• Ma Bio
Le Monde sous la plume de Salma
Article : Le ministre de l’intérieur
société
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20 octobre 2012

Le ministre de l’intérieur

credit photo salma

 

Ne vous méprenez surtout pas il ne s’agit ni de Manuel Valls, ni de Claude Guéant ni encore de Nicolas Sarkozy quand il occupait ce poste. C’est une invention camerounaise comme toujours. Vous savez l’homme camerounais quand il vos rencontre, il fait tout pour être exemplaire, il achète un objet pour faire de la petite monnaie et le soir il vous le présente comme un cadeau, comme s’il avait pensé à vous, mais n’en est rien. Je ne sais s’il existe  d’autres nationalités aussi machistes que mon pays. Ils ont beau être moderne comme ils le disent et le proclame très souvent mais c’est après un bref séjour avec eux que l’on se rend compte que c’est un leurre.

Parvenue à ce stade de ma vie je suis encore surprise par les inventions en termes de désignation de ces derniers. Au lycée j’ai partagé le langage de mes amis voici comment ils désignaient leur compagne « petite », « meilleure petite », « la titulaire », « le capitane de mon bateau », « ma copine », « mon cœur du ballot », et tout récemment j’ai découvert « ma coco » et « le ministre de l’intérieur ».

Alors là c’était le bouquet.par ce que les camerounais ont cette manie de vous faire passer des épreuves pour gagner une place dans leur cœur. Il faut gravir les échelons  pour mériter certains noms. On passe de « mon amie », « ma roue de secours », à « ma consolation », etc. plus il vous aura fait voir de tout les couleurs plus il reconsidéra votre place dans sa tête.

Mais ce qui me choque le plus dans cette expression « le ministre de l’intérieur est que pour moi il signifie quatre choses :

Soit il se sent tellement supérieur à vous que dans sa république vous ne pouvez être égale à lui le président de la république.

Soit il a vu que vous vous occupiez tellement bien des tâches ménagères et il voit en cela l’ultime récompense pas celle de première dame. Qu’avez-vous fait pour mériter un tel poste ?

Soit comme vous êtes le ministre de l’intérieur il a un ministre chargé des affaires extérieures ou présidente de la république (donc une maitresse).

Soit il veut vous féliciter et va voir dans quelle mesure faire de vous la présidente de la république.

Bref à bien fouiller je ne trouve pas la réponse mais toujours est-il qu’un ministre ou un autre fonctionnaire de la république a un salaire. Mais dans ce cas spécifique  et au Cameroun, le salaire s’évalue par les coups, les insultes, les tromperies et divers abus. Chez nous à la différence de  la France, les ministres de l’intérieur ne gagnent rien et sont là la plupart du temps pour être utiliser et amuser la galerie. Et bien en attendant de voir dans quelle mesure vous offrir un poste dans mon gouvernement, chers camerounais, je vous attribue celui de tailleur, mais pas n’importe lequel, spécialiste des jupons c’est le seul vêtement que vous savez faire et défaire.

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Article : L’aventure 100%jeune
medias
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13 octobre 2012

L’aventure 100%jeune

Parler de ce groupe réveille en moi tant d’émotions et je suis sûre que même dans cet article je ne pourrais dire tout ce que je ressens.

Je suis nordiste, ce qui veut dire chez nous au Cameroun que je suis ressortissante de la partie septentrionale du pays. Dans cette région très peu de filles vont à l’école, leur destin est étroitement lié au mariage forcé ou consentant. C’est la raison pour laquelle plusieurs parents préfèrent investir sur l’éducation et l’évolution du garçon. Ils ont pour raison que « la fille est appelée à partir et c’est le garçon seul qui reste et veille sur la maison et les parents ».  Ce sont les nombreuses années passée au Sud qui ont peu à peu enlever quelques idées du genre dans la tête de mon père. Il m’a envoyé à l’école et avec tout le confort qu’il pouvait me donner. Dieu merci pas de mariage forcé pour moi.

C’est en classe de seconde donc en 2001 que j’ai pu rejoindre le groupe « réglo » comme on le dit tout fièrement. À cette époque j’avais 16 ans et c’était une joie pour moi de pouvoir voir mon nom écrit quelque part comme un témoignage ou un défi personnel. J’avais lu le premier numéro de cette parution mensuelle par hasard. On le vendait à la sortie de notre lycée. Ce qui m’a attiré sur ce mensuel était son prix (50f) et l’artiste à la Une (Sisqo). Si bien que quand ils ont lancé un avis de recrutement pour les pigistes (Aië !) excusez-moi je n’aime pas ce mot car il sonne à mon oreille comme pigeon et je n’aimerais pas être prise pour un pigeon donc je dirais reporter.

Les réunions avaient lieu tous les mercredis à 13h. Au bout d’un mois de réunion, mes rentrées tardives commençaient à se faire ressentir, ma tante à donc tiré la sonnette d’alarme. J’ai eu droit aux blâmes, aux punitions, aux intimidations de la part de mon oncle (et dieu seul sait comment il est musclé), au fouet et même à la privation de mon argent de poche et de mes séances d’entrainement au hand-ball.  Vu la pression à la maison, j’avais dû trouver le prétexte des cours de répétition pour qu’à la rédaction on me laisse rentrer plus tôt.

J’avais beau leur expliquer que c’était une parution et fonctionnait comme un club journal donc il fallait que les reporters  proposent les sujets, les discutent, les adoptent avant enfin de se les repartir et que c’est toutes ces actions qui prenaient du temps. Qui nenni, ils ne voulaient rien entendre, ils pensaient plutôt à un mensonge et à la puberté qui me faisait être attirée par les garçons qui me retenaient jusqu’à ces heures tardives dehors.

À la rédaction, mes parutions tardaient à venir car pour écrire un article ce n’était pas facile j’ai du réécrire mon premier article 7fois. Les sept fois étaient dues au fait que soit je ne savais pas rédiger, soit au fait que quand je parvenais finalement à rédiger, le titre de mon article ne correspondait plus au contenu. C’est finalement après deux mois que mon premier article apparu dans une publication. Ce jour là j’ai du m’abriter pour que la pluie ne mouille pas mon journal car cela était la preuve de tous mes retards. Et cela a marché, car ce soir là mon père était très content et j’ai eu le feu vert pour assister à mes conférences.

Le groupe réglo par son journal 100%jeune est très dynamique. Il est la source de mon amour pour le journalisme et le lieu où s’énonce bien la notion de travail en groupe. Chaque reporter est une pièce indémontable du puzzle qu’il représente. Durant toutes ces années il a pu sensibiliser les jeunes à la santé et reproduction des adolescents, lutter pour l’émancipation de la jeune fille, vulgariser l’utilisation systématique du préservatif féminin et masculin, accroitre le désir de la lecture chez les jeunes, informer les jeunes sur les IST/sida, les grossesses précoces et non désirées en français et en anglais. C’est un groupe au sein duquel l’épanouissement et les connaissances en matière de santé sont constants et il sait s’arrimer à la donne je vous dis pourquoi.

Pour être plus proche des jeunes, savoir ce dont ils ont besoin et mettre leur talent en valeur, il a crée les clubs réglos dans la plupart des établissements et les quartiers des différentes régions du pays que les reporters supervisaient. Pour ceux qui n’aiment toujours pas la lecture il a une émission radio 100%jeune live diffusée en français ou en anglais selon la langue d’expression de la région, dans différentes stations et à des jours différents. Le choix de ses jours et des heures de diffusion dépendent de la présence des jeunes à l’écoute(le choix de mercredi après midi est du au fait que ce jour la plupart des établissements libèrent les élèves plus tôt et ils sont supposés être à la maison et à l’écoute). Pour ceux qui sont dans le besoin il a crée « les réglos days » des journées consacrées à l’assistance. Pour ne pas être absent sur la toile, il a crée un site web (www.reglo.org). Et je suis sur que la page Facebook ne saurait tarder.

Grâce à lui de nombreux parents ont pu passer des messages ou éduquer leurs enfants sur des sujets souvent difficile à aborder en famille par la lecture. Les jeunes ont trouvé en son journal le moyen de s’éduquer sur la sexualité et le sexe, mais aussi le moyen de poser leur problème sans gêne et d’y trouver des réponses. De nombreuses personnes vivant avec le Vih/sida ont pu s’exprimer et faire reculer la discrimination, grâce au groupe réglo on est comme le slogan le dit « 100%jeune, 100%réglo ».

copyright René jackson

 

Comme toute chose dans la vie, il a bien fallu que je quitte ce groupe pour rejoindre un autre, celui de Mondoblog qui regroupe plus de 100 blogueurs francophones et désormais là où mes œuvres de journaliste s’arrêtent, commencent ceux de bloggeuse.

 

 

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Article : Ces professeurs qui professent mais sont aussi pros de la fesse
société
8
5 octobre 2012

Ces professeurs qui professent mais sont aussi pros de la fesse

Depuis huit ans déjà, à cette même période d’octobre donc le 05, on célèbre la journée de l’enseignant dans mon pays, le Cameroun. Chaque année, les enseignants se réunissent pour réfléchir et ainsi avoir de meilleures conditions de travail. Je ne suis pas contre les réjouissances, mais seulement, je ne comprends pas pourquoi la célébration d’une journée doit toujours se solder par un festin ou un défilé. Dans un contexte où de nombreux professeurs fuient les zones reculées, arrivent rarement à l’heure pour dispenser leur cours et sont parfois de bons absentéistes, on se demande pourquoi ce jour là ces personnes sont présentes quand il faut boire,  manger ou discuter les pagnes ?

On ne sait plus qui est enseignant dans notre pays entre des stagiaires qui ne finissent pas leur formation et s’improvisent professeur parce qu’un de leur proche a ouvert un établissement, ceux qui font des salles de classe des terrains de chasse, ceux qui parce qu’ils possèdent un don de patience et un peu de chance avec les enfants le deviennent, ceux qui visent le matricule à tout prix et ceux qui le font vraiment par passion, on ne sait plus à quel saint se vouer.

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L’une des premières causes de mes lacunes en mathématiques vient de mon professeur de maths. Monsieur Abéga mon professeur en classe de 5ème était peut-être un conteur, mais pas un professeur. Quand son cours commençait à 7h30, il faisait beaucoup d’efforts pour arriver à 8h15 et quand c’était le lundi, on avait droit aux divers du weekend jusqu’à 9h15, une petite leçon de 30minutes et les devoirs. Il les corrigeait et se servait de ces notes comme des devoirs surveillés. Nos étions contents car on avait tous la moyenne. Mais seulement cela n’était pas pour nous avantager car nous travaillons en commun et nous ne connaissions pas nos niveaux personnels. Partie de 15/20 en 5ème, je me suis retrouvée avec 02,25/20 en classe de 4ème et les maths sont devenues à jamais ma bête noire.

S’il y a bien une chose qui console l’enseignant d’aujourd’hui malgré sa mauvaise condition, ce sont  bien les élèves. Je parle bien du féminin de ce mot. Quand les yeux d’un enseignant se posent sur les jolis visages de ces élèves, il oublie ses soucis. Je ne peux compter le nombre de fois où j’ai lavé les toilettes, essuyer le sol ou ramasser les papiers à cause des belles filles. La plupart d’entre elles quand elles ne se trouvaient pas sur notre rangée de bancs, étaient assises dans notre secteur « le shabat ». Il suffisait qu’elles refusent de coopérer pour qu’un enseignant nous gâtent de punitions soit en nous mettant dehors, soit en nous confiant aux bons soins d’un surveillant de secteur ou encore qu’il multipliait les mauvaises notations pour avoir un tête à tête avec elle dans son bureau. Parfois agacées par la situation, nous constituions un petit comité qui allait se plaindre à la hiérarchie mais cela n’aboutissait jamais vu que la personne à qui on se plaignait jouait le même jeu dans une autre classe.

salma copyright

Certaines cibles cédaient parfois sous le poids des punitions ou des conseils de leurs camarades, d’autres continuait cette corrida jusqu’à la fin d’année et changeaient d’établissement. L’enseignant d’aujourd’hui va au-delà il fait la cour dans le cours, il devient le répétiteur de ses petites, un maître chanteur qui fait redoubler les élèves sans raison, est papa de nombreux bébés dans diverses classes d’un établissement. S’il est vrai que c’est un homme comme tous les autres et qu’il peut trouver son bonheur partout, il est aussi vrai que l’amour n’est pas forcé.

À tous ceux qui font bien leur travail, qui font des inconnus de notre pays des grands hommes, qui ont encore une conscience professionnelle et un amour du travail bien fait et qui sont prêts à le faire même gratuit, bonne fête ! Et pour vous, je dis qu’il faut « Agir pour les enseignants ».

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Article : Y a-t-il un métier pour les blancs ?
culture
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28 septembre 2012

Y a-t-il un métier pour les blancs ?

C’est une question que je me pose de plus en plus en regardant les évènements auxquels j’assiste. Je vais remonter en avril 2011 où en compagnon de Manon j’ai pu constater que la peau blanche influence encore bon nombre d’entre nous. Bref Manon et moi devions nous rendre dans les environs du campus pour  collecter les informations pour notre exercice du jour. Je ne vous dis pas que c’est le jour où on m’a le plus salué et regardé de ma vie. Bon parce que j’étais en compagnie de Manon. Bon nombre de mes interlocuteurs ne prêtaient pas attention aux questions que je leur posais si bien que j’ai dû passer par Manon pour avoir de quoi  faire mon article. Le weekend dernier j’ai observé un groupe de jeunes qui huait un Blanc parce qu’il était sur la moto du genre «« il veut dire qu’il n’a pas l’argent pour prendre un taxi, normalement il doit prendre un taxi course » bla bla. À Yaoundé et Douala je me rappelle le scandale qu’avait crée le fait que les chinois se lancent dans la vente des beignets, dans le chargement des voitures, dans la chanson en langue douala.

Le fait qu’un blanc prenne un taxi et surcharge ou encore marche à pied est un sacrilège pour les camerounais. Je me demande si les gens vivent dans le monde réel où il y a la crise partout voilà sur ce plan aussi mes frères pensent que « la galère ou la crise du blanc est mieux que la nôtre ». Je me demande si  les métiers comme vendeur de plantain, beignet, pousseur, etc sont réservés aux noirs et les boulots de bureaux sont faits pour les blancs? Tenez les noirs sont fascinés par un blanc qui danse mal du bikutsi qu’un noir qui le fait bien. Je n’y comprends rien pourtant en Europe, il y a bien des blancs qui cultivent, qui balaient les rues comme les gens le font ici chez nous, mais pourquoi chez eux ce n’est pas extraordinaire mais chez nous si ?

Cette photo d’une vendeuse de plantain à Sa’a  a crée le buzz sur facebook, dites moi est-ce si étrange de voir un être de race différente de la notre se chercher ?puisque ce qui est louable est leur capacité d’adaptation et aussi le fait de voir que pour eux, leur peau n’est pas un frein pour se faire de l’argent. Quand une occasion se présente, ils foncent la tête baissée, c’est ça qui est top. Pendant que mes frères camerounais le prennent pour une moquerie, eux se font de l’argent et la plupart des clients deviennent leurs abonnés « des assos »comme on dit chez nous.

Alors dites moi y a-t-il un métier faite pour une couleur de peau ?

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23. sept.
2012
société
11

Hold-up sympathique

Dans la soirée du 28 août 2012, des individus à mains armées et à visage découverts, se sont introduits dans un complexe et ont dépouillé les clients et les propriétaires de ce lieu.

Débie est une étudiante du niveau Master 1 de l’ESSTIC. Depuis un mois, elle comme la plupart des habitants de la capitale politique du Cameroun sont victimes de la pénurie du gaz domestique. Face aux tracas que tout ceci peut produire en matière de nutrition et vu le moment opportun des vacances, elle s’est rendu dans sa famille dans la région du sud-ouest pour se changer les idées. Durant son séjour tout se passe bien jusqu’à ce mardi où, invitée par l’une de ses amis d’enfance, elles sortent se faire un restaurant. Dans la ville de Tiko où elles se trouvent, de nombreux choix s’offrent à eux et elles optent pour le complexe Maryland.

Elles s’installent d’abord dans des boucarous à la terrasse arrière du complexe pour passer leur commande, puis voulant un peu d’air frais elles optent ensuite pour la terrasse avant. A 20h, deux individus debout sont postés chacun devant leur table et celle d’autres clients qui sirotent leur boisson. C’est la froideur d’un objet sur son ventre  qui sort Débie de la discussion qu’elle  a entamé. Elle entend « ne faites pas de faux gestes, restez calmes et tout se passera bien. Vous savez ce qui fait souvent mourir les gens lors de ce genre de choses c’est quand ils crient ou veulent jouer les héros. Donc si vous coopérez il n’y aura pas de victime. Tout ce que nous voulons c’est l’argent car dans vos portables il y a vos contacts et c’est grâce à vos contacts là que nous vivons ». A cet instant, elle se rend compte qu’à l’intérieur c’est le même scénario mais à la différence qu’ils sont aux nombre de trois, cela fait en tout cinq braqueurs qui opèrent. Quatre d’entre eux font la fouille systématique des sacs et poches des clients et l’un est derrière la caisse avec la gérante. Quand tous les clients ont été dépouillés et ramenés à l’intérieur, l’un d’eux s’est rendu vers le réfrigérateur et y a sorti cinq boissons, les a décapsulé et remis à chacun de ses partenaires en disant « buvez il y a quoi ?à votre santé. Vous savez nous on fait notre travail, tu travaille on te paie 80000F et cela ne suffit pas. J’ai une femme et des enfants et c’est la rentrée.ma femme ne sait pas ce que je fais, je rentre avec l’argent et elle sait que je travaille sans plus. Je ne peux pas lui dire ce que je fais sinon elle va me quitter. Moi je n’ai rien à perdre, mon père est un commissaire j’ai déjà fais la prison plusieurs fois donc si on m’enferme je vais ressortir ». Après avoir vidé sa boisson il poursuit « si quelqu’un n’a pas l’argent de taxi il n’a qu’à nous dire, on va l’aider » et tous répondent en chœur « non il n’y a pas de problème ». Avant de partir, les bandits ont pris le soin de garder l’un des clients avec eux et d’enfermer les autres dans une des chambres du complexe.

Après leur départ, ce seul client est allé libérer les autres et c’était la débandade totale pour rejoindre la porte de sortie et à chacun de trouver le moyen de regagner son domicile soit à pied, soit à crédit, il était 21h passée. Faut-il encore compter sur nos forces armées ou faut-il recourir à la justice populaire pour  notre sécurité ?

Dédié à Ojong D, qui a su gardé la tête froide et se remet peu à peu de ce traumatisme.

 

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16. sept.
2012
culture
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Entretien avec un ange… (Part II)

 

Comment devient-on le petit ami d’une prostituée ? À cette question Pygmée éclate de rire. C’est une travailleuse de sexe qui porte ce surnom à cause de sa petite taille. C’est une fille au teint clair avec des cheveux coiffés en forme de crête de couleur châtain. Pygmée est ouverte et souriante, je lui offre un pot qu’elle prend avec les deux mains, ce qui m’étonne beaucoup. Elle me répond en s’asseyant: « en devenant un client régulier, sérieux, qui me donne de l’argent ou un pot même sans avoir eu des rapports sexuels avec moi et enfin en étant celui avec qui je ressens du plaisir ». Je lui demande s’il apprécie ce travail elle répond par la négative et poursuit. « Mais il n’a pas le choix car lui aussi est un débrouillard », au fur à mesure elle me raconte le film de sa vie.

« J’ai 22 ans et je fais ce boulot depuis deux ans. J’ai toujours été ici à Nkwen. Je suis enfant unique à mes parents qui sont divorcés. Ma mère est une agricultrice et mon père est un chômeur. J’ai une fille que j’ai eue quand j’avais 17 ans et qui est actuellement avec ma tante. Le père de mon enfant a fui quand il a su que j’étais enceinte, et ma tante, avec qui je vivais à cette époque m’a mise à la porte quand elle l’a su. Je me suis réfugié chez un ami qui me forçait à avoir des rapports sexuels avec lui en échange de mon hébergement, et c’était ainsi chez chaque garçon qui m’offrait l’hospitalité. J’ai travaillé chez de nombreuses personnes qui ne m’ont jamais ou mal payé. Lasse de me faire escroquer, j’ai décidé de faire un tour dehors un soir pour déstresser. J’ai fait la connaissance d’un homme qui m’a donné de l’argent après la soirée passée ensemble. J’y ai pris goût et j’étais dehors chaque soir. Au début la petite pleurait quand je partais mais elle s’est finalement habituée et après mon départ quand elle avait faim elle mangeait toute seule et s’endormait. Un soir, une de mes tantes est venue, a entendu la petite pleurer à l’intérieur, a toqué à ma porte et a constaté que je n’étais pas là. Mes voisins lui ont dit que c’était mon habitude et elle est allée tout raconter à mes parents et au village. Elle est revenue prendre la petite et j’ai déménagé pour venir m’installer à Nkwen car une fille m’a dit qu’ici les clients payent mieux. Nous avons vécu en colocation pendant un mois avant que je n’obtienne ma propre chambre. Les autres filles m’ont menacé au début et aussi les clients se faisaient rares si bien que je me demandais certains soirs comment j’allais payer mon loyer le lendemain. La situation s’est améliorée au fur et à mesure et aujourd’hui je réussi à économiser et à m’occuper de ma famille. »

 

Nous sommes interrompues par le vendeur de CD qui est venu lui donner sa commande spéciale « des films classés X ».Elle récupère ses CDs en souriant l’air un peu gênée. Elle poursuit « je peux avoir sept à quinze clients chaque soir. Mon gain peut atteindre 15000FCFA mais parfois il n’équivaut pas au nombre de clients car certains me donnent des pourboires. La passe normale coûte 1000F, pour la prolongation c’est 1000F de plus chaque quart d’heure. La nuit à mes côtés est négociable de 7 à 10 000FCFA, pour toucher mes seins ou me caresser 500f, pour les sucer 1000F, pour une sucette ou des positions acrobatiques c’est 2000F. L’ambiance ici est conviviale mais il arrive parfois que ça chauffe entre les filles quand l’une d’elle a été absente et que son client s’est abonné chez une autre ». Et les mots doux ? « Tout dépend du client, quand il demande ou quand c’est la première fois pour détendre l’atmosphère, je peux lui murmurer quelque chose mais pas très longtemps car je joue sur l’heure ». Je lui demande si elle a des limites et elle me dit « oui je n’irais jamais avec une fille ou encore avec les animaux. Même si on te propose beaucoup d’argent ? « Non ! D’ailleurs je compte changer de métier bientôt parce que je sais que ce que je fais n’est pas bien. Et je pense déjà au mariage car mon petit ami m’a promis de me sortir d’ici ».

Nous nous séparons car elle a sommeil et c’est bientôt l’heure de pointe.  J’apprends que l’une d’elles est séropositive et qu’elle a décidé de se chausser quelque soit le client. Le seul hic est qu’elle refuse de suivre son traitement  et n’a pas encore trouvé le courage de le dire à son partenaire. À minuit, ces cendrillons de la journée deviennent des anges de la nuit qui n’ont pas besoins de lampadaires pour se faire repérer tellement leur habits sont scintillants. Que dire ? Des vampires assoiffées d’alcool et surtout mangeuses d’hommes avides de plaisirs éphémères, de sensations fortes uniques ou régulières et surtout du « ni vu, ni connu ».

Ces anges de la nuit ont des pratiques différentes d’une ville à l’autre. A Ebolowa  on les trouve au carrefour Tamzou, dans les bars ou dans certains couloirs. J’y avais rencontré  Elodie, une femme de 38 ans qui avait accepté de me parler de son métier. Dans cette ville, la plupart des passes se fait sur les cartons installés dans ces couloirs, car elles sont pour la plupart des mères de famille vivant avec leurs gosses. La passe coûte 2000F CFA l’heure, et si le client décide d’aller à l’auberge c’est lui qui s’occupe des frais. Pour une nuit il faut débourser de 10 à 15000F c’est négociable. Elles payent 200f pour le carton et 1000f chaque semaine au gardien qui joue le garde du corps en soirée. Généralement après un client elles se servent des lingettes pour se nettoyer ou d’une bouteille d’eau quand elles n’ont pas utilisé le préservatif. Elles redynamisent l’élasticité de leur vagin par un lavage à l’aide d’une potion faite d’un mixage d’écorces et de poudre dont je préfère m’abstenir de parler ici, et se servent des deux faces du carton avant de le changer s’il a été mouillé ou abîmé. Elles ont de très bonnes relations avec les hommes en tenue et les autorités de la ville, ce qui leur ouvre certaines portes. Certaines ont des limites quant à certaines pratiques, d’autres pas et le font avec des personnes du même sexe ou des animaux. Il suffit de mettre le paquet. Que ce soit dans la rue, les maisons closes ou les bars, toujours est-il que l’arrivée de nouvelles et même des hommes dans le circuit amenuisent leur champ d’action. Nombreuses sont celles qui désormais se font vieilles et veulent changer de couloir pour une activité commerciale.

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07. sept.
2012
culture
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Entretien avec un ange…(part I)

Bamenda, comme tant d’autres villes du pays regorgent de points chauds où les habitants de la ville habitués viennent se faire plaisir une fois la nuit tombée. Mes promenades à travers la ville m’emmènent à faire des rencontres parmi lesquelles les travailleuses de sexe. C’est au lieu dit « mobil Nkwen » que je fais leur rencontre et nous échangeons le temps de vider une bouteille de bière. J’apprends tout d’abord que c’était le lieu dit « Ghana street » qui était leur fief, mais qu’une histoire que je qualifierais de malédiction, les  a emmené à se disperser. Là bas il y avait un homme tenancier des chambres qu’elles habitaient et toutes ces filles lui reversaient l’argent de leur labeur. Mais cet homme malhonnête ne le leur rendait jamais quand l’une d’elle venait à le réclamer. Un incendie dont on ignore la provenance avait réduit cette concession de plaisir en cendres et on n’avait plus jamais entendu parler de lui.

Une fois à la Mobil Nkwen, c’est une terrasse qui s’offre à vous à l’extérieur avec une enseigne où l’on peut lire « One +one spirit cabaret ». L’intérieur est meublé de chaises de couleur rouge et des lumières multicolores à la fluorescence douce pour ne pas dévisager les clients. Une autre porte donne accès aux toilettes et aux différentes chambres une quinzaine environ. Elles déboursent 3000Fcfa quotidiennement pour leur loyer. Le concierge passe récupérer l’argent chaque matin et c’est aussi lui qui joue le président du tribunal quand il y a un litige entre elles. Ces chambres sont déjà équipées d’un matelas, une cuisinière à gaz, une table, des toilettes et rares sont celles qui ont des téléviseurs. Quand il arrive que deux d’entre elles veulent être des colocataires, alors elles payent 1750 chacune chaque jour.

Rosanne la coiffeuse

C’est dans l’obscurité que se passe notre interview car elle ne veut pas se faire voir des autres filles, qui peuvent se faire curieuses ou nous interrompre. Il lui faut avaler une gorgée de  bière pour commencer son histoire. Rosanne est née à Kumbo. Sa maman était mariée avec un monsieur qu’elle considérait comme son géniteur, mais dont la méchanceté à son égard lui a fait poser des questions à sa maman. « Elle m’a dit que ce n’est pas mon père et j’ai compris pourquoi son comportement était différent. Après le CE1, l’école est devenue difficile pour moi car avec les problèmes avec mes sœurs je n’arrivais plus à apprendre. Je me suis mise à apprendre la couture et au bout d’un an je suis tombée enceinte, à 15ans ». Elle s’arrête et me regarde longuement avant de continuer. «Ma patronne m’a dit que vu mon état je ne pouvais continuer mon apprentissage. Je suis restée à la maison et fatiguée des problèmes avec ma mère, je suis partie rejoindre ma grand-mère. J’ai passée trois ans à la maison à m’occuper de ma fille puis un jour son père est venu me dire qu’il désirait la prendre et qu’il ne m’avait jamais parlé de mariage, vu ma condition je lui ai remis l’enfant. Je me suis battue en faisant des petits jobs pour m’en sortir puis j’ai rencontré un homme qui me disait qu’il m’aimait, qu’il voulait m’épouser, je suis tombée enceinte et lui a fuit. J’ai recommencé à mener une vie difficile. Je n’avais rien à manger et la petite pleurait tout le temps parce qu’elle avait faim. J’ai commencé à sortir la nuit pour rencontrer des hommes: cela était bizarre au début puis je me suis habituée. L’argent que je rapportais me permettait de m’occuper d’elle. Puis j’ai appris par une amie qu’à Bafoussam cela rapportait plus, et en plus j’avais peur que l’on raconte ma vie à ma grand-mère. Je lui ai dit que j’y allais pour faire la coiffure, j’envoyais de l’argent chaque semaine et j’allais les voir quand je pouvais. J’ai rencontré un homme qui m’aimait aussi et je suis tombée enceinte, puis j’ai découvert que c’était un bandit, on l’a incarcéré, et sa famille est venue chercher ma troisième fille et ils l’ont emmené à Yaoundé ».

Elle s’arrête et boit et moi je la regarde de près et remarque qu’elle est enceinte et j’apprends que c’est le quatrième, « je veux un garçon me dit-elle ». Puis elle continue « je suis ici depuis un an et je change parfois de ville je vais à Kumbo, Bafoussam, etc. j’y ai des clients réguliers ». Elle m’apprend qu’une passe coute 1000F pour trente minutes et il faudra ajouter 1000F chaque trente minutes. Si l’envie lui passe de palper les seins, il devra s’acquitter de la somme de 500FCFA en plus, et pour une nuit entière les négociations se font de 7 000F à 10 000F.

Côté hygiène elle exige la capote mais si le client refuse elle accepte mais trouve le temps d’aller insérer le condom féminin comme ça cela passe inaperçu. Elle me dit qu’elle utilise systématiquement le préservatif mais remarque mon regard sur son ventre et me dit en riant « sauf quand je veux un enfant ». Elle se lave deux fois par jour et après une passe, se remaquille et rince ses parties intimes. Quand elle avait une colocataire, il leur arrivait de recevoir leurs clients dans leur chambre en même temps. Quand elle a ses menstrues, il lui suffit d’insérer profondément une boule de coton dans son vagin après chaque passe pour pouvoir travailler. Elle a eu des infections sexuellement transmissible deux fois et a arrêté de fumer parce qu’elle est enceinte.

Le jour, elle passe son temps libre à la cuisine, au salon de coiffure pour se refaire une beauté, devant les revues pornographiques et à dormir car il faut bien qu’elle récupère pour être en forme le soir venu. J’apprends qu’elle prend souvent des vacances pour aller voir ses enfants et qu’elle met un peu d’argent de côté  chaque semaine pour pouvoir ouvrir son salon bientôt. Son téléphone sonne, elle vide sa boisson à la trompette et me dit au revoir avant de me quitter.

Vous vous demandez sans doute qui appelait ?

Eh bien, son petit ami.

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29. août
2012
culture
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Victime de l’inondation

Durant un weekend, j’entame un périple vers Kumbo, une région qu’on me dit réputée pour son froid glacial digne de l’antarctique et ce n’est pas faux.  Sur le chemin qui me mène là bas, Je découvre des villes et des choses passionnantes et agréables parlant du paysage. Je n’ai que mon regard pour contempler certains villages tels que Babessi, Bamungo, Jakir, Ngoetundja et le célèbre Ndop. Je dis célèbre parce qu’il a donné son nom à un riz cultivé  là bas le « ndop rice ». je dirais qu’il est au Cameroun ce que le riz Uncle Benz est dans le monde. J’apprends durant le voyage que Bamenda n’a que deux saisons, une saison pluvieuse qui s’étend de Mars à octobre et une saison sèche qui dure de novembre à février. Je suis bien surprise car j’ai été habituée à voir du maïs tous les trois mois à Yaoundé et là je découvre que le maïs met sept mois pour atteindre sa maturité.

Parlant d’une surprise j’ai pu confirmer le célèbre adage qui dit « impossible n’est pas camerounais ». Arrivée à Kumbo je suis séduite et stupéfaite devant une réalisation peu ordinaire. Devant moi un assemblage de tôles et de moteurs présentent l’architecture d’un hélicoptère en construction. En m’informant sur l’auteur de cette œuvre c’est une vraie zone d’ombre qui plane sur son identité, les populations savent de lui qu’il est un ingénieur et qu’il a décidé de faire un hélicoptère de ses propres mains mais qui est-il ?c’est un haussement des épaules qui me répond. L’œuvre n’est pas digne des hélicoptères de l’armée mais l’initiative est louable.

hélicoptère fabriqué de manière artisanale

Sur le chemin du retour, je refais le chemin inverse en regardant par le rétroviseur parvenue à Bambili, c’est au lieu dit « miles 4 »que nous rejoignons un embouteillage.  Nous avançons lentement  et en nous renseignant sur la cause d’un tel embouteillage, nous apprenons que la pluie qui s’est abattue sur la ville  juste avant notre arrivée a provoqué une inondation. Les piétons, les troupeaux de bœuf et les voitures tentent tant bien que mal de se frayer un chemin sans se faire éclabousser.

                     

J’apprends de mon chauffeur que c’est la première fois qu’une telle chose se produit sur ce lieu, il nous a fallu trente minutes pour regagner « foncha junction ». Et toujours aucune nouvelle sur les causes de cette inondation.

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10. août
2012
culture
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Je ne suis pas une bamenda

« Je constate que nous les francophones sommes mal élevés ». C’est la conclusion que tire un ami avec  qui j’entame une discussion sur Bamenda et ses habitants.  Tout comme moi, il vient de Yaoundé la capitale. À mon arrivée dans la ville, j’ai été surprise par l’accueil et la gentillesse des personnes que j’ai croisées, des voisins m’ont concocté des mets locaux pour me souhaiter la bienvenue. Je ne peux compter le nombre d’inconnus qui m’ont salué dans la rue sans me connaitre. Vingt-huit années passées dans ma ville natale m’ont fait acquérir des habitudes qui paraissent normales pour nous « les francophones ».

L’usage du français et le fait de résider dans la capitale près du chef de l’Etat, nous donnent ce double orgueil face aux autres régions et surtout face aux anglophones, si bien que certains, une fois qu’ils arrivent dans la capitale, sont obligés de faire comme nous pour paraitre normaux. Chez nous les francophones, tu dis bonjour quand tu veux, tu réponds aux salutations quand tu veux si bien que nous avons cette célèbre expression « ton bonjour coûte combien ?dis moi je vais payer ». Chez nous les francophones quelqu’un peut vous demander un renseignement et vous ne répondez pas où vous lui indiquer l’endroit et c’est beaucoup pas besoin de se donner de la peine, il vous «  paye pour ça ? ». Le fait pour moi de me faire saluer ou souhaiter la bienvenue par des personnes que je ne connais pas a été un choc je l’avoue et ce n’est pas tout. Au marché, dans les supermarchés ou d’autres échoppes, on prend votre argent avec deux mains en vous remerciant. Paradoxalement à Yaoundé où les vendeuses ont le cœur glacé certainement à cause du froid qu’elles bravent pour avoir leurs marchandises. Elles vous injurient quand vous touchez à leur marchandise ou demandez le prix sans payer. De fois quand vous proposez votre prix elle maugrée « tsshhuuiipp », ne vous répond pas ou regarde ailleurs en vous traitant « d’ivou(sorcier) ». Tant pis pour vous si vous êtes bien habillé, elle va vous déshabiller avec sa bouche sans oublier d’être grossière. Et même quand vous achetez, quand elle est contente elle vous sert sinon elle vous lance l’emballage et vous vous débrouillez, surtout ne lui dites pas qu’il s’est déchiré.

Pourtant à Bamenda, quand il arrive qu’il soit obligé de vous servir avec sa main gauche, vous entendrez le vendeur vous dire « excuz my left hand ». Le vendeur est le premier à vous accoster et à prendre votre sac pour vous servir et vous ajouter un cadeau pour vous flatter, ce que font les commerçantes à Yaoundé très rarement ou quand elles veulent se débarrasser des vivres qui pourrissent oui là elles vous couvrent de cadeaux. S’il arrive que vous ne vous retrouviez pas, la personne à qui vous demander le renseignement fera chemin avec vous pour vous montrer cet endroit. Les enfants vous appellent « Anti » (nom familier pour dire Tante ».

« Les francophones sont étranges et froids » c’est l’avis de ma coiffeuse. Elle me fait part de sont court séjour chez nous et me dit qu’elle a été marquée par le fait qu’une fois à Yaoundé quand les voisins se disent « Bonjour » c’est beaucoup, ils ne restent pas  ensemble et ne s’occupent pas les une des autres. Cela m’a fait beaucoup rire et j’ai essayé tant bien que mal  de lui démontrer que pour nous cela est normal, mais elle ne s’est jamais faite à cette idée. Leur simplicité nous parait tellement étrange justement que nous avons crée cette célèbre expression « être un bamenda »c’est un verbe je ne sais de quel groupe, mais qui signifie « être con ». La phrase célèbre est « je ne suis pas un(e)bamenda » et on l’utilise chez nous le plus souvent quand le ciel annonce des chamailleries ou encore des moqueries.

Désormais je ne pourrais plus utiliser cette expression au risque de blesser cette population. Mais si être une « bamenda » c’est être courtoise, serviable, honnête, simple et joviale, alors j’en suis une.

 

 

 

 

 

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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