10000 fcfa, il vous suffira d’économiser 50f pendant 200 jours pour pouvoir vous l’offrir (soit près de sept mois d’économie) et 100 jours si vous économisez 100f par jour.

A: google
A: google

Puis, arrive l’épisode de la pénurie des pagnes à quelques jours ou semaines de l’évènement et les enchères montent, le faux apparaît et les bousculades aussi devant les boutiques de tissus.

Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de dégâts que cause ce bout de tissu. Oui je pèse mes maux car je me demande si tant de simagrées sont nécessaires pour une seule journée ? Que dire quelques heures ? C’est à se demander si c’est le seul pagne de leur vie ou le premier ? Non. Ce pagne va-t-il changer quelque chose dans leur quotidien et même l’améliorer ? : Non. Un pagne pour une journée ou des heures qui détruit des familles, des couples au non de quoi je ne sais pas. Je comprendrais qu’une femme qui ne souffre pas et à un bon salaire puisse s’offrir ce genre de luxe, mais une femme qui se débrouille et à encore des problèmes de  nutrition et de survie à quoi ce pagne va-t-elle lui servir ?

Je veux bien accepter ces raisons comme quoi c’est une journée qui lui permet de se retrouver avec les autres femmes, de penser à elle. Se retrouver pour quel résultat ? Parce que jusqu’à présent, je n’ai vu que le mauvais côté de la chose : des femmes qui laissent les enfants affamés soit disant parce qu’ « aujourd’hui, c’est l’homme qui prépare ». Des femmes qui ne veulent plus garder les habits sur elles à cause du « même si c’est propre, même si c’est sale soulevez ». Des femmes qui se disent trop enfermées, et qui ce jour-là frôlent l’extrême en buvant leur premier verre ou un verre de trop et rentrent chez elles avec des enfants adultérins ?

Tenez, prenez l’une d’entre elles qui a pris le soin d’arriver au Boulevard du 20 mai ce jour-là très tôt pour le défilé, et demandez-lui quel est le thème ? Elle l’ignore. Elle est là à cause de son association, pour voir la première dame ou encore juste pour échapper à son quotidien. Même celles qui prennent part aux différentes réflexions sur le sujet ne peuvent pas vous dire avec exactitude ce qui a été entrepris et qui améliorera notre quotidien de femmes. En outre, qu’est-ce que toutes ces activités organisées autour de cette journée pourront apporter pour faciliter le transport de ma grand-mère quand elle veut acheminer sa marchandise en ville ?Rien.

De nombreuses filles ne vont pas à l’école, certaines sont forcées de se marier trop jeunes sans leur consentement, des filles qu’on incise encore en cachette, des femmes qui sont mal reçues et négligées dans les hôpitaux, des filles dont on masse le ventre et repasse les seins chaque jour, des  jeunes filles comme Vanessa Tchatchou dont les bébés sont volés et qui ne peuvent réclamer justice, des filles sont assassinées dans les quartiers de Yaoundé sans que personne ne lève le petit doigt. Si nous ne compatissons pas en tant que mères, faisons-le en tant que femmes. Ne sommes-nous sensibles à ce jour qu’à cause de la fête et des pagnes ? J’aimerais bien croire que non.

S’il est dit que ce pagne qui fait l’objet de tant d’attrait a été fabriqué pour marquer ce jour, il devrait être accessible à toutes les couches sociales donc la femme rurale aussi. Une histoire de gain oui ! Tel que je vois les choses ce n’est pas ça l’objectif car je ne pense pas qu’une femme rurale puisse débourser 10.000fcfa pour un pagne, ah oui car c’est le prix du pagne du 8 mars de ces deux dernières semaines.

Bon je m’arrête là, bref vous avez compris. Pensez-y.

Bonne fête du 8 mars à toutes !

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Article : Zoli madam
société
12
25 février 2013

Zoli madam

2013-02-20 13.21.37

Avez –vous déjà été dans un marché Mokolo, Marché central, etc ; et que brusquement vous sentez quelqu’un vous tenir la main ? Hé bien  je pensais être tirée d’affaire en venant à Bamenda que non, je l’ai retrouvé ici à Commercial Avenue.

La plupart du temps quand cela m’arrivais mon premier reflexe était soit de gifler la personne, soit de secouer mon bras brusquement en m’éloignant, par crainte que ce ne soit un bandit. Quelques mètres plus loin quand mes battements cardiaux étaient revenus à la normale et bien je me rendais compte qu’on me tenait à nouveau le bras. Et là lorsque je baissais enfin les yeux je me retrouvais soit face à une fillette, soit face à un garçonnet qui souriait en me disant des mots que je ne comprenais pas vu qu’ils étaient très mal prononcés si c’est du français. Après avoir demandé deux ou trois fois à l’enfant « quoi ? » pour qu’il répète ce qu’il avait dit et bien je me rendais compte de ceci, au lieu de dire « Pardo ze veu larzent pou manzer » comme il le faisait, il voulait plutôt me dire « pardon je veux de l’argent pour manger ». Là c’est comme si je sortais d’un rêve et je souris devant ces personnes de teint clair des arabes choas qui ont de longs cheveux et sont beaux malgré leur manque d’entretien. La seule différence est que ceux de Bamenda parlent l’anglais.

Ma première réponse « je n’ai pas d’argent petit » ne le décourage pas car à ces mots il se jette encore sur moi en serrant ma main plus fort. Je me retourne et il poursuit « pardo zolie dame » il sourit et me touche la joue. Je ne cède pas et je répète ma première réponse. Il me lâche la main et va chez une autre personne. À Yaoundé pour se débarrasser de ces enfants il suffit de leur dire « viens on part chez moi », là vous les verrez rebrousser chemin et accélérer le pas. Si vous lui tenez la main en le disant et bien vous vous rendrez compte qu’à quelques mètres de vous il y a un homme ou une femme de la même couleur que cet enfant qui vient vers vous. Et vous comprenez tout, c’est le parent, il envoie son enfant flatter et demander de l’argent aux passants. Dès qu’ils ont de l’argent, ils vont le remettre à leurs parents. À midi la famille est réunie  dans un coin sur une natte ou un sac tissé et ils mangent je ne sais trop quoi. Je me suis toujours demandé d’où ils viennent pour avoir comme profession : mendiant.

A: Salma

Je n’ai pas toujours été comme ça hein, je donnais, c’est juste qu’au fur et à mesure que j’ai voulu pousser la réflexion je me suis rendue compte que le fait de donner les encourageait à ne pas se battre autrement. Je m’explique, dans les religions et surtout l’islam que je connais un peu, on demande de toujours faire le « salakha » offrande en français. La majorité des musulmans aiment le faire le vendredi ou les jours de fête d’Al ramadan ou d’Al Khébir. Les mendiants, les plus vieux je dirais qu’ils sont invalides, mais pas tant que ça car ils ont la force nécessaire pour se rendre là. Devant les mosquées, ils s’asseyent et posent une assiette, à la fin de la prière, ils reçoivent des paquets de sucre, de l’argent, du riz, bref le nécessaire pour vivre.

En sachant qu’ils recevront cela toutes les semaines ou tous les jours aux heures de prière, ils ne se gênent pas. Ils viennent s’installer là comme un rituel, vous ne pouvez pas imaginer le tas de bonne bouffe qu’ils reçoivent. Ce qui me révolte encore plus est le fait qu’ils mêlent des enfants à tout cela. D’accord ils sont invalides, mais ces enfants qu’ils trainent dans la ville et qui tiennent ces assiettes ne le sont pas eux. Pourquoi ne les envoient-ils pas à l’école ? L’enfant tient l’assiette et une fois qu’il y a de l’argent il doit le reverser dans la poche de l’adulte sinon vous verrez que malgré sa cécité (il a l’oreille assez fine pour savoir si c’est un billet, une petite pièce ou une grosse pièce d’argent que l’on vient de jeter dans l’assiette), il va se servir du bâton qu’il  tient souvent à la main gauche pour taper sur l’enfant.

Le jour où j’ai assisté à un tel spectacle, j’ai eu mon compte. Désormais je préfère aider un infirme comme celui que je rencontrais un peu partout dans la ville de Yaoundé. Il avait son carton de bonbons accroché au cou et se trainait au sol en appelant les clients. Lui, je lui donnais de l’argent même si je ne voulais rien acheter. On aide celui qui se bat et non celui qui se sert des autres et leur prive de leur droit pour son bonheur.

D’après vous est ce que la religion encourage la mendicité ?

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Article : La rivale
société
13
18 février 2013

La rivale

Les hommes sont tous même père, même mère hein, on le sait tous infidèles du père au fils. Je sais qu’il y en a certaines qui seront ravies de voir qu’on a ces souffrances en commun. Et bien je n’aurais jamais su qu’après tant d’années et tout l’amour que mon chéri me vouait, qu’il puisse me délaisser pour une autre.

Je ne sais plus quoi faire avec ses rentrées tardives, ses excuses répétitives où lui-même semble déjà se perdre. C’est bizarre le nombre de proverbe que les camerounais peuvent vous citer pour elle. Si au moins il  me délaissait pour une femme, NON. Il fait le défilé et ne choisit plus les jupons, les brunes, c’est lui, les blondes c’est toujours lui y’en a marre.

Je lui demande de l’argent pour le taxi l’autre jour pour me rendre chez mes parents. Il ma juré ne rien avoir, mais quelques instants après il était assis en sa compagnie et je ne sais combien il a dépensé pour elle. Il me dit qu’avec elle, il trouve de la force lorsque le travail est trop difficile, qu’avec elle il s’est fait de nombreux amis. Avec elle, on ne voit pas le temps passé, avec elle les matchs, les réunions, les causeries bref le quotidien n’est plus pareil. Et moi alors ?

Elle m’énerve celle-là, toujours présente, partout, il ne faut pas aller bien loin pour la voir suspendue aux bras de tous les Hommes. Parait qu’elle offre d’autres sensations quand elle transpire, sa sueur donne une autre sensation au moment qu’ils vont passer ensemble. Ils la touchent, la caressent, la déshabillent, la rhabillent, la vide et elle ne dit rien. Après une fête passée avec elle, je retrouve souvent les deux tourtereaux dans un caniveau. Une fois à la maison, elle n’est jamais là pour laver ses pipis qu’il fait sur lui quand il ne se contrôle plus, elle n’est jamais là quand il faut  soigner ses maux de tête ou encore quand il faut nettoyer ses vomissements. NON ! Toujours présente dans la joie, jamais dans la peine, drôle de mariage que le leur ! Mais une fois debout, il n’y a qu’à elle qu’il pensera. Elle détruit de nombreux foyers et la plupart du temps les hommes sont prêts à se séparer de leur compagne pour rester avec elle. La vraie magie !

Il a beau se lamenter du manque d’argent pour nos projets communs, mais il n’en manque jamais pour s’offrir ses services, aussi chère qu’elle soit. Elle a beau changer de design, être grande ou petite, être blanche ou noire, interdite au moins de 18ans ou pas, je n’aurais de répits que quand elle ne sera plus là. Quand elle ne lui soutirera plus ce qui me revient (les miettes). Elle me vole nos moments passés ensemble, elle partage avec lui ces moments et ces sensations qu’avec lui je n’aurais jamais, et ça me rend jalouse.

Avis à tous les buveurs, contrôlez –vous.

A: salma
A: salma
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Article : Les chats morts
société
14
11 février 2013

Les chats morts

Chat_mort_Chorao

On parle souvent des garçons hein !qu’ils sont ceci, ils sont cela mais les filles alors font fort. En tout cas ce nom de « chat mort »c’est la dernière trouvaille en matière de surnom que les hommes ont trouvé pour elles.

« La femme c’est le sexe faible »bref c’est l’excuse que le monde leur a trouvé pour les consoler et aussi c’est l’expression qu’elles utilisent quand elles savent qu’elles vont en tirer un avantage. Les femmes ne sont pas faciles, je parle des camerounaises (c’est le spécimen que je connais le mieux). Si elle n’a pas assez de force  physique pour exécuter une tâche difficile, sa bouche a assez de force pour vous déshabiller, vous  laver et vous rhabiller. En effet les filles camerounaises n’ont pas peur de votre gabarits quand vous êtes un homme et que vous l’énerviez, non seulement elle va le faire en public, mais après ce qu’elle vous aura envoyé comme insultes personne ne voudra de vous.

Les camerounais disent des femmes qu’elles sont des bouchères car il n’y a qu’à voir tout le sang qu’elles manipulent. Ils ont trouvé l’expression « avoir le sang aux yeux » pour elles pour dire qu’elles n’ont plus de cœur. Je ne nous comprendrais jamais, on a beau dire que les femmes sont les plus infectées par le VIH/sida, elles sont mêmes les premières à acheter les préservatifs, mais vous vous rendrez compte qu’au moment du match, c’est elle qui vous empêche de prendre le préservatif en premier.

Une camerounaise va vous dire qu’elle n’aime pas un garçon mais ne pourra s’empêcher de répondre aux invitations de ce dernier et pourquoi pas en plus ramener toute sa meute de filles pour le plumer ?il n’est pas rare de voir celle-ci traiter son compagnon de « coq » pour désigner qu’il est un éjaculateur précoce ou un rythmeur. Elle ne veut pas sortir avec un homme, mais supporte mal de le voir avec une autre. À la fête elle veut danser mais ne veut pas que le garçon se rapproche. Bon je m’arrête là.

Il parait qu’un « chat mort » c’est ce genre fille qu’un garçon n’aime pas mais qui est toujours disponible quand il veut passer du bon temps. En fait elle sait que ce n’est pas une histoire qui aboutira au mariage, le garçon n’est pas son petit ami, ils savent d’un accord commun qu’ils flirtent seulement ensemble. Tenez si la petite amie du garçon « la titulaire »n’est pas là et qu’il a une sortie ou veut tout simplement satisfaire sa libido, hé bien il n’a qu’à l’appeler et elle sera là dans les minutes qui suivront, Ya quoi !

C’est étonnant le nombre de filles qui sont satisfaites de cette position, elles me disent  qu’ainsi «on ne se prend pas la tête. Je ne lave pas ses vêtements, je ne fais pas le ménage, je laisse ce travail à sa copine. Moi je ne suis là que pour les divertissements. Ainsi je suis libre et je n’ai pas de pression. Je consomme seulement ».

En les regardant, il ya de quoi les envier, elles sont toujours bien coiffées, entrain de sortir et en revenant elles ont l’argent de taxi et de poche. Et je ne vous parle pas du montant. Elles sont peut être des « chats morts », mais elles le sont avec le ventre et les poches pleins, et ça les camerounais adorent.

Vu la mentalité qu’ont mes sœurs de ne pas vouloir se battre et de rester toujours dans leur rôle de victimes aux dépends des hommes, et bien on ne devrait pas être étonné de voir la manière dont on les chosifie.

Elles aiment les voitures « l’odeur de l’essence »comme on dit chez nous. Très peu réussissent à investir, pour elle cela ne finira jamais. Le jour où cela finit et bien elle commencera à envier les autres et à fréquenter les marabouts en prétextant qu’elle a « la malchance ».

De toutes les façons sachez que quand on négocie mal un virage, il faut s’attendre à un accident

Vous ne me contredirez pas j’espère.

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Article : Le père de mon enfant
société
11
1 février 2013

Le père de mon enfant

« Vous les camerounaises, vous avez de ces expressions », ce sont les propos d’un ami qui est étonné du fait que j’utilise l’expression « le père de mon enfant » quand il me demande les nouvelles de mon gars (expression camerounaise pour désigner celui avec qui vous êtes en couple). Après ça la communication s’est bloquée entre nous.

auteur: Salma

Je me suis rendue compte en écoutant les bribes de conversations des jeunes et mêmes des adultes que cette expression était courante. Chez les hommes c’est « la mère de mon enfant ». On l’emploie pour décrire un certain nombre de situations :

Quand on est avec un nouveau partenaire et qu’on ne veut pas qu’en appelant l’autre par son prénom, son surnom ou son sobriquet cela paraisse très suspect et laisse penser que l’on a encore des sentiments pour cet être. Les camerounais et surtout les camerounaises sont jalouses. Quand elles sont dans une nouvelle relation même si le gars a un enfant, elle aimerait bien que par cette appellation  il lui montre que le pont des sentiments est coupé avec la mère du petit. Cela lui prouve qu’elle règne bien sur ce territoire.

Quand un camerounais est en couple mais traverse une mauvaise passe alors pour ne pas prononcer ce prénom qui l’énerve tant c’est comme ça qu’il appelle sa compagne.

Quand il est avec des amis et qu’il  veut leur dire qu’il n’est plus en couple ou pour leur prouver que malgré le fait qu’il ait un enfant, il est encore un cœur à prendre. Les camerounais surtout les hommes aiment bien montrer qu’ils ne sont pas attachés à leur compagne en présence de leurs amis cela laisserait paraître qu’ils sont dominés et faibles. La plupart du temps aussi quand il est un grand fêtard et qu’il estime avoir été piégé c’est comme ça qu’il appelle « la mère de son enfant » comme pour confirmer cette expression célèbre chez nous « l’enfant ce n’est pas une garantie du mariage ».

Les femmes et surtout les camerounaises aussi sont entrées dans la danse avec « le père de mon enfant ». Certaines l’utilisent  quand elles s’aperçoivent que leur compagnon fait de même en public et qu’il a du mal à la présenter. D’autres l’emploient par prudence car la plupart du temps vous pouvez présenter votre compagnon comme votre fiancée ou votre mari alors qu’il n’a jamais eu ce genre de projet pour vous dans sa tête, donc vaux mieux rester prudente.

Vous ne verrez jamais un camerounais mettre la photo de sa partenaire sur fond d’écran il veut éviter les questions du genre « c’est qui ? ». Mais il fera une scène de jalousie s’il voit la photo de votre cousin sur le votre et très heureux si vous mettez son image, pourquoi c’est vous qui devez le faire ? Donc en attendant de voir à quel jeu les deux partenaires jouent, ils préfèrent se consoler avec la photo de leur enfant en fond d’écran sur leur téléphone.

Pour moi en tout cas cela traduit que les relations amoureuses de nos jours ne sont plus sérieuses, on joue au chat et à la souris et on se perd mutuellement le temps. Vous avez des personnes qui restent « père ou mère de mon enfant »toute leur vie et « père ou mère de plusieurs enfants » sans jamais se poser. Ils n’arrêtent jamais leur envol. Vous avez beau espérer qu’ils vont changer un jour, mais ce n’est qu’un leurre. Alors pensez-vous comme mon ami Paulin que cette expression ne devrait pas être employée ?

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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