Petite virée à Douala

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19 octobre 2015

Petite virée à Douala

embouteillage Ndokoti
Embouteillage Ndokoti

« Je pense que si on punissait tous ces hommes qui font pipi au bord de la route on serait déjà riche ». C’est l’extrait d’une conversation que j’ai eue avec un ami lors d’une promenade à Bonanjo. Il riait aux éclats, mais j’ai poursuivi « pourquoi vous les hommes aimez pisser au bord de la route comme ça ? »Il a gardé le silence avant de me dire « tu ne peux pas comprendre », moi « ne pas comprendre quoi ? ». Il a ajouté « quand tu fais pipi dans les toilettes, l’odeur t’étouffe, tu n’es pas à l’aise. Quand tu urines dehors cela a un vieux goût, l’air te frappe, toi tu sens la liberté ». Vous les hommes allez me confirmer ça, je n’y comprends rien et je ne pourrai jamais avoir cette expérience.

J’ai passé quatre jours à Douala et j’avoue que je me demande comment les populations font pour survivre sur une telle planète. La chaleur vous fait goûter aux braises de l’enfer ou du purgatoire que sais-je encore. Non seulement il fait chaud, mais vos nerfs sont à rude épreuve avec les embouteillages. En sortant de la voiture, vous constatez qu’il n’y a aucune issue. Moi qui me plains souvent des embouteillages d’Elig-Edzoa, j’ai tiré mon chapeau à Douala. Les motomen roulent même dans le sens interdit pour se frayer un passage dans ce labyrinthe.

Mes nombreuses promenades m’ont permis de m’étonner chaque jour. J’ai remarqué que de nombreuses filles à moto ne portaient pas de petite culotte, sans doute à cause de la chaleur. Mais savent-elles comment sont les motos sur lesquelles elles montent ainsi ? Je ne pense pas. A Bonabéri, j’ai décidé de prendre un raccourci pour me rendre au marché Grand Hangar. Là, j’ai failli m’évanouir. De nombreux motomen installés à proximité d’une rigole avec de l’eau stagnante recueillaient cette eau pour laver leur engin. Je me suis approchée de la rigole pleine de têtards et de larves. J’ai crié au scandale, mais les motomen visiblement pas gênés, bien au contraire, s’appliquaient davantage. J’ai abandonné l’affaire, c’était plus fort que moi.

Rigole Bonabéri
Rigole Bonabéri

S’il y a quelque chose qu’il faut reconnaître à Douala c’est les lieux où manger du poisson frais et s’amuser. Petite virée à la Rue de La Joie. Là il n’y a que la route qui est dégagée, les trottoirs des deux côtés sont occupés par des braiseurs qui ont exposé des poissons de toutes sortes et de toutes les grosseurs. Pour vous régaler, pas de problème, le seul frein sera le poids de votre porte-monnaie. Je suis surprise de voir des adolescents nous demander si nous voulons nous garer et se mettent à courir jusqu’à ce qu’on s’arrête. Je crois avoir à faire à des hôtesses des différentes buvettes, que non. Ils me montrent leurs comptoirs de poisson et en voyant que nous nous intéressons à l’un d’eux, les autres viennent le bousculer en disant « c’est notre client ne blague pas depuis que je cours tu étais là ? ». Nous choisissons une place et passons nos commandes sur place. Comme à Yaoundé, une fois que vous êtes assis au bar, vous avez très souvent la chance de faire vos achats sur place. Les vendeurs vont et viennent et les prix sont abordables, même si il faut avouer que la lumière tamisée des buvettes ne vous fait pas voir si ce que vous achetez  est encore frais.

A la recherche d’un peu d’ambiance, nous nous promenons dans les recoins de la ville et avec notre thermomètre, nous mesurons la température dans les diverses boîtes et snacks- bars de Douala. Premier arrêt au Nouveau Refuge de la Rue de la Joie. Là le service est rapide, l’ambiance est bonne mais à 23 h nous sommes surpris de voir que le tenancier du bar arrête la bonne musique pour mettre « Nina Tv » et suivre la série « El Diablo ». Malgré nos plaintes il reste de marbre. Devenus indésirables nous décidons de changer de lieu. Avec toutes les nouvelles musiques qu’il y a ces derniers temps, La Canne à Sucre a décidé de faire dans le « Old School », nous continuons notre ballade, La Flotte, Next, Mponda Munenge, Le Miel, le Snack bar La Baleine et finalement nous faisons halte au First-T. Une bonne ambiance, les fouilles à l’entrée, deux niveaux et un bon DJ. Il enchaîne les musiques les unes après les autres, super, vous êtes contents de consommer et ne voyez pas le temps passer. Une vendeuse de boisson énergisante nous fait les yeux doux pour nous proposer ses produits. Voyant que nous n’allons pas acheter, elle préfère s’éclipser en dansant. Le seul hic pour moi était ces téléviseurs installés partout. On ne vient pas en boîte regarder la télé sinon on reste à la maison. Peu à peu l’envie de dormir a pris le dessus, il était déjà 4 heures du matin.

Sur le chemin du retour à Yaoundé, une nouvelle surprise. Il a fallu attendre au moins quatre heures à cause des participants au tour cycliste qui faisaient leur exhibition. Je suis rentrée saine et sauve.

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