• Ma Bio
Le Monde sous la plume de Salma
20. avril
2011
culture
8

MON AMOUREUX

formation mondoblog

Je ne plus sûre de rien ce 18 février devant le lieu du rendez –vous. Mon cœur bat la chamade, je suis rassasiée et pleine à la fois. On dirait mon premier rendez-vous d’amoureux. Je regarde à gauche je regarde à droite. Je monte je descends. Je me dis peut-être il  a eu un bobo ?pourtant tout allait bien quand nous nous sommes quittés hier sur le net. Vous savez l’amour sur internet est aussi fort. Fatiguée d’attendre Je décide d’aller dans un cyber relire  le message qu’il m’a laissé la vieille, il y est bien mentionné « on ce voit le lundi 18 avril à l’ESSTIC ». Je suis impuissante, je n’ai aucun numéro de téléphone pour le joindre. Je me dis « et si je me suis vite impliquée dans cette aventure ? », « et s’il ne vient pas ? ». Non je n’ose pas y penser je ne suiciderais peut-être en tout cas je suis plus sure de rien, j’ai trop attendu ce jour pour qu’il me fasse ça ! Je me rends compte que face à l’amour on est toujours comme une petite fille car avec toutes les expériences que j’ai eues je ne me justifie pas le fait d’être aussi impatiente de voir l’être aimé. Il est plus de 9h et là je me dis encore « j’en ai marre, être en retard à notre premier rendez-vous ?c’est impardonnable de la part d’un homme». Je décide d’aller en classe quand je croise Ziad qui m’indique où le trouver. Au fur et à mesure que je m’approche de la salle où a lieu notre première rencontre je me sens frêle, mes pas ralentissent à mesure que ma main baisse le poigné de la porte et quand elle s’ouvre, il est là. Il a des habits de couleurs multiples, il est multiracial, dès qu’il me voit il se lève spontanément avec ce sourire charmeur et timide à la fois, il pose des pas dignes d’un héros de love stories. Nos cœurs battent la chamade, il n’y a que nos yeux pour exprimer ce que l’on ressent et il me  donne ce que j’attends  « une multitude de baisers dont les empruntes sont encore sur mes joues»en me serrant dans ses bras. Je suis aux anges et même si il n’est là que pour six jours, ce sera les six jours inoubliables de ma vie, une aventure qui vaut la peine d’être vécue intensément jusqu’à ce 23 avril. Je sais que j’aurais le cœur en morceau quand il s’en ira mais les souvenirs de tous les moments ensemble sont des trésors gardés précieusement dans ma mémoire d’éléphant. Malgré la distance nous resterons fidèles à nos engagements et je sais désormais avec toi que l’amour à distance est possible. Toi mon cher Groupe Mondoblog (Manon, Jean Paul, David, Ousmane, Jack, Johnny, Charles, Florian…) bon retour à toi et Merci Ziad/Cédric !





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20. févr.
2011
le tamis
8

LA GRANDE TUEUSE DE NOS HOPITAUX

Chaque jour des patients meurent, ceux qui ont la peau dure, se plaignent de  la négligence dans les hôpitaux du Cameroun.

Un personnel médical qui ne prête pas attention aux malades qui arrivent régulièrement, un sol sale et une réceptionniste qui prête à peine attention aux usagers en quête de  renseignements, voilà le comité d’accueil du Centre Hospitalier et Universitaire de Yaoundé où je me rends ce 19 février 2011.

J’aurais pu avaler cette pilule amère, mais une fois dans une chambre de malade, l’image qui s’offre à moi, est plus choquante.  Une patiente, Emilie qui a fait un accouchement par césarienne la veille et visiblement épuisée, est  abandonnée sur son lit ainsi que son nouveau-né en attendant le personnel hospitalier qui doit lui apporter les soins depuis plus de 24h. Compte tenu de l’intervention qu’elle a subit, ses proches ne peuvent rien faire pour elle, non seulement de peur de défaire ses points sutures, mais encore ils ne sont ni habiletés ni qualifiés pour le faire. Il est 16h et elle est nue depuis le matin en attendant  l’infirmier qui doit l’aider à faire sa toilette. Le petit aussi n’a pas reçu de soin depuis et est affamé et rien ne parvient à faire cesser ses pleurs. Et ce n’est pas tout, Emilie a sa poche d’urines qui est pleine de même que le sang s’est mis à remonter dans la perfusion et ses bandages sont immaculés.

L’infirmière à qui j’explique la situation et qui vient de prendre du service fait semblant de m’écouter avant de me répondre  laconiquement « je viens d’arriver c’est l’infirmière qui était là avant moi qui devait le faire ». Impuissante, je n’ai que mes yeux pour exprimer ma surprise. Une fois dans la chambre d’Emilie je repense à tout cela et je me demande combien de personnes sont dans la même situation dans cet hôpital en particulier et dans les autres hôpitaux du pays en général ? Je me rends compte que ce ne sont pas les maladies qui tuent la plupart des patients, mais la négligence.

Comment comprendre qu’une personne à l’agonie arrive dans un hôpital et qu’on lui refuse l’accès aux premiers soins parce qu’on lui demande de « payer la consultation » ou « le billet de session » ? Comment comprendre que c’est dans ces moments de faiblesses que le personnel  hospitalier trouve les solutions non pas pour apporter des sois au patient, mais pour  lui soutirer de l’argent et exercer leur commerce de médicaments, et des accessoires?

De ce qui précède, il en découle que, nos hôpitaux ne sont rien moins que des boutiques où l’on vous vend la santé ou la mort, selon l’épaisseur de la bourse ou la carte de crédit. Et entretemps combien de personnes meurent encore par sa faute ? « Négligence ».

Je quitte l’hôpital à 17h et toujours pas de soin, je ne sais plus quoi dire.

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05. févr.
2011
culture
10

DES RESEAUX DANS LE RESEAU

RESEAUX SOCIAUX AU CAMEROUN

Avec le développement des NTIC, les camerounais ont fait de ses outils en général et des réseaux sociaux en particulier, une nouvelle source de richesse où se tissent diverses relations.

Si Facebook a été crée en 2006, au  Cameroun ce n’est qu’en 2008 qu’il  s’est fait une notoriété. Avec lui, les autres réseaux sociaux tels que Badoo , Facebook , Myspace,  Viadeo ,Twitter , Netlog se sont peu à peu installés dans le quotidien des camerounais.

OUTIL D’EDUCATION

A l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication(ESSTIC), les réseaux sociaux font l’objet de cours. Ce sont les  étudiants de 3è année filière journalisme qui en bénéficient pour leur formation. Les réseaux sociaux qui font l’objet d’une étude particulière dans cette école sont Facebook et Twitter. A cet effet le Dr Baba Wame, enseignant des TIC a exigé une inscription de tous les  étudiants à Twitter. Ils ont pour tâche quotidienne  d’y publier des Tweets sur les informations de proximité et qui n’ont pas fait l’objet de traitement particulier dans les différents médias.

OUTIL D’INVESTIGATION

La plupart des journalistes camerounais  en font  un Carnet d’adresse. En effet les interviews ou les informations fraiches de la plupart des artistes ou des grandes personnalités de la république sont disponibles sur leur page facebook. A cet effet Alfred Tchoya, reporter au journal 100% jeune soutient : « avant pour avoir le contact d’un artiste c’était difficile, mais maintenant il suffit que j’aille sur la page facebook de ce dernier pour pouvoir négocier et obtenir une interview ».

OUTIL DE RENCONTRE

Ici faudra encore distinguer les rencontres pour Tchat et dans cette catégorie Badoo est en tête de liste pour les camerounais et de nombreuses relations amoureuses s’y tissent chaque jour. Viadeo, Twitter et Netlog sont peu utilisés par les internautes camerounais. Myspace est plus prisé par les artistes qui invitent leurs fans à les y rencontrer pour regarder leurs photos ou leurs dernières vidéos. Facebook est en tête de liste pour les retrouvailles de ceux qui  se sont perdus de vue, pour se faire des nouveaux  amis et parfois célèbres(le chef de l’Etat et son épouse y ont des comptes) et aussi  pour partager des photos.

OUTIL DE RECONNAISSANCE SOCIALE

La plupart des utilisateurs du réseau facebook l’utilisent pour montrer qu’ils sont importants et méritent du respect. En effet certains créent des albums sur leur dernier voyage à Paris, Libreville, etc. D’autres publient des photos en compagnie de grandes personnalités ou des stars(football, musique, cinéma,etc.) et tout cela pour asseoir leur notoriété.

OUTIL DE MENSONGE

Les nouvelles de licenciement dont ont été victimes de nombreux employés dans le monde par l’usage des réseaux sociaux, ont forcé les internautes camerounais en proie à l’emploi, à créer des comptes sur des réseaux sociaux de potentiels employeurs. Dans leurs comptes, les Informations sur les compétences sont erronées et ficelées de manière à laisser paraitre qu’ils ont de bons profils lors d’un éventuel recrutement. La plupart du temps ils utilisent alors deux comptes : un pour les recruteurs où ils échangent et publient peu de photos, et l’autre  pour les amis où ils se lâchent vraiment sous de faux pseudonymes.

C’est aussi ça Internet !

www.afrik.com/article9222.html

www.facebook.com

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15. janv.
2011
Bangui
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QUE LA FETE COMMENCE !

Au mois de décembre, la ville de Bangui a pris un tout autre visage. Et pour cause les fêtes de fin d’année s’annoncent. L’un des indicateurs visibles de cet état de fait, est le nombre de foires ouvertes à Bangui dès la dernière semaine de novembre, et l’engouement que leur portent les « banguissois ».

La cité capitale de la République Centrafricaine n’en compte pas moins de six. De Bonga Bonga au 1er arrodissement,  dont le cadre est l’enceinte du stade de football du même nom, à Ouango-Sao  au 7ème en passant par Marabena-Nouvelle vision, Stade Omnisport-Jeunesse de l’espérance, Primature- Kwa Na Kwa, Pk4-Ex Sepia,  le cadre est souvent le même. Une barrière faite de planches est érigée à chaque fois, pour réglementer l’accès à l’enceinte de la foire. Autant dire que chaque arrondissement en a au moins et le 1er arrondissement, porte le flambeau avec deux. Ces foires sont tellement courues que certaines foires telle celle de Bonga Bonga, et ses exposants ont démarré leurs activités deux semaines avant l’ouverture officielle. Elles ne désemplissent pas, surtout le week-end. Toutefois elles ne sont pas logées à la même enseigne, bien qu’ayant un intérêt certain pour  les banguissois. Bonga Bonga et Marabena tiennent le haut du pavé en matière d’affluence. Le week-end est le moment pendant lequel on atteint des pics.

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Chaque foire, fait des mains et des pieds pour attirer le plus grand nombre. Le moyen le plus sûr pour y parvenir est de programmer  des artistes locaux qui sont à la mode, tel l’orchestre Lakouanga Musica.  Il est 18 heures et nous approchons de Bonga Bonga. Il n’est point besoin d’être à l’intérieur pour être plongé dans l’ambiance. L’impresario de service harangue le public déroulant ainsi les activités. Pour y accéder, on doit s’acquitter d’une somme de 500FCFA le week-end cette somme passe à 1000 FCFA les jours de fête, les autres jours l’entrée est gratuite. Une fois à l’intérieur, c’est une mosaïque de stands, que l’on découvre. Ceux-ci sont construits le long de la clôture, au centre nous avons deux hangars  en regard. L’un pour le Dj, et l’autre,  sert de scène aux différents spectacles offerts. En fait de foire, ce sont des kermesses, car les stands sont des buvettes, qui proposent au menu, la cuisine locale et parfois des mets étrangers. Ici le poulet grillé et le KOKO YA BANDA un met très prisé, fait à base de feuilles d’une plante rampante qu’on se procure dans la brousse des campagnes, accompagné de Chikwang un gâteau fait à base de patte de manioc, sont les rois de l’assiette. L’alcool coule également à flot, la bière reine ici porte le nom de la société qui la brasse. La célèbre « Mocaf » aussi vieille que la République Centrafricaine.

En matière de spectacle, la mécanique est rodée, on commence généralement par les quizz, le jeu de la chaise musicale, ensuite viennent les play-back.  Activité pendant laquelle les jeunes interprètent et imitent leurs artistes préférés. Ils sont parfois si jeunes qu’il m’est arrivé de questionner leur éducation. Le clou du spectacle intervient vers 22 heures avec le passage de l’artiste ou le groupe invité. L’orchestre joue en live pour le bonheur des spectateurs. Alors s’agglutinent devant le podium de dizaines de jeunes entièrement conquis. Le public est majoritairement jeune, bien qu’on y rencontre des adultes. Nous décidons de nous rendre à Marabena. Ici c’est les mêmes us. Le décor est le même que précédemment, la disposition des stands, celle du podium et les mets proposés. Avec ceci de particulier que  l’espace est moins grand, plus restreint. Ce qui rapproche davantage le public de la scène, et donne plus d’ambiance et de chaleur. D’ailleurs quand nous entrons, l’enceinte est pleine tel un œuf. Le public est hilare, la faute à un jeune comédien qui débite des blagues de toutes sortes. C’est la communion totale. Il raconte des histoires marrantes sur le préservatif. Une association œuvrant dans la sensibilisation contre les IST-SIDA, le changement de comportements, et la lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le virus du VIH, est invitée sur le podium, elle fait œuvre utile en sensibilisant le public contre les méfaits ravageurs de la pandémie sur la société, au travers de sketchs et autre tombola. En cette période de fin d’année propice aux « folies », les organisateurs ont su allier l’utile au ludique. La soirée ne fait que commencer…

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10. janv.
2011
Bangui
10

Bas-Oubangui la colline des randonneurs du Dimanche

Elle est l’une des collines qui ceinturent  la ville de Bangui capitale de la République Centrafricaine, située du coté nord de la ville et prisée des joggeurs et randonneurs qui y trouvent le cadre propice pour se livrer à leur sport favori. C’est l’une des merveilles dont regorge la ville de Bangui.

Cette colline est un concentré de flore tropicale. Elle est traversée par une voie sur son flanc sud, qui bien que cahoteuse,  est carrossable. Cette voie qui prend sa source à l’avenue de l’indépendance mène  à la radio Ndèke Luka, et à l’Association Centrafricaine de Marketing Social(ACAMS). On y voit également à son pied, des cuves de réserves de la Société Nationale des Eaux. Dès l’amorce de la montée de Bas-Oubangui, on rencontre les premières difficultés, en effet on y crapahute, tellement la voie qui mène à son sommet est jonchée de cailloux, le sol y est granitique. Mais ces difficultés ne sont rien comparées, aux plaisirs que procure cette colline aux randonneurs.

En effet une randonnée n’est pas une ballade dans un jardin. Malgré son relief escarpé, le charme de cette colline reste intact. Un endroit unique, qui s’étend sur plusieurs hectares, jardin naturel à 20 minutes de marche,  du centre de la ville, alliant un savant mélange entre faune, bien que majoritairement constituée d’oiseaux, et de flore. Cette dernière est très variée. C’est la verdure à perte vue, un espace protégé, qui abrite en son sein un jardin botanique d’un hectare. De nombreuses plaques le signalent fort opportunément. Un endroit idéal pour des personnes en quête de quiétude, d’air pur et frais. En effet, ce dimanche matin, le soleil de décembre qui se lève tout juste, se fait brulant. Mais à Bas-Oubangui on est à l’abri des rayons de soleil, ses grands arbres procurent un ombrage suffisant. D’ailleurs, Il est courant de rencontrer un étudiant de l’université de Bangui, assis sous un arbre,  potassant ses leçons. On y rencontre également des joggers et randonneurs solos, en duo ou en groupe, certains viennent en famille. La diversité de personnes qui sollicitent ce cadre, prouve s’il en est besoin, l’attrait de ce Paradis. En effet on y rencontre des expatriés de tous âges et sexes, des centrafricains sportifs occasionnels ou habituels.

A mesure qu’on arpente ce lieu serein, qui exhale un cocktail de senteurs naturelles, qui explosent littéralement nos narines, on apprécie également le chant des oiseaux qu’abrite cet espace. Un véritable orchestre qui distille une musique à mille lieux du vacarme des klaxons  et autre pollution sonore de la ville. A la sortie d’un virage, c’est l’émerveillement ! La surprise du chef. On découvre à gauche, la plaque « BANGUI LA COQUETTE ». Un panneau illuminé 24/24h, visible très souvent de la ville, de jour comme de nuit. La découverte de la plaque n’est qu’une entrée en matière. Car la vue qui s’offre, en face, sur la ville de Bangui est imprenable. A gauche on aperçoit, le fleuve Oubangui qui serpente le flanc Est de la ville à perte de vue. D’ailleurs l’orée et l’aurore de cette journée de dimanche, avec son brouillard, donne au fleuve une envergure sans fin, le ciel et ne fleuve semblent faire un. De la gauche vers la droite on observe divers édifices de la ville, parmi lesquels la Présidence de la République et la cathédrale de Bangui tous deux situés presqu’au pied de Gbazou-Bangui. Une autre image ne maquera pas d’attirer l’attention. La verdure en pleine ville on dirait que chaque maison, chaque édifice possède son verger. Sont tout aussi visibles le « Stade 20 000 places », le vieux stade de basketball, la primature, l’hôtel 500 chambres en construction.

D’autres édifices du premier arrondissement le sont tout autant. Dans ce décor où tout semble parfait, un élémént vient gâcher, le plaisir que l’on éprouve, à admirer cette ville de Bangui du haut de la colline, les pylônes des antennes des opérateurs de téléphonie mobile. Ils font désormais partie du décor, on en compte plus de dix, sur la seule partie visible sous l’angle offert par la colline. Vivement que cet espace soit entretenu, et serve les intérêts touristiques de la RCA.

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31. déc.
2010
culture
9

LES TRAVAUX D’HERCULE

Malgré les jubilations qui ont lieu de part et d’autres en ces périodes de fêtes, il y a des personnes pour qui cela devient un moment où il faut donner plus que d’habitude.

A l’approche des fêtes de fin d’année, chaque service, du moins la majorité des services se vident. La plupart des travailleurs vont en congés pour une ou deux semaines selon  la société qui les emploie. D’aucuns en profitent pour cohabiter avec la nature au village, loin du stress et de la pollution des métropoles.  L’une des  raisons, est qu’en milieu rural la vie est moins chère et on peut bien fêter juste en mettant en avant ses talents au service de la chasse, la pêche ou en devenant un vigneron tout simplement. L’autre raison est qu’ils préfèrent renouer avec leurs racines, ces moments sont meilleurs en familles. D’autres par contre préfèrent et ce de loin, l’ambiance des grandes métropoles, telles Douala et Yaoundé. En effet il est courant, à cette période que la ville brille de mille feux. La communauté urbaine pare la cité capitale de ses meilleurs atours. Les étales des magasins sont achalandés pour attitrer le plus grand nombre de clients. C’est l’effervescence partout, les buvettes ont fait peau neuve, et les baffles crachent des décibels à un rythme frénétique. On frise  de la nuisance sonore, mais personne ne s’en plaint, c’est dans l’air du temps.

Ce temps de repos, de ripaille et de réjouissance que l’on observe chez certains fonctionnaires et autres habitants de la cité capitale, ne profite pas à tout le monde. Ceux qui au contraire des autres vont devoir tripler d’efforts, ce sont les commerçants, les gardiens de nuit, les transporteurs, les travailleurs des services sanitaires et les agents de sécurité.

Pour les commerçants et les transporteurs, c’est l’occasion de se faire du beurre avec le trop plein de clients, comme cela est le cas pour Solange, gérante d’un espace gastronomique à Ya-Fe(Yaoundé en fête) qui dit « je gagne trois fois plus que d’habitude, et même si je ne dors pas pendant ces deux semaines d’activités intenses, je trouverais le temps de me reposer avec les poches pleines après  les fêtes ». Quant aux  gardiens de nuit,  travailleurs des services sanitaires et agents de sécurité c’est le moment de doubler de vigilance : les gardiens face aux bandits qui se multiplient pendant cette période et ne dorment pas. Les travailleurs des services sanitaires pour soulager les bobos divers des populations ou encore s’occuper des accidentés, en effet pour mademoiselle Claude  Tchakounté, infirmière aux urgences d’une clinique privée « il ya plus d’accidentés en cette période, nous accueillons plus de cinq cas à la fois et en majorité des conducteurs de moto, le reste ce sont les bagarreurs, conducteurs en état d’ébriété, et qui nous parviennent parfois dans un état de coma éthylique suite à une forte consommation d’alcool de fabrication locale, tel le bili bili (boisson exagérément alcoolisée fabriquée de façon artisanale par fermentation du maïs). Nous sommes obligés de faire deux jours successifs de garde pour avoir au moins un jour de repos et nous occuper de tout le monde. Et dans ces moments le personnel apparait insuffisant si bien qu’il arrive qu’on veuille bien avoir quatre à six mains à la fois ».

Les agents de sécurité se chargent de la sécurité de la population mais avec une triple vigilance. L’inspecteur  Didacus Fuh Kecha nous explique « d’une part d’un renforcement des unités mobiles des policiers qui à partir de 17h se chargent de diriger la circulation dans les carrefours qui font de grandes affluences, d’autre part des unités qui s’occupent du contrôle des pièces d’identité des chauffeurs et des passagers à bord des véhicules, pour mettre la main sur les brigands qui circulent dans la ville  sans badge d’identification et à partir de 22h du contrôle des licences pour veiller au respect de l’heure de fermeture des débits de boisson. Aussi toutes les unités peuvent se retrouver dans une intervention commune pour les cas d’accidents pour un renfort aux unités du corps des sapeurs pompiers ».

Ceci est une répartition hiérarchique des leurs interventions mais à cela faut rajouter qu’il faut parfois séparer des bagarres dans les débits de boisson, secourir des personnes en état d’ébriété avancée qui se retrouvent en plein milieu de la route en période de plein trafic, ou encore faire des aller et retour parfois inutiles à travers la ville à cause des enfants qui jouent avec le standard de la police. De plus avec tout l’inspecteur relève : « il faut faire face aux railleries d’un taximan qui a grillé un feu mais nie, et aux mécontentements des membres de nos familles respectives qui ont dû  passer les fêtes sans nous, et j’avoue que ce n’est pas du tout facile. Il faut avoir un moral haut pour ne pas craquer parfois».

C’est aussi ça les fêtes !

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31. déc.
2010
société
3

VIVE LE JEU

jeu Yafe

Avec Ya-fe (Yaoundé en fête), les jeunes ont fait preuve ‘ingéniosité en trouvant un moyen de se faire de l’argent autrement que par les métiers que l’on connait d’habitude.

Le boulevard du 20 Mai est situé en plein centre ville de Yaoundé, d’habitude sollicité pour les manifestations officielles tels les défilés, il est aussi le lieu d’accueil par excellence de diverses foires depuis près de cinq ans. En d’autres termes le boulevard du 20 mai est à Yaoundé ce que l’avenue des champs Elysées est à Paris. Il va du rond point de la poste centrale à celui de la primature. Il accueille encore cette année la foire Ya-Fe (Yaoundé en Fête) qui voit chaque année un nombre important de visiteurs, y défiler. Une fois à l’intérieur de l’enceinte abritant la foire, vous avez du mal à vous frayer un chemin, un peu d’attention vous fera voir des calls boxeurs ambulants qui vous proposent des transferts de crédit au passage, ceux-ci ont ceci de particulier qu’ils ne sont pas derrières des box comme à l’accoutumé, mais arborent leurs prospectus indiquant les services proposés et les prix y afférents. Des « bénévoles » qui sillonnent les buvettes, proposent de vous trouver une chaise en échange de 200F. Plutôt flattant  mais c’est aux alentours de la foire qu’il y a plus à découvrir. Ici se sont développées toutes sortes de petites activités, buvettes,  rôtisseries de viandes de porc, de bœuf,  poissons grillés, des vendeurs de masques, Cd, chaussures exposées à même le sol, etc. Sont aussi présents dans le décor, des développeurs de film ambulants qui vous font des photos et les développent en cinq minutes devant vous, des jockeys  qui vous offrent un ou plusieurs tours à cheval (brun ou blanc selon votre choix) 500F et 1000F avec une photo instantanée aussi présents, des spécialistes du jeu du hasard.

C’est l’innovation et il y en a, à envie et de plus en plus imaginatifs, d’aucuns vous proposent, « le numéro de la chance » ici des chiffres sont écrits sur un tableau posé  au sol vous payez 100F et vous avez droit à trois projectiles que vous lancez depuis un distance bien précise et si le projectile s’arrête sur un chiffre, vous gagnez la somme équivalente. Ensuite « le bon tireur », toujours avec une pièce de 100f vous avez droit à trois tirs à l’aide d’un lance-pierre  et d’une bille ,pour avoir un cadeau qui va de l’argent aux accessoires divers selon la case dans la quelle la bille s’arrêtera. Enfin « la pêche à la ligne » avec 200F vous avez droit à trois anneaux qui selon la distance où vous serez pour les lancer vous permettront de gagner soit une boisson rafraîchissante de 1,5Litres, ou une bière.

A l’essai il parait évident de gagner ces lots mais une fois que vous avez parié, vous vous rendez compte qu’on ne gagne pas à tous les coups et parfois pour consoler un grand parieur vous avez un lot de consolation qui dépend de l’humeur du propriétaire et des gains qu’il s’est fait avec vos paris.

Ces jeux anodins d’une époque sont devenus de vraies sources de revenus  qui occupent les jeunes de certains quartiers pendant les évènements comme ceux-ci où il y a beaucoup d’affluence. Même si certains des participants sont fair-play après plusieurs défaites, d’autres plus attentifs et qui se rendent compte de la supercherie, manifestent leur mécontentement qui se solde la plupart du temps par une bagarre où seuls les policiers parviennent à remettre de l’ordre.

Et au finish ces propriétaires venus avec à peine 5.000F dans leurs poches, peuvent gagner 30.000 à 50.000F. Plutôt alléchant n’est ce pas ?

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28. déc.
2010
société
17

LA SAINT VALENTIN AVANT L’HEURE

Avec les fêtes de fin d’année, c’est chacun qui trouve une idée ingénieuse pour faire de ces moments des instants inoubliables.

Les fêtes de fin d’année jadis représentaient pour les personnes pieuses, une occasion de se repentir et de demander des jours meilleurs pour l’année qui s’annonçait. De nos jours on assiste à divers scénarii à travers la ville. Yaoundé et son boulevard du « 20 Mai » sollicité le plus souvent pour des cérémonies officielles comme les parades des 11 février (fête de la jeunesse) et 20 mai (fête nationale du Cameroun), est devenu impraticable et ce pour deux semaines. Ya-Fé (Yaoundé en Fête) une foire promotionnelle qui y a lieu depuis quelques années déjà, rend la circulation laborieuse à cause du pôle d’attraction qu’elle devient durant cette période pour les nombreux visiteurs.

Mais si pour la majorité c’est la foire avec ses débits de boissons, ses exposants et leurs offres promotionnelles, ainsi que le spectacle qui intervient chaque soir avec une pléiade d’artistes du terroir qui ont eu le vent en poupe durant l’année qui s’achève qui les attirent, pour d’autres c’est ailleurs que la fête se passe.

On aurait pu parler d’une deuxième histoire de Jack et Rose de Titanic ou encore de Roméo et Juliette que cela se rapprocherait bien du spectacle qui s’offre à vous ces fêtes. Le bois St Anastasie, l’esplanade du monument Charles Atangana, Ya-Fe avec ses chevaux qui renvoient aux amoureux des contes de Blanche neige et son prince charmant, tous ces lieux accueillent à partir de l’après-midi les amoureux issus de tous recoins de la ville.

Ici on a bien compris qu’on ne peut pas attendre le 14 février pour passer des moments à deux, alors on organise, on improvise des pique-niques, des séances photos sensuelles pour marquer l’instant et profiter du temps qui parait si court dans ces moments là.

Pour Emelda rencontrée sur un cheval en pleine séance photo le 24 décembre à 22h, elle a « dû prétexter une messe à l’église »pour se retrouver là. Et elle n’est pas la seule, en effet les lieux de prière représentent la jungle parfaite pour ces prédateurs avides de flirts pour ne pas passer les fêtes seuls. Une jolie choriste, une servante de messe, une fidèle, peu importe pourvu qu’elle morde à l’hameçon. C’est à cette période de l’année que la plupart d’entre elles font leur première expérience avec l’alcool, la cigarette ou les relations sexuelles et l’euphorie ambiante contribue à tout cela.

Roland, étudiant a dû « évoquer un rattrapage à l’université » pour ne pas retrouver sa famille à Bamenda ces fêtes et les passer avec Déborah, sa dulcinée.

Quand ces lieux de verdure, synonymes de romantisme deviennent hostiles à certaines heures à causes des moustiques et divers insectes qui prennent possession des lieux, ces amoureux rebroussent chemin pour finir la causette dans un bar ou une boîte de nuit.

Plutôt heureux de constater que l’amour est aussi au menu de ces fêtes de fin d’année, mais un pincement au cœur apparait quand on pense à ceux qui en sont privés : les prisonniers, les orphelins, les malades et plus particulièrement ceux qui deviennent chaque jour des otages comme les cinq français, le togolais et le malgache enlevés récemment au Mali par la branche d’Al-Qaïda au Maghreb. Pour tous ceux là je me demande avec qui et comment passeront- ils ces fêtes de fin d’année ?

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02. déc.
2010
société
15

L’Avenue Kennedy : le fief de la technologie.

Ce secteur du centre ville de Yaoundé est devenu au fil des années un lieu incontournable, où s’opèrent différentes activités autour des nouvelles technologies, le business du téléphone figure en première place.

Vous avez dit « Avenue Kennedy » ?, aucun taximan digne de ce nom à Yaoundé , ne peut ignorer ce lieu toujours bondé de monde. Si les vendeurs ambulants de café, de vêtements, accessoires  électroménagers divers et autres, sont présents le long des deux côtés de la route. Ceux qui se frottent les mais et ne manquent pas de vous accoster ce sont les marchands de téléphone et tout ce qui tourne autour (écouteurs, carte multimédia, carte téléphonique, coques de téléphone, etc.)

Certains vendeurs sont debout, d’autres assis. Ici ne soyez pas surpris que l’on vous prenne par le bras en vous jetant : « tu veux un téléphone ma sœur/mon frère » ? Ils proposent une pléiade de téléphones qu’ils tiennent en main ou sortent de la poche d’un blouson, d’un pantalon ou d’un attaché-case. Plus loin, devant une société de téléphonie, d’autres assis sur des bancs placés derrière une table démontable où sont alignés diverses marques de téléphone, font la même chose. On y trouve des téléphones pour toutes les bourses du neuf (de 15.000f à 150.000f) communément appelé « dernier cri » à ceux de 2è, 3è et 4è main (téléphone déjà utilisé ou ayant subi une réparation quelconque dont le prix varie de 4000F à 20.000F).

En entrant dans certains box construis ça et là, on ne pourrait échapper aux réparateurs de téléphone et des apprentis Disk Jockey qui, proposent de télécharger les derniers sons, vidéos ou images  à la mode( environ 25f à 50F par téléchargement).

Ceux qui ont compris que ce secteur était incontournable, ce sont les chinois installés depuis quelques mois dans cette avenue  et qui ont recruté des hôtesses qui allient bien sexisme et sympathie pour vous proposer les téléphones de fabrication asiatique dotés de la dernière technologie à des prix abordables et pour une garantie satisfait ou remboursé.

Ce coin visiblement tranquille devient bruyant quand un client vient d’être la victime des pickpockets, n’est pas satisfait d’une marchandise achetée ou à l’arrivée des voitures de la communauté urbaine. A la vue  d’une voiture de cette institution,  l’un dit le pas pressant et à haute voix « awara », les autres le reprennent en chœur et les trottoirs se vident pour laisser passer les agents de contrôle. Quand un commerçant malchanceux n’a pas pu déguerpir à temps, sa marchandise est détruite ou saisie et pour la récupérer, il ira s’expliquer à un poste de police ou payer des amendes pour la récupérer.

Après le passage de ces agents, il suffit que leur camion emprunte une autre allée pour que tout redevienne comme avant c’est-à-dire encombré où se frayer un chemin devient une véritable équation, et ce jusqu’à 18h30 min au moins.

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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