Femmes, ce n’est pas Nathalie Koah le problème

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« Ne sois pas ce genre de fille, une fille qu’on attire par tout ce qui brille, une fille que tout le monde déshabille » j’adore cet extrait d’une chanson de Carole Bakotto. Depuis quelques mois, une histoire d’amour déchire les camerounais. Entre épouses qui s’identifient à   l’épouse de cette star du football et d’autres femmes qui comprennent Nathalie et tout ce par quoi elle est passée. Son livre « Revenge Porn » est interdit de vente en France mais tout le monde sait par les merveilles du net, de quoi il est question. J’ai vu à quel point les camerounais peuvent avoir un vocabulaire riche quand il s’agit d’insulter quelqu’un. Bref loin de jouer son avocat je ne comprendrais jamais comment une femme peut avoir le courage de traiter une autre de « bordelle », de « pute », de « dévergondée » quand je sais le train de vie qu’une fille mène avant de se ranger. Certaines se rangent après le mariage d’autres continuent leur multi partenariat sous couvert même quand elles se nomment déjà « madame ». Chacune de nous a son squelette dans le placard mais nous sommes très souvent les premières à jeter la pierre sur l’autre parce que le public ignore que notre vie porte le brassard de la saleté et de l’horreur. Doit-on en vouloir à une autre parce que tout le monde sait ce qui dans sa vie est identique à la nôtre mais est inconnue des autres ? Pour moi chaque femme est une prostituée avant de trouver un mari, et même après s’être mariées, certaines ne quittent jamais ce corps de métier.

Ah oui je sais ! Les panthères vont se verser ici pour me griffer mais souffrez que je dise ce que je pense. Le problème ce n’est pas Nathalie Koah et son choix de vie. Le problème c’est nous les femmes et l’éducation que nous donnons à nos filles. Il est facile à une maman de laisser son garçon libre pendant que sa fille est occupée à des taches ménagères. Il est facile pour une maman qui a pour fille une vendeuse de cacahuètes de lui demander quel métier fait son prétendant. Ta fille peut être pauvre et illettrée mais elle ne doit pas te ramener un gendre qui est dans la même situation qu’elle. Cela me fait rire ! La célèbre pensée qui dit qu’une femme n’a pas besoin de s’encombrer de longues études, il suffit que son mari soit riche et elle le sera. Et quand ce dernier la quitte qu’advient-t-il d’elle ?

Il est de notre devoir de donner à nos filles une éducation de femme indépendante et non de femme qui ne l’est que si elle se marie et pond mille enfants. Elle aura beau briller dans divers domaines tant qu’elle n’aura pas de bague au doigt elle ne sera PERSONNE. Arrêtons de faire d’elle une obsédée de la robe blanche à tous les prix. Une fille peut être brillante, leader et être accomplie même sans mari. Encourageons nos filles à être des maçons, des chimistes, des astronautes, des pilotes, des pousseurs (même si l’image me semble encore bizarre je l’avoue). Ne soyons pas ces femmes qui en veulent à d’autres si elles se présentent aux élections présidentielles en demandant « pour qui elle se prend celle-là ? ». Ne soyons pas celles qui font la promotion de la jalousie parce que d’autres ont décidé de faire autrement. Ne soyons pas ces femmes qui continuent d’être complices des mutilations génitales parce qu’elles veulent que les autres goutent à leur enfer. Soyons celles qui interdisent le repassage des seins, le massage du ventre à l’eau bouillante après l’accouchement, soyons celles qui encouragent nos sœurs dans leurs luttes, celles qui défendent nos sœurs pour une cause qui sauvera notre descendance féminine. Nous sommes toutes des leaders quand il faut diriger nos familles, pourquoi ne pas l’être dans nos réunions, dans nos associations, dans nos quartiers, aux élections, etc.

Le livre de Nathalie Koah est juste une dénonciation des maux de notre société. Nombreuses sont nos sœurs qui jouent de leur charme pour atteindre un objectif. Pour Nathalie c’était pour de l’argent, mais à la fac c’est pour les notes, dans les entreprises c’est pour avoir un emploi, sous d’autres cieux c’est pour la manipulation ou soutirer des informations. Nombreuses sont nos sœurs qui, rêveuses d’une carrière de mannequin ou d’hôtesses se retrouvent dans des circuits de prostitution. Nombreuses sont nos sœurs qui adorent le rôle de maitresse. Hier nous apprécions les vérités sur les réalités d’Internet du « Djombos » de l’artiste Eriko, aujourd’hui nous tirons sur les réalités de «  Revenge Porn » et demain que ferons-nous ?

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Salma
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

2 commentaires sur “Femmes, ce n’est pas Nathalie Koah le problème

  1. SALMA…SALMA tu m’as tué le tour ci.Après tout ce qui s’est passé et pas passé le 08 Mars je crois que c’est très opportun de faire une telle publication tu t’es dépassé le tour ci.Je viens de finir Revenge Porn et je t’avoue que je suis de tout cœur avec Nkoah,au lieu de la couvrir d’insultes mes concitoyennes devraient plutôt en prendre de la graine et aspirer à l’INDEPENDANCE…BRAVO!!!!
    Les mots me manquent,je te dois une bonne biere

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