Retour à la case départ

Il fallait bien que je retourne dans cette capitale du département de la Mvila dans la région du Sud. Pas de très grand changement en ce qui concerne le domaine infrastructurel de la ville.

Ce sont des drapeaux, des statuettes et des photos du couple présidentiel installés sur un espace emménagé au milieu de la route et les milliers de motos qui vous souhaitent la bienvenue. Et comme statuette c’est celle du lion doré qui est dédiée au président, vu qu’on aime l’appeler « l’homme lion ». lors de mon dernier périple dans cette région  en 2010, les populations mais surtout les autorités voyaient dans la venue du Comice Agropastoral, une chance que dire une reconnaissance de la part du chef de l’état  pour dire merci aux populations de la région d’où il est issu. Ma semaine dans la ville commence le mardi par un tour de ville qui me fait constater à la première impression que rien n’a beaucoup évolué depuis deux ans. Bien au contraire des bars qui faisaient la joie datant sont pour la plupart fermés, mauvaise gérance ou tout simplement changement d’activité ? Je ne saurais le dire.  Le délestage et les coupures d’eau sont bel et bien présents et rendent cette région semblable à celle du centre. Un tour au marché me fait constater que le nombre de commerçants a augmenté.

 

Le Sacré jeudi propre

Jeudi matin est le jour de mon calvaire, sortie d’une nuit douce, je me suis retrouvée avec le ventre qui réclamait le matin, me précipitant de sauter hors du lit pour chercher de quoi manger, je me rends compte au fur et à mesure que mes pas se rapprochent du marché que rien n’est ouvert. Etrange pour moi avec cette famine qui me rongeait. Fatiguée de voir ces boutiques fermées et  lasse d’avancer, je me décide à demander à un passant pourquoi tout est fermé, ou presque ? « C’est le Jeudi propre » me lance t-il en affichant un rire pour me demander si « tu n’es pas de la ville ? » en lui rétorquant  par la négative il poursuit « c’est le jour de propreté où tous les commerçants de la ville font la propreté deux heures avant l’heure d’ouverture des échoppes ».

Fatiguée mais décidée à attendre, je me rends sur un espace vert emménagé en face du palais de justice, là je constate que je ne suis pas la seule affamée de la ville. Un chien errant vient me tenir compagnie, mais contrairement à moi il n’attend pas l’ouverture des boutiques, il se sert dans la nature et les cartons qui servent de dépotoirs aux vendeuses de nourriture quotidiennement installées là. A l’approche d’un être humain, il fait semblant de fuir et revient une fois ce dernier parti. Une altercation entre deux hommes qui sortent du palais me fait perdre le chien de vue. L’homme visiblement saoul a été refoulé et il déverse sa bile sur le gendarme qui le raccompagne. Vers 11h, ce sont des élèves qui envahissent l’espace, ils viennent de différents établissements de la ville : le Lycée classique d’Ebolowa, le Lycée bilingue, etc.

ebolowa by day

Et le comice dans tout ça !!

Animée par la curiosité, je me rends sur ce lieu où le délégué de la ville nous avait indiqué que le Comice aurait lieu. Après une longue discussion avec un motoboy, nous nous accordons enfin sur le prix pour m’y emmener. Au fur et à mesure qu’on avale les kilomètres qui nous y mènent, j’aperçois la croix du bâtiment de l’église catholique d’Abang. Cette église nous avait servi de logement durant la semaine que nous avions passé à « Ebolowa la belle » en 2010 lors d’un voyage d’étude. En tant que jeunes étudiants de la filière Journalisme de l’ESSTIC  nous serions passés à côté de l’organisation d’un évènement comme le Comice agropastoral, pour rien au monde, bref les dieux du journalisme ne nous l’auraient pas pardonné.

Bref en revoyant ce lieu je me refais tout ce séjour dans ma tête et le temps de me ressaisir, je me retrouve à Ngalane le quartier qui a accueilli le Comice. C’est un enclos fait de planches qui s’offre à moi et à travers la barrière entre-ouverte, je vois de nombreux tracteurs garés à l’intérieur certains sont couverts, d’autres pas. Ce sont les tracteurs qui avaient été remis lors du Comice pour aider les agriculteurs. La longue attente pour la distribution pour la distribution de ces derniers a fait des mécontents qui se sont défoulés dans les médias, soulevant au passage de nombreuses polémiques sur leur destinée, mais aussi sur des histoires de pièces qui sont démontées par les populations riveraines et les gardiens des lieux et revendues au marché noir.

A ma descente je suis alertée par le motoboy « fais attention ils n’aiment pas voir les gens ici et encore moins voir les appareils photos ». Il n’avait pas fini ses propos qu’un gardien venait à ma rencontre. Après les civilités, je lui fais par de mon désir de faire des photos et lui de me répondre « on ne prend pas les photos c’est interdit même d’entrer car les journalistes ont dramatisé la situation donc les instructions sont formelles personne n’entre et pas d’informations ». Je rebrousse chemin déçue de ce que je viens d’apprendre mais aussi du fait que le motoboy me signale que ce sont les mêmes instructions pour ce qui est de l’héliport construis pour la même occasion.* Je décide de rentrer.

tracteur du comice

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour les coupures

Déjà toutes les boutiques sont ouvertes et je me souviens de ce pourquoi je suis sortie ce matin. De retour à mon refuge, pas moyen de prendre une douche. Parait que ces coupures sont devenues habituelles je dirais même un rituel suivi par le délestage. Que faire si ce n’est de patienter car j’avais cette solution ou avaler 2 ou 3 kilomètres avec un seau d’eau pour trouver un puits ou le lac municipal. C’est aussi ça Ebolowa By Day.

 

The following two tabs change content below.
Salma
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».
Salma

Derniers articles parSalma (voir tous)

3 commentaires sur “Retour à la case départ

  1. ma puce tu as mérité tes 17 de la soutenance.en cyber journalisme tu es la meilleure!pAS LA PEINE DE CHERCHER UN JOB tu es ta propre structure de com du courage.bizzzzzzz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *