QUE LA FETE COMMENCE !

Au mois de décembre, la ville de Bangui a pris un tout autre visage. Et pour cause les fêtes de fin d’année s’annoncent. L’un des indicateurs visibles de cet état de fait, est le nombre de foires ouvertes à Bangui dès la dernière semaine de novembre, et l’engouement que leur portent les « banguissois ».

La cité capitale de la République Centrafricaine n’en compte pas moins de six. De Bonga Bonga au 1er arrodissement,  dont le cadre est l’enceinte du stade de football du même nom, à Ouango-Sao  au 7ème en passant par Marabena-Nouvelle vision, Stade Omnisport-Jeunesse de l’espérance, Primature- Kwa Na Kwa, Pk4-Ex Sepia,  le cadre est souvent le même. Une barrière faite de planches est érigée à chaque fois, pour réglementer l’accès à l’enceinte de la foire. Autant dire que chaque arrondissement en a au moins et le 1er arrondissement, porte le flambeau avec deux. Ces foires sont tellement courues que certaines foires telle celle de Bonga Bonga, et ses exposants ont démarré leurs activités deux semaines avant l’ouverture officielle. Elles ne désemplissent pas, surtout le week-end. Toutefois elles ne sont pas logées à la même enseigne, bien qu’ayant un intérêt certain pour  les banguissois. Bonga Bonga et Marabena tiennent le haut du pavé en matière d’affluence. Le week-end est le moment pendant lequel on atteint des pics.

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Chaque foire, fait des mains et des pieds pour attirer le plus grand nombre. Le moyen le plus sûr pour y parvenir est de programmer  des artistes locaux qui sont à la mode, tel l’orchestre Lakouanga Musica.  Il est 18 heures et nous approchons de Bonga Bonga. Il n’est point besoin d’être à l’intérieur pour être plongé dans l’ambiance. L’impresario de service harangue le public déroulant ainsi les activités. Pour y accéder, on doit s’acquitter d’une somme de 500FCFA le week-end cette somme passe à 1000 FCFA les jours de fête, les autres jours l’entrée est gratuite. Une fois à l’intérieur, c’est une mosaïque de stands, que l’on découvre. Ceux-ci sont construits le long de la clôture, au centre nous avons deux hangars  en regard. L’un pour le Dj, et l’autre,  sert de scène aux différents spectacles offerts. En fait de foire, ce sont des kermesses, car les stands sont des buvettes, qui proposent au menu, la cuisine locale et parfois des mets étrangers. Ici le poulet grillé et le KOKO YA BANDA un met très prisé, fait à base de feuilles d’une plante rampante qu’on se procure dans la brousse des campagnes, accompagné de Chikwang un gâteau fait à base de patte de manioc, sont les rois de l’assiette. L’alcool coule également à flot, la bière reine ici porte le nom de la société qui la brasse. La célèbre « Mocaf » aussi vieille que la République Centrafricaine.

En matière de spectacle, la mécanique est rodée, on commence généralement par les quizz, le jeu de la chaise musicale, ensuite viennent les play-back.  Activité pendant laquelle les jeunes interprètent et imitent leurs artistes préférés. Ils sont parfois si jeunes qu’il m’est arrivé de questionner leur éducation. Le clou du spectacle intervient vers 22 heures avec le passage de l’artiste ou le groupe invité. L’orchestre joue en live pour le bonheur des spectateurs. Alors s’agglutinent devant le podium de dizaines de jeunes entièrement conquis. Le public est majoritairement jeune, bien qu’on y rencontre des adultes. Nous décidons de nous rendre à Marabena. Ici c’est les mêmes us. Le décor est le même que précédemment, la disposition des stands, celle du podium et les mets proposés. Avec ceci de particulier que  l’espace est moins grand, plus restreint. Ce qui rapproche davantage le public de la scène, et donne plus d’ambiance et de chaleur. D’ailleurs quand nous entrons, l’enceinte est pleine tel un œuf. Le public est hilare, la faute à un jeune comédien qui débite des blagues de toutes sortes. C’est la communion totale. Il raconte des histoires marrantes sur le préservatif. Une association œuvrant dans la sensibilisation contre les IST-SIDA, le changement de comportements, et la lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le virus du VIH, est invitée sur le podium, elle fait œuvre utile en sensibilisant le public contre les méfaits ravageurs de la pandémie sur la société, au travers de sketchs et autre tombola. En cette période de fin d’année propice aux « folies », les organisateurs ont su allier l’utile au ludique. La soirée ne fait que commencer…

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Salma
Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

3 commentaires sur “QUE LA FETE COMMENCE !

  1. Pour une soirée qui commence…C’est incroyable, tu as fait le tour! Si je ne te savais pas journaliste, on pourrait penser que tu avais une camera. Tranquille!

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