juil 22, 2013 - culture, société    1 Comment

Autrefois en pays Foulbé

A: salma

A: salma

Les foulbés sont les membres d’un peuple que l’on retrouve dans la partie septentrionale du Cameroun qui ont pour langue le Fufuldé. Les populations de cette région du pays sont en majorité musulmanes. Mon père vient de là et un soir j’ai entamé une conversation sur certaines histoires qui m’étaient parvenues sur cette partie du pays.

Les albinos au nord

Sur ce sujet je lui demande s’il est vrai qu’avant on tuait les enfants albinos. Il me dit qu’il ne sait pas si c’est vrai il n’a jamais vu un albinos au nord, qu’il a aussi tout comme moi entendu dire que c’était le cas. Tout ce qu’il sait c’est que quand des gens avaient un enfant albinos, il y avait un endroit emménagé dans le village où ils devaient aller laisser l’enfant. En écoutant ses explications je me rends compte c’était une sorte de termitière. Un terrain nu avec des trous (ces trous étaient faits par les fourmis), on déposait ces enfants là et on ne les retrouvait plus sans doute un animal ou les fourmis les dévoraient. Les foulbés et la plupart des nordistes voient en l’enfant albinos une sorte de malédiction car la croyance populaire dit que c’est le résultat d’un accouplement en période de menstrues et les nordistes et musulmans n’aiment pas les menstrues et la vue de ce sang, car pour eux, c’est un signe d’impureté.

Les pratiques ancestrales

Quand on avait un nouveau-né au Nord il fallait lui raser les cheveux pour laisser apparaitre ses « vrais cheveux ». Et pour enlever ces cheveux, ils utilisaient des couteaux bien limés que seuls des professionnels savaient manipuler avec dextérité. Si un enfant avait la toux chaque fois, les parents de ce dernier se rendaient chez un médecin traditionnel qui, toujours avec un couteau, lui coupait cette petite membrane qui pend à l’entrée de la gorge. Il parait que c’est parce que cette membrane est très longue qu’elle obstrue la gorge et provoque cette toux. Très dur n’est ce pas ?

Pour la circoncision c’était tout un rituel. Je veux d’abord enlevez de vos têtes cette rumeurs qui dit que «  les nordistes ne sont pas circoncis ». Bon je continue. La circoncision se faisait en groupe. Lorsqu’il y avait assez de candidats de sept ans au plus, les parents s’accordaient sur le choix d’un jour pour appelé « le maitre ». C’est ce dernier qui se chargeait de l’exercice et aussi du recouvrement de ces futurs hommes. Il fallait être fort et ne pas pleurer car si cela arrivait le garçon devenait la risée de tout le village. Le courage résidait dans leur capacité à supporter la douleur et ils étaient récompensés à la fin. Une case était emménagée pour cette opération. Une fois la circoncision finie, le groupe allait s’isoler dans la forêt pendant trois mois.

A; salma

Durant cette période ils vivaient en autarcie. Ces garçons dormaient à la belle étoile et seul le maitre avait le droit de rester dans la case. Pour se nourrir, ils allaient à la chasse ou à la pêche. Le maitre choisissait certains jours où les mamans pouvaient venir laisser de la bouillie pour leur enfant. Elles ne pouvaient venir que quand les garçons n’étaient pas là. Ils ne prenaient pas des antibiotiques et changeaient leurs pansements tous les trois jours. Pour enlever les vieux bandages qui c’étaient asséchés à cause du sang, ils restaient dans la rivière un bon moment et parfois fallait qu’ils bagarrent avaient des poissons affamés qui étaient attirés par leurs bandages. Quand ils se rendaient à la rivière pour cet exercice, ils sifflaient dans leurs flûtes pour aviser les populations et leur demander de quitter la rivière. S’ils trouvaient quelqu’un à leur arrivée, ils le ruaient de coups.

Le maitre choisissait ce qu’il allait manger et il arrivait que ce dernier décide de ne rien leur donner alors, ils dormaient affamés et attendaient le lendemain. Il pouvait aussi enlever toutes les viandes dans leur nourriture et leur donner ce qu’il restait. À l’approche de la fin des trois mois, le maitre se rendait au village pour s’accorder sur le jour de leur retour  et les festivités organisées pour l’occasion. Le jour de la fête chaque parent apportait de quoi habiller leur garçon et le chausser. Des cadeaux étaient prévus pour le maitre et tout le monde mangeait et buvait pour accueillir ces hommes.

Pas facile la vie là bas à cette époque et qu’en était-il de la circoncision chez vous ?

 

1 Comment

  • cireass

    Au Fouta Djallon [une zone foulbhè en Guinée Conakry] on disait que si un enfant pleure au cours de sa circoncision il n’aura pas la longue vie. Raison pour laquelle personne ne se laissait vaincre par la douleur. Je ne sais pas si c’est la distance qui a fait ; je trouve que tous les peuls (foulbhès) n’ont pas la même manière de penser. Chez nous ici on y trouve des albinos et ils vivent tranquillement.

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