• Ma Bio
Le Monde sous la plume de Salma
01. août
2012
Environnement
8

Loto école

Des milliers de candidats se lancent chaque année dans l’apprentissage de la conduite, et ceci ne se fait pas aisément.La plate forme située en face de la direction des impôts du quartier Omnisport à Yaoundé est le lieu rêvé de toutes, sinon de la plupart des Autos écoles de la ville. En y allant, on découvre de nombreuses voitures portant des panneaux où sont écrits « Auto école … » Il y en a de tous les noms selon les fantaisies: « Turbo », « Urbaine », etc. Parlant de l’état des voitures qui transportent ces nombreux élèves conducteurs, s’il est vrai que certaines sont bien entretenues, d’autres par contre roulent avec des sièges déchirés, des rétroviseurs cassés et avec certaines fonctions du tableau de bord défaillantes.

L’ambiance

Les moniteurs arrivent tôt le matin et prennent leur petit déjeuner fait de bouillie et beignets ou tout simplement d’une cigarette vu que la poche est vide, et vide elle l’est parce qu’elle a été vidée la veille dans un bar de la ville. Une heure après, c’est aussi l’arrivée des premiers élèves qui seront un élément déterminant pour le reste de la journée de certains. C’est généralement eux qui offrent le premier repas de la journée du moniteur, la première bière ou le premier pourboire qui le rendra souriant ou grincheux toute la journée.

Une fois qu’il reçoit un cadeau, vous pouvez faire le tour de la ville ou du stade et même dans son immense joie il vous montrera « quelques secrets de la conduite ». Mais dans le cas contraire vous vous entendrez dire « tu arrives à quelle heure comme ça, c’est la dernière fois hein, si tu viens encore à cette heure demain tu rentres, d’abord je ne sais même pas s’il y a le carburant dans la voiture ».

Chaque apprenant a des heures fixes tous les jours pendant lesquelles le moniteur lui montre peu à peu les étapes de la conduite. Les moniteurs ont des fiches de suivi où les élèves émargent après la leçon. C’est grâce à celle-ci qu’ils savent si le candidat est prêt à passer l’examen et pour savoir le nombre d’élèves qu’il a à sa charge. Les cours pratiques ont lieu en semaine et les cours théorique le samedi. Durant les cours théoriques certains moniteurs se font du beurre en vendant des photocopies sur le code de la route parfois sans importance et parfois très cher. La dernière semaine avant l’examen écrit de permis de conduire, l’apprenant a droit à une révision mais qui, pour certains, est la première leçon. Ce genre de candidat est un miel pour le moniteur.

L’examen de permis de conduire

A l’examen pratique, c’est gagné d’avance pour certains car il faut mouiller la barbe des examinateurs et souvent, il n’y a pas que la barbe à mouiller, le bas ventre aussi entre en jeu selon le charme du candidat surtout s’il est du sexe d’Ève. Le prix est discutable mais ne peut être –de 10000FCFA. Ce jour il y a de milliers de candidats morts de stress que les examinateurs torturent par leur retard et leur discours sur la présence de la police.

Ce jour, le candidat  qu’il soit sûr ou perplexe sur ses connaissances se met à douter car le moniteur a demandé de « donner quelque chose pour la sécurité au cas où ta note ne serait pas bonne ». Le prix varie d’une auto-école à l’autre 10 à 20000FCFA/candidat. A la fin de l’examen les moniteurs sont assis sur des casiers pleins de bouteilles qu’ils vident en guettant la sortie de leur élève pour leur « donner une (bière).Une fois les résultats de l’examen écrit connus, faut encore contacter le moniteur pour des derniers révisions de Créneau, marche-arrière, les parties de la voitures, les cours d’entretien à faire au quotidien, etc.

C’est l’occasion pour certains candidats mâles d’étaler leurs connaissances sur les voitures pour s’attirer la sympathie des filles qui sont les plus crispées. Mais parfois, ces derniers perdent leurs langues quand arrive leur tour d’être interroger oralement. Les filles s’en sortent avec leur sourire ou un échange de numéro de téléphone, mais les garçons sont des potentiels concurrents donc pour eux les questions sont plus corsées.

C’est à 17h durant quatre jours que les candidats font face à cette épreuve et l’attente des résultats finaux est longue…

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24. juil.
2012
culture
3

Cher michael

le roi de la pop

 

Tu étais le dernier des « Jackson’s Five »

Mais le plus talentueux

On t’a volé ton enfance

Tu l’as rattrapé avec les enfants et ton parc

Les nombreux procès et accusations ne t’ont pas rendu « Bad »tu as su « Beat it »

Tu as aimé ton prochain si bien que tu as mené divers combats

Tu avais une philosophie «Don’t stop’til u get enough »

Quand je vois la famine, la guerre et les souffrances j’ai envie de te demander « Will u be there » ?

Tes problèmes sentimentaux, familiaux et sanitaires ne t’ont pas stoppé

Ta vie était « Dangerous » c’était éminent tel un « Thriller »

Tu as toujours su te relever tu étais « Invincible »

Grace à toi « We are the world »

Grace à toi nous connaissons le “Moon walker”

Grace à toi nous avons un « Billy » même s’il ne s’appelle pas « Jean »

Avec lui nous ne t’oublierons jamais

Inutile de demander à quelqu’un do you«Remember the time» of Michael Jackson ?

Ta détresse nous l’avons écouté dans ton « Earth song »

Tes oeuvres nous laissent « Speechless »

La couleur de la peau « Black or White »n’a pas changé ce que tu étais : Un altruiste

A qui laisses-tu tous ces « Lost children » et cette « Spanish girl » ?

Tu sais que sans toi « They don’t care about us »

Aujourd’hui encore, ton absence nous affecte.

Aujourd’hui,  c’est toujours comme si c’était hier

Après ce que tu as enduré je réalise que tous les hommes sont des « Smooth criminal »

Heureusement à travers tes œuvres tu es encore vivant  je revois ton « Smile »

Grace à toi je sais désormais que l’homme est de passage sur terre

Mais ses œuvres sont éternelles

Tu reste mon »king » de la Pop « This is it »

Michael Jackson Forever !

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08. juil.
2012
téléphonie
9

Mtn :everywhere you lost

 

Le samedi 7juillet le directeur de la société Orange en France qualifiait de « panne mémorable »le disfonctionnement d’un de leur système qui a privé de communication les consommateurs pendant douze heures. Il a terminé ses propos en leur promettant des heures de connexion gratuites selon  leur type d’abonnement et a présenté ses excuses.

C’est une chose admirable de voir comment en occident les managers savent prendre soin de leur clientèle. Avec cette panne, une communication d’urgence a été préparée pour de plus amples informations.

Connaissez-vous un pays où les managers n’ont pas ce temps ? Eh bien c’est le Cameroun, je ne peux compter le nombre de fois ou j’ai passée toute une matinée ou une soirée sans réseau et sans explication. Pas plus tard que vendredi le 29juin le réseau a été coupé de 7H à 15H50, j’étais à Kumbo.

Je suis une abonnée de la couleur des taxis de chez nous : le jaune avec le célèbre slogan « Everywhere you go ». Cela fait environ deux mois que les abonnés des différentes sociétés de téléphonie mobiles sont dans l’embarras. Il leur est impossible d’émettre ou de recevoir des appels, les messages n’arrivent jamais ou alors trop tard aux concernés et pour l’accès à Internet c’est une autre histoire. J’aurais bien pu m’arrêter là mais pour les abonnés qui paient les factures c’est un tout autre schéma.

Lorsque vous voulez émettre un appel ou écrivez un message et que vous consultez votre solde avant cette transaction, le montant est facturé cinq voire dix fois plus après cela. Vous pouvez passer de 5000F à 8000F après un appel. Lorsque vous appelez votre service client c’est toujours la même réponse «nous n’avons aucun problème, sans doute quand vous avez consulté votre solde, l’ordinateurs n’a pas eu le temps d’actualiser  vos données ».

Mtn n’a jamais de problèmes et quand vous voulez votre listing téléphonique, il faut débourser 2000F pour l’avoir, alors que les factures devraient avoir tous ces détails mais non on n’a rien.

C’est bien beau de faire des promos d’achat de 20 sms à 100F et d’offrir le double du crédit lors des transferts mais pourquoi ce délai d’utilisation de 24h qui ajoute une pression morale au client ?

Pourquoi offrir une connexion et des appels gratuits certains jours en sachant que les abonnés auront du mal à y accéder ?

Pourquoi faire payer un message à 300F quand on dit que l’accès à un concert est gratuit ?

Pourquoi demander aux clients de sauvegarder leurs contacts alors qu’une fois leur puce perdue, ils auront aussi perdu qui y seront inscrits ?

Pourquoi proposer 8minutes d’appels à 100F en sachant qu’au bout de 3minutes de conversation la communication s’arrêtera ?

Pourquoi proposer des sms gratuits de 1H à 5h en sachant que ceux-ci arriveront dans la journée et  nous retrancheront du crédit ?

Pourquoi jamais d’excuses ou de communication après tous ces désagréments, pourquoi pourquoi, je me pose toutes ces questions mais qui y répondra ? Chez nous le client n’est pas roi.

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01. juil.
2012
société
4

Le nouveau visage du marché Mokolo

marche ferme le mercredi

 

Le marché Mokolo est à nouveau ouvert au public  après une semaine de fermeture  du 20 au 27 juin 2012 dernier sur décision du préfet du Mfoundi.

« Désormais, le marché Mokolo sera organisé en secteur d’activités avec un chef de secteur à la tête élu par les commerçants qui y évoluent ». Ces paroles sont celles du Préfet du Mfoundi, Mr Jean claude Tsila, prononcées lors d’une confrontation en présence des  représentants des associations des commerçants du marché Mokolo et ceux des vendeurs de vivres frais, le 20juin 2012. Cette réunion avait eu lieu à la Communauté Urbaine de Yaoundé et était menée par  le comité départemental de lutte contre le désordre urbain présidé par le préfet.

Aussitôt dit aussitôt fait le marché Mokolo est désormais  « plus aéré », «  propre », « facile d’accès » de l’avis des clients qui fréquentent ce secteur. Le marché est réorganisé en secteur : friperie, couture, vivre frais, chaussure, etc. Tout ceci pour permettre aux clients d’être bien orienté quand ils veulent faire des achats. La décision de fermer le marché avait été prise suites aux affrontements entre les forces de l’ordre et les commerçants  dudit  marché le samedi 16 juin. Bilan des affrontements un mort mme Yakam Viviane, gérante d’un kiosque du PMUC décédée des suites de traumatisme crânien et de nombreux blessés. Chez les  commerçants c’est une organisation qui n’enchante pas  tout le monde. Pour certains à l’instar  des vendeurs de vivre frais, il leur sera difficile de conserver leurs vivres vu que certains aliments ont besoin d’être exposés pour garder leur fraîcheur. Pour d’autres, le problème sera celui du montant exorbitant de la caution (500.000fcfa) à verser pour occuper un local.

 

 

S’il est vrai que les autorités en charge des opérations de maintien de l’ordre pour l’assainissement du marché Mokolo visent par cette action la sécurité des clients mais aussi une bonne organisation de cette plate-forme commerciale, il est aussi vrai que les vendeurs sont engagés dans un tourbillon dont ils ignorent l’issu.

Bon nombre d’entre eux ont été sujets à de nombreuses escroqueries pour la construction des nouveaux locaux qu’ils occupent actuellement en tant que couturiers, vendeur de layette, parfumerie, etc. Certaines opérations et transactions menées dans le marché auprès d’eux sont faites dans un flou qui soulève des interrogations de leur part.  La responsabilité de telles actions est partagée entre les agents du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé Gilbert Tsimi Evouna et ceux du Préfet du Mfoundi.

                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet, des agents travaillant dans ces deux administrations multiplient des descentes fortuites sur le terrain sans véritable raison. Une fois dans le marché, des marchandises sont saisies ou détruites, des commerçants sont arrêtés le temps d’un passage, mais libérés quelques mètres plus loin suites  à de nombreuses négociations qui se soldent par une tournée offerte dans un bar du coin ou des dessous de table.

Une autre raison qui créée le conflit chez les vendeurs de ce marché est qu’ils  ne comprennent pas pourquoi le marché est fermé toute une journée le mercredi pour des besoins de salubrité, alors que pour les mêmes raisons  d’autres marchés le sont pour deux heures au plus. Malgré cette fermeture officielle, certains  commerçants continuent d’exercer leur activité avec la complicité des gardiens et des agents qui passent à une heure quelconque collecter auprès de ceux-ci de l’argent qui n’iront jamais dans les caisses de l’Etat.

Cet Etat qui est engagé dans une prospection pour des sites de recasement e à cause de l’étroitesse  du marché Mokolo qui visiblement ne pourra pas accueillir tous ces commerçants.

 

 

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21. juin
2012
medias
8

Faites de la musique

 

Je dirais « show me wanda », car  l’artiste camerounais se trouve désormais « dans la tanière ». Celle des droits d’auteurs où certains à la carrure de « sangoku »ont instauré « la loi du talion » et disent se battre pour savoir celui qui a « tchop my money ».  Mais parmi ceux qui s’érigent aujourd’hui en « commandant Zabra », on reconnait les nouveaux masques qu’ils arborent pour détourner les fonds comme qui dirait « qui a bu boira ». Les deux « carrosseries » du droit d’auteur que sont la CMC de Sam Mbende et la Socam d’Odile Ngaska  n’arrivent pas à trouver les formules « mathématik » pour résoudre ce problème. Une situation qui échappe au contrôle du Ministère de la culture mais qui pourrait se transformer en un « amour à vie » s’ils choisissent la loi du « gagner-gagner ». Des réunions interminables ont eu lieu, on a même parlé de la dissolution de la CMC, mais rien na vraiment été conclu. Un autre combat que je qualifierais de « tchokolo » a été engagé avec les différentes sociétés de téléphonie mobile quant au téléchargement des musiques sans reversement des droits aux différentes institutions culturelles. Des réclamations  balayées du revers de la main par  les  patrons desdites sociétés qui ont avancé comme raison, qu’ils ne savent pas à quelle société reverser ses droits d’auteur, une vraie « déception ». Le « kongossa » persiste et les artistes se déchirent entre eux ou avec leur producteur, désormais  les radios et télévisions sont des rings où chacun dit « je ne donne pas le lait ». Pourtant tous les artistes savent qu’on dit dans le milieu que si tu as la chance d’avoir un producteur « serre le fort ».

Tel que c’est parti « il n’y a plus moyen ».j ‘aimerais bien avoir « mon pilon » pour assommer ceux qui refusent de voir que la piraterie elle continue et que beaucoup de grosses têtes se font du beurre avec tout de capharnaüm. Et je sais que le jour où on démantèlera tous ces réseaux, « ca va se savoir ». On me parle de fête de la musique où on nous invite à aller « secouer » au rythme de « nga nkukuma » ou du « me teug »et aussi voir comment « la mater rap », mais pour quelle finalité ? Vu que le lendemain la lutte continuera et aussi la clochardisation de l’artiste qui pourtant exerce un métier comme tous les autres. Ce serait certainement facile à résoudre si c’était une histoire de sexe puisque « l’homme c’est les reins ».Ne restez pas dans « la bétise de K-tino », mais choisissez plutôt le dialogue qui peut tout résoudre. La guerre ne sert à rien « let’s be one », c’est « l’hymne à la jeunesse » musicale camerounaise.

 

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17. juin
2012
le tamis
13

Fonctionnaire de mon pays

C’est avec le cœur plein d’amertume que je remplis cette feuille blanche mais faut bien se défouler quelque part alors j’ai choisi ma feuille.
Bref c’est hallucinant les épisodes auxquels j’assiste au jour le jour. Avant, les fonctionnaires de mon pays étaient motivés, dévoués et heureux de servir leur pays. J’aimerais même dire « rien que pour la nation » comme cette célèbre chanson de Débordeaux Likunfa un chanteur ivoirien. Mais de nos jours, ce ne sont que des charognards qui visent la fonction publique vous n’imaginerez jamais combien de personnes se font escroquer et quelles sommes faramineuses sont versées quand il s’agit d’entrer par voie de concours à la fonction publique.
Je suis à l’avenue Kennedy, le fief de l’échange et des bons business (vous pouvez être une marchandise sans le savoir dans ce lieu). M’arrêtant devant une boutique pour acheter un chargeur pour mon appareil photo, je suis distraite par la conversation de mon voisin. Un homme superclasse avec un costume noir pied entonnoir et chaussé d’une pointinini, je ne parle pas du parfum. Ca se voit que c’est un faroteur la nuit.
« Gars c’est comment ? »
« C’est dur papa »
« J’ai un truc pour toi là, juge d’abord »

Après ces mots, l’homme sort de son sac un laptop marqué de la pomme et de couleur blanche. Le marchand se l’accapare, teste les options et propose 100000F. Après de longues discussions ils réussissent à s’entendre à 150000F. Je croyais le deal fini que non le cher monsieur demande s’il « n’ya pas un laptop du même genre déjà gâté ? ». Le commerçant lui revend cette carcasse à 20.000fcfa. Il paye et s’en va.
Je fais fi de m’intéresser à l’appareil et l’ouvre et que vois-je « ministère de… » je tairais le nom pour avoir encore de longs jours sur terre. Le commerçant remarque mon regard inquisiteur et me lâche « c’est quoi Réssé (pour dire sœur) tu as vu un fantôme ? » je referme ma bouche de peur qu’une mouche s’y installe. Et qu’est ce que j’apprends ?
Ces fonctionnaires ont l’habitude de venir là avec des appareils des différents services, certains sont des employés qui ont été affectés et ont décidé de vider le bureau avant leur départ, d’autres les piquent au magasin. Les Directeurs quand ils sont affectés dans une autre ville se chargent de vendre la télé, le téléphone (surtout quand c’est un blackberry) le frigo qui se trouvent dans leur bureau et pour les laptops, cet homme avait justement acheté celui qui était hors service pour déclarer une panne à son service. Je n’oublie pas les voitures déclarées accidentées.
Notre conversation s’approfondit et j’apprends qu’il en est ainsi pour les bons de carburant dans certaines sociétés où les directeurs les revendent pour se faire un peu d’argent de poche. Et avec ça il faut renouveler le matériel chaque année ou trimestre avec des budgets onéreux.
Le commerçant qui se rend compte qu’il y a déjà du monde autour de nous oublie sa confession et retourne à ses machines. Sur le chemin du retour je suis encore toute étourdie et je pense à cet oiseau qui est devenu célèbre pour les gens qu’il met aux arrêts et j’espère que quand il aura fini avec les autres, il s’attaquera à ceux là.
Cela commence aux quartiers avec des milliers de personnes branchés sur une même ligne de câble ou d’électricité et qui ne payent que la consommation d’une personne. Des maitresses d’écoles qui demandent à chaque enfant d’apporter un œuf pour la leçon et ne fait la démonstration que sur l’un et rapporte chez elle les autres alvéoles. L’infirmière qui vend un deuxième billet de session à un même patient alors que le délai d’expiration du premier n’est pas encore arrivé. La liste est tellement longue qu’elle ne peut être exhaustive.
A bon entendeur !

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17. mai
2012
société
3

Retour à la case départ

Il fallait bien que je retourne dans cette capitale du département de la Mvila dans la région du Sud. Pas de très grand changement en ce qui concerne le domaine infrastructurel de la ville.

Ce sont des drapeaux, des statuettes et des photos du couple présidentiel installés sur un espace emménagé au milieu de la route et les milliers de motos qui vous souhaitent la bienvenue. Et comme statuette c’est celle du lion doré qui est dédiée au président, vu qu’on aime l’appeler « l’homme lion ». lors de mon dernier périple dans cette région  en 2010, les populations mais surtout les autorités voyaient dans la venue du Comice Agropastoral, une chance que dire une reconnaissance de la part du chef de l’état  pour dire merci aux populations de la région d’où il est issu. Ma semaine dans la ville commence le mardi par un tour de ville qui me fait constater à la première impression que rien n’a beaucoup évolué depuis deux ans. Bien au contraire des bars qui faisaient la joie datant sont pour la plupart fermés, mauvaise gérance ou tout simplement changement d’activité ? Je ne saurais le dire.  Le délestage et les coupures d’eau sont bel et bien présents et rendent cette région semblable à celle du centre. Un tour au marché me fait constater que le nombre de commerçants a augmenté.

 

Le Sacré jeudi propre

Jeudi matin est le jour de mon calvaire, sortie d’une nuit douce, je me suis retrouvée avec le ventre qui réclamait le matin, me précipitant de sauter hors du lit pour chercher de quoi manger, je me rends compte au fur et à mesure que mes pas se rapprochent du marché que rien n’est ouvert. Etrange pour moi avec cette famine qui me rongeait. Fatiguée de voir ces boutiques fermées et  lasse d’avancer, je me décide à demander à un passant pourquoi tout est fermé, ou presque ? « C’est le Jeudi propre » me lance t-il en affichant un rire pour me demander si « tu n’es pas de la ville ? » en lui rétorquant  par la négative il poursuit « c’est le jour de propreté où tous les commerçants de la ville font la propreté deux heures avant l’heure d’ouverture des échoppes ».

Fatiguée mais décidée à attendre, je me rends sur un espace vert emménagé en face du palais de justice, là je constate que je ne suis pas la seule affamée de la ville. Un chien errant vient me tenir compagnie, mais contrairement à moi il n’attend pas l’ouverture des boutiques, il se sert dans la nature et les cartons qui servent de dépotoirs aux vendeuses de nourriture quotidiennement installées là. A l’approche d’un être humain, il fait semblant de fuir et revient une fois ce dernier parti. Une altercation entre deux hommes qui sortent du palais me fait perdre le chien de vue. L’homme visiblement saoul a été refoulé et il déverse sa bile sur le gendarme qui le raccompagne. Vers 11h, ce sont des élèves qui envahissent l’espace, ils viennent de différents établissements de la ville : le Lycée classique d’Ebolowa, le Lycée bilingue, etc.

ebolowa by day

Et le comice dans tout ça !!

Animée par la curiosité, je me rends sur ce lieu où le délégué de la ville nous avait indiqué que le Comice aurait lieu. Après une longue discussion avec un motoboy, nous nous accordons enfin sur le prix pour m’y emmener. Au fur et à mesure qu’on avale les kilomètres qui nous y mènent, j’aperçois la croix du bâtiment de l’église catholique d’Abang. Cette église nous avait servi de logement durant la semaine que nous avions passé à « Ebolowa la belle » en 2010 lors d’un voyage d’étude. En tant que jeunes étudiants de la filière Journalisme de l’ESSTIC  nous serions passés à côté de l’organisation d’un évènement comme le Comice agropastoral, pour rien au monde, bref les dieux du journalisme ne nous l’auraient pas pardonné.

Bref en revoyant ce lieu je me refais tout ce séjour dans ma tête et le temps de me ressaisir, je me retrouve à Ngalane le quartier qui a accueilli le Comice. C’est un enclos fait de planches qui s’offre à moi et à travers la barrière entre-ouverte, je vois de nombreux tracteurs garés à l’intérieur certains sont couverts, d’autres pas. Ce sont les tracteurs qui avaient été remis lors du Comice pour aider les agriculteurs. La longue attente pour la distribution pour la distribution de ces derniers a fait des mécontents qui se sont défoulés dans les médias, soulevant au passage de nombreuses polémiques sur leur destinée, mais aussi sur des histoires de pièces qui sont démontées par les populations riveraines et les gardiens des lieux et revendues au marché noir.

A ma descente je suis alertée par le motoboy « fais attention ils n’aiment pas voir les gens ici et encore moins voir les appareils photos ». Il n’avait pas fini ses propos qu’un gardien venait à ma rencontre. Après les civilités, je lui fais par de mon désir de faire des photos et lui de me répondre « on ne prend pas les photos c’est interdit même d’entrer car les journalistes ont dramatisé la situation donc les instructions sont formelles personne n’entre et pas d’informations ». Je rebrousse chemin déçue de ce que je viens d’apprendre mais aussi du fait que le motoboy me signale que ce sont les mêmes instructions pour ce qui est de l’héliport construis pour la même occasion.* Je décide de rentrer.

tracteur du comice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour les coupures

Déjà toutes les boutiques sont ouvertes et je me souviens de ce pourquoi je suis sortie ce matin. De retour à mon refuge, pas moyen de prendre une douche. Parait que ces coupures sont devenues habituelles je dirais même un rituel suivi par le délestage. Que faire si ce n’est de patienter car j’avais cette solution ou avaler 2 ou 3 kilomètres avec un seau d’eau pour trouver un puits ou le lac municipal. C’est aussi ça Ebolowa By Day.

 

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12. févr.
2012
société
7

Mon très Cher Valentin

mon cher valentin

 

Tu aurais bien pu t’appeler Constantin

Romarin ou même Adrien

Que je ne comprendrais toujours pas pourquoi un fête en ton honneur

Car je t’assure que dans la mouvance actuelle ce nom est une horreur.

Et tu as choisi le 14 février

Jour où il y a tant de péchés.

Tout ce jour est intéressé.

Même les sentiments sont mercantiles.

Et les femmes quand elles ne reçoivent rien sont volubiles,

Celles qui semblent ne pas s’y intéresser

Au fond sont blessées.

J’ai entendu à propos bien des histoires burlesques,

Qui ont causé des problèmes gigantesques.

Comment célébrer un jour pareil ?

Où toutes les mauvaises pulsions se réveillent.

Certains trouveront le moment opportun,

Pour s’offrir un festin.

Mais pas n’importe lequel vu que tout est fait ce jour là à dessein,

Pour palper un popotin.

Un nouveau, rebondit, cambré, lisse comme la peau d’un dauphin.

La démarche, les coups de reins,

Tout est fait pour mener la victime à son destin.

Sur un lit parfois décorer de satin,

Pour vivre des moments dignes des films d’amour Italiens.

Et puisqu’il faut rentrer, d’autres  rapporteront une bouteille vin.

Parfois ils mettront des Mocassins.

Pour ne pas faire du bruit comme avec des patins.

Quand ils rentreront au petit matin.

Et trouveront madame avec un regard digne de l’arc de Robin.

Pour se justifier ils trouveront un mensonge enfantin.

En cherchant à ranger leurs chaussures dans un coin,

Tout en faisant leur baratin.

Elle se fâchera et voudra même s’en aller

En regardant ces chandelles éteintes et ce repas de la veille, désormais faisandé.

Mais sa Saint Valentin il l’aura déjà célébré,

Avec sa dulcinée, sa maitresse

Et s’en réjouira intérieurement même si pour le moment, il ne montre que sa « tristesse »

Bonne Saint Valentin !!!

valentin

 

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31. janv.
2012
société
8

QUAND LE MASQUE TOMBE

 

Aimer paie, enfin si l’on peut appeler cela un salaire. C’est en regardant ces photos dans une clé USB de ma camarade que je me suis dit que les hommes étaient vraiment des êtres à qui Dieu a accordé toute la suprématie du monde. Et là je parle d’hommes avec un petit « h ». Ah oui j’entends déjà d’ici ceux qui diront qu’il y a des hommes qui en sont victimes, mais je ne pense pas que l’on peut faire ça à un homme. L’homme est tellement grand qu’après avoir dompté les animaux et tous les êtres qui cohabitent avec lui, il s’ennuyait et a décidé de se faire entendre de sa compagne  par des exercices physiques dont lui seul connait le nom de la discipline.

Je repasse sans cesse ce film dans ma tête où un voisin parce qu’il avait sonné deux fois en rentrant à 2h du matin, s’est mis à rouer de coups sa compagne dans un mélange de taekwondo, boxe française, Taï-chi et j’en passe. Malgré l’intervention d’un voisin, il n’en a eu cure et a continué sa sale besogne. Le voisin s’est senti obligé de plier sa queue quand ce mari, voulant le décourager s’est mis à proférer des menaces en évoquant une relation entre ce monsieur et sa femme. Ce sont finalement d’autres riverains qui ont porté secours à la pauvre femme et l’ont conduit à l’hôpital. Dans la journée, le mari s’est rendu au chevet de sa compagne et en s’excusant a trouvé comme coupable l’alcool qu’il promit de ne plus consommer. Après quelques points de sutures, cette dernière regagnait son foyer et vivait le bonheur deux jours après avant de rendre l’âme suite à une hémorragie interne.

 

 

 

 

 

 

Les scénarii se diversifient d’un couple à l’autre, parfois c’est la tête de cette dernière que son compagnon saisit par les tresses et la plaque contre  un mur avec des reliefs, en trainant sa tête le long du mur, durant ce trajet que fait son crâne, le mur est revêtit de son sang et des cheveux qui quittent peu à peu avec leurs tresses, qui désormais servent de peinture à ce tableau que cet apprenti Picasso exécute. Sous d’autres toits ce sont des hommes en tenue ou des agents de sécurité qui, possédant des chaussures communément appelées « Rangers », ont décidé que leurs chaussures étaient désormais trop propres pour piétiner la poussière ou le sol, il fallait dorénavant les utiliser sur le visage de leurs compagnes et ainsi offrir à ces dernières de nouveaux tatouages uniques en leur genre.

Il est très courant qu’une collègue ou une camarade loquace arrive un bon matin et est très silencieux et surtout qu’elle se met à porter des lunettes à la « Doug Saga » pour cacher son œil au beurre noire. Et quand vous posez la question c’est soit « l’enfant qui m’a lancé son jouet », soit « une conjonctivite ». Faut insister durant la journée ou être sous le ciel de la confidence pour apprendre que c’est le mari, l’amant, le petit-ami, appelez les comme vous voulez, qui en est l’auteur et tout ceci en sanglots.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela commence toujours par une gifle, inattendue, comme ça lors d’une discussion pendant laquelle on n’arrive pas à accorder nos violons, et cela arrive de manière fortuite et puis vient le coup de poing, plus seulement légèrement et à un seul endroit. On se retrouve actrice d’un film chinois où on n’a aucune notion pour contrer les attaques du maître chinois. Le responsable s’excuse à chaque fois, ne sait pas ce qui « m’arrive », promet « de changer », rapporte « des cadeaux ». Mais il n’en est rien car ses attaques deviennent plus violentes et régulières et on se retrouve dans une histoire où il faudra une victime et un bourreau pour que cesse ce film.

Certaines sortent de là défigurées, démembrées, détruire de l’intérieur. Cette exposition a eu lieu à l’Institut Français de Yaoundé et ces photos étaient poignantes aussi bien les unes que les autres. Des femmes découpées à la machette, brûlées à l’acide, Battues à mains nues ou à l’aide de matériaux. Il faut que cela cesse. La fin commence par la dénonciation par les victimes ou l’entourage, nous ne devons pas attendre qu’il soit trop tard, que cela « devienne grave »comme on le dit chez nous. Il faut aider ces victimes car ce sont des êtres humains, ce sont nos sœurs, nos voisines, nos mères, nos enfants, nos compagnes, etc.

J’espère que tu ne seras plus témoin ou victime de telles choses et te taire.

 

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Mes coups de griffes

Auteur·e

L'auteur: Salma Amadore
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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